Apparaître (La vie des objets. Ch. 156)


Mercredi 10 avril 2024, 16h30, Institut suédois, Paris, 4e. Il s’agissait de voir une exposition, mais elle se montre peu intéressante. Dans le salon, des fauteuils apparaissent, comme des Ikea qui seraient brillants. La reconnaissance visuelle dans le iPhone par Google parle d’abord d’une fabrication danoise. Mais la notoriété de Bruno Mathsson, fils d’ébéniste à Värnamo, sur la route de Jönköping (j’y passe en 1963), s’impose avec Wikipedia : « Dès 1931, il dessine pour un hôpital suédois sa première chaise à sangles, ces meubles ergonomiques qui allaient devenir mondialement célèbres. Surnommée ‘sauterelle’ par le personnel du fait de sa ressemblance avec l’insecte, cette première chaise, trop en avance sur son temps, a d’abord été remisée quelque temps à la cave avant de ressurgir. » La façon de bois courbé est exposée à l’Exposition universelle de Paris 1937. La chaise Eva, Work Chair, est achetée pour les espaces publics du MoMA en 1939. Celle-ci est sans doute restée de la rétrospective qui a eu lieu ici en 2006. Son apparition se poursuit lorsqu’elle appelle à être écartée de la table encombrée de revues et de livre pour être prise sur un fond noir en montrant ses bras souples et vigoureux. L’IA Firefly de Photoshop intervient pour ça, répare quelques petits accidents du bois, nettoie le plancher.

Christine Sun-Kim


Samedi 16 mars 2024, 16h, Lafayette Anticipations, Paris, 4e. Dans l’exposition « Coming Soon. En attendant demain », Christine Sun Kim Futurist Future, 2023, peinture murale adaptée de dessins de 2016. Le tracé vient des gestes du langage des signes américain qui désignent le mot « futur ». Différentes manières d’envisager l’avenir peuvent venir des variantes du dessin et de son rapprochement d’autres dessins. Le travail de l’artiste porte paradoxalement sur sa façon de faire dire et prononcer par les spectateurs, à partir de tracés qui sont comme des partitions musicales.

Dénouer (La vie des objets. Ch. 151)


Vendredi 1er mars 2024, 21h45, TGV de Paris à Aix-les-Bains. Elle a été vue entre les mains d’une enfant qui jouait alors que ses parents s’apprêtaient à descendre à Mâcon. Ils se trouvaient dans ce train par erreur, l’ayant pris à la dernière minute pour celui qui partait vers Montbard. Il a fallu une heure pour désentrelacer les fines mailles métalliques, en gardant à l’esprit qu’elles n’ont pas de vrais nœuds. La découpe calligraphique tente d’être déchiffrée par l’analyse de son image sous Google. Dans une centaine de propositions d’images, une seule présente le motif. Mais il n’est pas directement traduisible. La photo est sur un compte Face Book. Elle provient de la bijouterie Le Rivage, à Ben Aknoun, à l’ouest d’Alger, et elle donne l’occasion d’un cœur à l’intention de صوفي, une Sofia reconnue. On est à Guelma, à l’Université francophone du 8 mai 1945. On sait quelque peu des manifestations d’indépendance cruellement réprimées dans le Constantinois, Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai et après. On lit Wikipédia qui l’explique longuement. Une minuscule plaque de la chaine porte la mention : ITALY S925.