

Jeudi 20 février 2024, 14h30 — 17h, Ashiya, côte de la mer intérieure, entre Kobe et Osaka. Liliane cherche le lieu d’une performance du groupe Gutaï [具体] en 1956, dont elle a une photo. Passage obligé entre le nord-est du Japon et le sud-ouest, la bande entre la mer et la montagne est occupée par des autoroutes et des voies ferrées. Pourtant, ce long et étroit parc descendant, planté depuis très longtemps de pins est accueillant et élégant. Il aurait échappé aux bombes américaines de 1945. On vérifie que pinède d’Ashiya était d’abord et reste aujourd’hui un parc de loisirs, un terrain de jeux, et que c’est précisément pour cela qu’il fut un lieu de performance artistique.
Catégorie : Histoire
Figure de la princesse

Mardi 18 février 2025, 11h40, rue Oharaimachi, Ise, Mie. Les grands parcs des sanctuaires, calmes, sereins malgré le nombre de visiteurs, sont précédés par longue rue commerçante, très animée, avec des boutiques de souvenirs et d’alimentation. L’endroit est pour nous fort intéressant culturellement. Dans une galerie, l’exposition d’une artiste de figurines de papier s’annonce par la présence douce et éclatante d’une figure de la princesse Yamatohime-no-mikoto, dont il est dit qu’elle aurait établi ici le sanctuaire dédié à Amaterasu Omikami, la déesse du soleil.
Vue depuis le douzième étage
Le lieu d’avant

Vendredi 14 février 2025, 13h30, Ogaki, Gifu. La longue marche aujourd’hui est vers le nord, pour retrouver le bâtiment de l’institut IAMAS, c’est à dire le souvenir de moments marquants. Pour vérifier qu’après s’être transformé de collège en université haut de gamme, avec l’adjonction d’une construction d’avant-garde de Diller et Scofidio, il est désormais abandonné.
Bouteille et pot de la dynastie coréenne Joseon


Jeudi 6 février 2025, 17h, Musée des céramiques orientales, Osaka. La bouteille est de faïence à l’engobe blanc appliqué sur une pâte d’argile contenant du fer, son décor de vignes est peint en brun de fer sous glaçure, elle date de la seconde moitié du 15e siècle, elle mesure 29 cm. Le pot est de porcelaine, sa moitié inférieure a été recouverte de peinture au fer avant une glaçure transparente, il date du 16e siècle, il mesure 30 cm. Ces pièces ont en commun d’être considérées comme révélatrices d’un « sens artistique avant-gardiste ». L’usage du fer, qui donne une teinte brune proche du noir est caractéristique de la Corée.
Softopia

