L’âge du papier


Samedi 15 novembre 2025, 15h, Lausanne. Félix Vallotton, L’Âge du papier, 1898, dessin pour Le Cri de Paris, dans l’exposition « Vallotton Forever », Musée cantonal des Beaux-Arts. Au premier plan, « J’accuse…! » d’Émile Zola, et dans la perspective, ses multiples échos dans la presse. Félix Vallotton est de ceux qui, formés et attachés à la peinture, se sont produits avec la publication active de gravures, dessins et textes. Ainsi, les mots qu’il trace attestent la primauté de l’instrument d’information à cet âge de l’histoire. Un siècle plus tard, en sera-t-il de même ?

La plante crayon


Mardi 2 septembre 2025, 18h30, Domaine du Rayol. L’euphorbia tirucalli, « plante crayon » est une succulente arbustive très présente le long des chemins. On apprécie qu’elle soit du genre des crassulas et elle aussi originaire d’Afrique australe. Et que, « magnifiquement sublimé par Gilles Clément lors de sa restauration en 1989 », le jardin offre ainsi des « notes en crayon » — Jean-Jacques Rousseau.

Réminiscences de Ye Xin

Samedi 19 juillet 2025, 20h, Paris. Ye Xin (Xin YE) a exposé en septembre 2024 à la galerie Espace F360, Paris 5e, un nouvel ensemble d’encres sur papier, de format 35 x 35, nommé Réminiscences. J’ai découvert que le tableau initial, qui donnait le texte 混沌翻滾的墨團之上,閃現出精準的線,葉欣的畫是一個哀婉與反諷交疊的去處:一種悖謬的記憶。那裡,忘卻的意願反襯著復甦的刺痛,片刻歡欣的生氣同悲劇的陰影融成一體, traduisait mes mots d’un catalogue de 1991 : « Masses d’encres tourmentées, éclat de lignes d’une incroyable justesse, la peinture de Ye Xin est un lieu d’imbrications pathétiques et ironiques : c’est une mémoire paradoxale où la volonté d’oublier sert de fond à l’acuité des réminiscences, où la vivacité des moments de bonheur épouse les ombres du drame. » Ye Xin m’a dit que sa découverte du sens de réminiscence l’avait conduit aux huit autres tableaux, composés à partir de fragments de la phrase. Récemment, il m’a offert le premier et celui nommé Mes tableaux, où s’écrit 當年的畫可曾真如那 “哀婉與反諷交疊的去處”, « lieu d’imbrications pathétiques et ironiques ».

Échafaudage


Jeudi 29 mai 2025, 17h40, rue Saint-Benoît, Paris 6e. Pour trouver la raison de cet assemblage, on cherche sous Google : « Marguerite Duras échafaudage ». On va analyser une centaine de réponses. Une vraie citation de Duras au moins : « Elle rassemble un échafaudage qui lui est momentanément nécessaire », dans Le Ravissement de Lol V. Stein, roman de 1964. Il est donc question de construction, d’invention, de spéculation, d’hypothèse, de fantasme. Et donc plutôt d’échafauder, à commencer par « échafauder son œuvre ». Les noms de Proust, Perec, Resnais apparaissent. Pour s’en sortir, on échafaude la thèse que va avoir lieu une révision de la plaque : « L’écrivain Marguerite Duras a vécu dans cet immeuble de 1942 à 1996 ».

Fermer et Ouvrir (Vie des objets. Ch. 180)



Dimanche 2 février et lundi 3 février 2025, IAMAS, Ogaki. Au rez-de-chaussée du bâtiment, une porte dispose d’un kanji dont une partie mobile, rouge ou verte, fait dire à la porte qu’elle se ferme ou qu’elle s’ouvre. Cet utilitaire qui emploie intelligemment l’assemblage variable qui fait les caractères n’a jamais été remarqué ailleurs et n’est pas trouvable sur Internet. On peut tenter d’en savoir plus.

Mardi 12 novembre


Mardi 12 novembre 2024, 23h55, Paris. En octobre 1965, l’une de mes premières taches de metteur en page est de faire une affiche pour le Ciné-Club Universitaire de Grenoble, que nous venons de créer. Elle annonce le film de Louis Malle et Raymond Queneau, Zazie dans le métro. Ça ressemble à ça.

Significations du puits



Vendredi 8 novembre 2024, 16h, École d’art et de design, Orléans. Ici c’est un élément pratique d’exposition, on ne sait pas laquelle. Mais dans notre esprit c’est d’abord le # (croisillon, hashtag), motif présent dans la céramique, en Chine, au Japon, et que nous avons pris comme emblème de notre affaire Soba Choko. Dans l’écriture, ce signe veut dire le puits. Il semble que le symbole est tragique en Chine, pour dire jeter, ou se jeter, dans le puits. Au Japon, on entend d’abord les bienfaits de l’eau, des rencontres, et c’est d’abord l’architecture de la margelle. Dans Les contes de la lune vague après la pluie (Ugetsu, 1953), de Kenji Mizoguchi, c’est un travelling fugitif qui assemble les deux significations. Le trait redoublé signifie la bienveillance et la chance.
Voir : https://jlggb.net/blog9/2025/03/04/figure-du-puits/
Et : https://jlggb.net/blog9/2025/01/29/un-feu-en-forme-de-puits/