(Auto) Portrait



Dimanche 19 octobre 2025, 19h, Paris. Étienne a peint ce JLB by EB au mois d’août, sur un Canvas Panel MDF de 12 x 16 cm. Il avait repéré la version numérisée d’une diapositive ancienne de 46 ans. Elle venait de servir de test pour un dispositif de reproduction utilisant un objectif macroscopique. L’original était lui-même un essai d’éclairage pour reproduire des images de grand format fixées au mur.

Pour mémoire


Samedi 11 octobre 2025, 12h, Paris. Pour recevoir des archives, la cave est rangée une fois encore. On s’occupait depuis quelque temps de Pékin pour mémoire, avec l’intensité du quarante ans après. Comme par hasard, un sous-verre carré est ressorti : la calligraphie de Zhang Jun, « Terre, Soleil, Ciel, Lune », emblème du projet. Pour être photographiée, elle se trouve appuyée au mur. Et voilà qu’au-dessus d’elle, accrochée depuis des années, c’est la grande affiche créée par Christian Boltanski, son « monumen » à la chapelle de la Salpêtrière, pour le Festival d’automne à Paris de 1986. En acceptant Pékin pour mémoire pour le Théâtre de Chaillot, le directeur du festival nous avait dit que précisément, cette année là, d’autres propositions abordaient la mémoire. Le texte de notre catalogue dit : « Pour cette ville qui se bouleverse irrémédiablement, peut-être est-il bon que vous voyez un peu cela, nos archives, qui auraient pu rester privées. » Pour mémoire : à titre de simple rappel, afin que cela soit retenu.

Deux tableaux vivants de l’été 1942

Dimanche 15 août 2025, 12h40, Aix-les-Bains. Une nouvelle photo est apparue, venue de Maguy, de l’album de sa mère Joséphine. Elles sont avec Claudine et sa fille Nicole. Elles se sont retrouvées chez leur père et grand-père François, à Vars, hameau de Chindrieux. On a déjà vu cette cour : https://jlggb.net/blog9/2025/07/09/la-cour-de-la-ferme/. On comprend que c’était le même jour que leur photo dans le verger. Que c’était le même désir de figurer ensemble, de se faire belles, de se montrer heureuses, agissantes dans la réalité de la ferme, – la faucheuse, le pommier –, et devant l’appareil, un Box 6×9 dans les mains probablement de leur sœur et tante Philippine. L’une et l’autre des petites filles qui ont cinq ans dans la photo, interrogées aujourd’hui, disent se souvenir de l’endroit mais pas du moment, et qu’elles ont chacune obéi à leur mère.

Vérifié




Samedi 12 juillet 2025, 23h45, Aix-les-Bains. Dans les photos de la famille Nantois-Terrier, l’une d’elles a fait l’aller et retour vers le prisonnier Claude Terrier, à Vienne, en Autriche. Elle montre un moment des vendanges de 1942 à Chindrieux, François Nantois, ses filles Claudine et Rose, sa petite fille Nicole. Mais un autre cliché donne la scène en miroir, à l’envers. L’épreuve « GEPRÜFT » est très abîmée. Trois ans dans le Stalag XVII A. Mais, elle a été reconnue véridique.
Voir : https://jlggb.net/blog9/2024/05/09/concretiser-la-vie-des-objets-ch-159/

S’écouler (La vie des objets. Ch. 191)


Jeudi 26 juin 2025, 18h, Centre Pompidou. L’exposition « Enormément Bizarre. La collection Jean Chatelus », est une accumulation d’œuvres souvent repoussantes, parmi lesquelles on doit faire le tri, s’intéresser à ce qui ne paye pas de mine. Je retiens, car c’est un artiste qui me plaît, Dieter Roth, Am Rhein (Aux bords du Rhin), 1968, chocolat, métal, 33 x 35 x 3 cm. Cette pièce appelle la phrase de son auteur : « Les objets peuvent ou doivent disparaître, et c’est bon pour eux et pour nous. » Attaché au processus de fabrication et aux matériaux, il se réclamait de l’art concret, mais en soulignant le passage du temps.

Lignes de plus grande pente


Mardi 27 mai 2025, 20h24, 181 boulevard Voltaire, Paris 11e. Entreprise il y a peut-être cinquante ans, l’expérience d’une collecte de lignes de plus grande pente sur les trottoirs peut se résumer ainsi : ce que la photo enregistre est la trace d’un jeu de forces qui construit une image, dans la durée, dans un certain espace. C’est une loi générale, la photographie ne peut se résumer à un instant, à un clin d’œil, mais procède d’un moment. Les lignes de plus grande pente font l’éloge du moment.