Mardi 28 janvier 2025, 17h, Ogaki. L’endroit est devenu le repère de la ville. À la manière d’une cathédrale des nouvelles technologies informatiques, Softopia a été construite en 1996. En 1995, j’étais — avec l’installation Mutatis mutandis — dans l’exposition inaugurale d’un projet volontariste d’une époque encore fortunée, « Interactions’ 95 », montée par M. Itsuo Sakane, lui même fondateur ici de IAMAS, Institute of Advanced Media Arts and Sciences. Une histoire qui nous vaut d’être là trente ans après.
Dimanche 23 février 2025, vues vers l’ouest depuis le dernier étage.
Rendez-vous
Jeudi 23 janvier 2025, 19h, galerie ddd, Cocoon Karasuma, Kyoto. Il y a 30 ans, lors d’un premier séjour à Kyoto, je fus accueilli et guidé par Takuya Minami, graphiste et ami de Hajime Takeuchi, au sein du groupe d’installations musicales Softpad. C’était en juillet et il était difficile de trouver une chambre. Nous devions filmer un entretien avec Teiji Furuhashi car le groupe Dumb Type devait participer à la Biennale de Lyon en décembre. Le logement de Shiro et Yoko Takatani, de Dumb Type, me fut prêté et ce fut un moment inédit, la découverte d’un intérieur et de tous ses accessoires. Aujourd’hui c’est donc le vernissage d’une exposition où Takuya Minami montre les affiches, les compositions, qu’il a produites pour Dumb Type, pour Ryuichi Sakamoto, pour Shiro Takatani. Ce dernier, après la mort de Teiji Furuhashi en 1995 est devenu le leader de Dumb type mais aussi, individuellement, un artiste d’installations, d’environnements sonores et lumineux montrés un peu partout dans le monde. Il s’est ainsi associé à Fujiko Nakaya pour ses sculptures de brouillard. Ayant travaillé beaucoup avec Ryuichi Sakamoto, il est aujourd’hui sollicité pour les événements qui lui rendent hommage, à commencer par la vaste exposition collective qu’on a vue au MOT de Tokyo. En 2000, il contribua à une installation que j’allais montrer au Kyoto art Center, Le modèle du thé. Akira Asada, le philosophe très en pointe, traducteur de la « French Theory » devait écrire un texte pour le catalogue mais nous fit défaut. Minami en était le graphiste, comme il le sera en 2003 de la très belle version japonaise du CD-Rom Moments de Jean-Jacques Rousseau. Ici, l’exposition est organisée par Chikako Tatsuuma, la responsable de la galerie ddd de Kyoto, attachée à l’entreprise d’impression de reproductions d’œuvres DNP. C’est elle déjà qui m’avait confié le commissariat d’une exposition ayant trait à la question de l’immatériel dans cette galerie, en septembre 2016. Les personnes citées figurent dans la photo de groupe, faite par je ne sais qui. Le portrait de cette jeune femme, je l’ai fait parce que je l’ai reconnue. Elle était, en 1999 à l’Université d’art Seian, à Sakamoto du lac Biwa, dans le workshop sur la vidéo interactive que j’avais nommé « Autoportrait ». Nous avions fait ensemble le prototype initial, amusant, de cette expérience qui associa une quinzaine de personnes, assez douées.
Soba yatai


Mercredi 14 janvier, 16h, Musée Fukagawa Edo, Tokyo. Quand on cherche à connaître l’objet soba choko, on doit savoir qu’il a circulé dans le soba yatai des marchands ambulants. Un tel stand se porte sur l’épaule à la manière d’une palanche. On a insisté, dans (digital) Soba Choko, sur la mobilité du gobelet, y compris en le rapprochant du mobile smartphone, récipients et véhicules. Il sera intéressant de considérer la catégorie « yatai » [屋台].
C’est quoi la photo ?


Dimanche 1er décembre 2024, 14h, musée Réattu, Arles. Il m’a été donné, entre 1964 et 1966, d’assister Lucien Clergue, de parler de la photographie, par son intermédiaire, avec Maurice Rouquette, l’inventif directeur du musée Réattu, avec Michel Tournier, son théoricien (avant Roland Barthes). Ils fonderont les rencontres de la photographie en 1970. Je n’y participerai qu’en 1988, avec Pékin pour mémoire. En 2016, je me réfère aux photos de marécage de Clergue pour « Camargue codée » pour le workshop et l’installation « Ubiquité et reconnaissance des formes », à l’École de photographie. Aujourd’hui, dans la salle « Les Arlésiens choisissent Clergue », je remarque une composition lumineuse qu’il suffit de reproduire.
Alexis Grimou

Dimanche 1er décembre 2024, 13h, musée Réattu, Arles. Ce portrait est de 1720-1730, par Alexis Grimou, 1678-1733. Le cartel dit : « il est moins proche de la tradition française que de l’art flamand, auquel il emprunte ses portraits de buveurs, d’acteurs, de peintres et de militaires, ainsi que des scènes de la vie quotidienne, genre qu’il contribue à initier dans la France de son époque, dominée par les thèmes religieux et mythologiques. »





