Rendez-vous

Jeudi 23 janvier 2025, 19h, galerie ddd, Cocoon Karasuma, Kyoto. Il y a 30 ans, lors d’un premier séjour à Kyoto, je fus accueilli et guidé par Takuya Minami, graphiste et ami de Hajime Takeuchi, au sein du groupe d’installations musicales Softpad. C’était en juillet et il était difficile de trouver une chambre. Nous devions filmer un entretien avec Teiji Furuhashi car le groupe Dumb Type devait participer à la Biennale de Lyon en décembre. Le logement de Shiro et Yoko Takatani, de Dumb Type, me fut prêté et ce fut un moment inédit, la découverte d’un intérieur et de tous ses accessoires. Aujourd’hui c’est donc le vernissage d’une exposition où Takuya Minami montre les affiches, les compositions, qu’il a produites pour Dumb Type, pour Ryuichi Sakamoto, pour Shiro Takatani. Ce dernier, après la mort de Teiji Furuhashi en 1995 est devenu le leader de Dumb type mais aussi, individuellement, un artiste d’installations, d’environnements sonores et lumineux montrés un peu partout dans le monde. Il s’est ainsi associé à Fujiko Nakaya pour ses sculptures de brouillard. Ayant travaillé beaucoup avec Ryuichi Sakamoto, il est aujourd’hui sollicité pour les événements qui lui rendent hommage, à commencer par la vaste exposition collective qu’on a vue au MOT de Tokyo. En 2000, il contribua à une installation que j’allais montrer au Kyoto art Center, Le modèle du thé. Akira Asada, le philosophe très en pointe, traducteur de la « French Theory » devait écrire un texte pour le catalogue mais nous fit défaut. Minami en était le graphiste, comme il le sera en 2003 de la très belle version japonaise du CD-Rom Moments de Jean-Jacques Rousseau. Ici, l’exposition est organisée par Chikako Tatsuuma, la responsable de la galerie ddd de Kyoto, attachée à l’entreprise d’impression de reproductions d’œuvres DNP. C’est elle déjà qui m’avait confié le commissariat d’une exposition ayant trait à la question de l’immatériel dans cette galerie, en septembre 2016. Les personnes citées figurent dans la photo de groupe, faite par je ne sais qui. Le portrait de cette jeune femme, je l’ai fait parce que je l’ai reconnue. Elle était, en 1999 à l’Université d’art Seian, à Sakamoto du lac Biwa, dans le workshop sur la vidéo interactive que j’avais nommé « Autoportrait ». Nous avions fait ensemble le prototype initial, amusant, de cette expérience qui associa une quinzaine de personnes, assez douées.