Se traduire (La vie des objets. Ch. 155)


Lundi 8 avril 2024, 19h, Paris. Le couteau est venu du Japon par M. Fukushima Koji, dont le stand de brocanteur est très apprécié. Pas cher du tout parce que petit et ordinaire, caché parmi des lames autrement plus puissantes et exotiques. À la maison, il se laisse photographier. Et alors, c’est notre époque, son nom, élégamment inscrit sur l’acier, s’offre traduit, en surimpression : « Forgeron Kanemori ». On en saura peut-être plus.

Dénouer (La vie des objets. Ch. 151)


Vendredi 1er mars 2024, 21h45, TGV de Paris à Aix-les-Bains. Elle a été vue entre les mains d’une enfant qui jouait alors que ses parents s’apprêtaient à descendre à Mâcon. Ils se trouvaient dans ce train par erreur, l’ayant pris à la dernière minute pour celui qui partait vers Montbard. Il a fallu une heure pour désentrelacer les fines mailles métalliques, en gardant à l’esprit qu’elles n’ont pas de vrais nœuds. La découpe calligraphique tente d’être déchiffrée par l’analyse de son image sous Google. Dans une centaine de propositions d’images, une seule présente le motif. Mais il n’est pas directement traduisible. La photo est sur un compte Face Book. Elle provient de la bijouterie Le Rivage, à Ben Aknoun, à l’ouest d’Alger, et elle donne l’occasion d’un cœur à l’intention de صوفي, une Sofia reconnue. On est à Guelma, à l’Université francophone du 8 mai 1945. On sait quelque peu des manifestations d’indépendance cruellement réprimées dans le Constantinois, Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai et après. On lit Wikipédia qui l’explique longuement. Une minuscule plaque de la chaine porte la mention : ITALY S925.