Figure politique


Mardi 14 octobre 2025, 15h30, Place des Antilles, Paris, 20e. Le peintre me demande pourquoi je fais cette photo. Il dit que les « usagers » se plaignent vivement auprès de lui de cette circulation restreinte. Il applique le plan. Ils doivent s’adresser à la Maire. Je dis que j’admire le travail. Il me remercie. Une voiture s’arrête derrière moi, c’est la police municipale. L’agent baisse sa vitre et m’interpelle. Vous faites quoi ? Une photo. Vous ne devez pas rester au milieu de la chaussée. Je fais mon métier. Nous aussi. Alors vous me protégez.

Nature morte aux pommes



Jeudi 4 septembre 2025, 15h, Musée Granet, Aix en Provence. Dans l’exposition « Cézanne au Jas de Bouffan », Nature morte aux pommes, 1895-1898, huile sur toile, The Museum of Modern Art, New York. Ce tableau nous suggère une hypothèse : Cézanne conduit une instauration en apportant, en disposant, en déplaçant les pommes, la vaisselle, les nappes et les rideaux, tout en répétant dans le plan de la toile la présence de ces objets, de leurs relations, dans son langage de traits de pinceaux et de couleurs. Un tel processus se confirme par le fait qu’il peut s’arrêter, le tableau est « inachevé ». Concrètement ici, le motif de la pomme rencontre son semblable dans la tenture et renonce à se répéter. On l’a vu, une fois encore, à propos du film Le Gai Savoir de Godard à Marseille, il y a quelques jours : un nouveau moyen manifeste sa mise en œuvre efficace, et, en même temps, il engage sa distanciation, sa critique.

S’abstraire (La vie des objets. Ch. 195)

Mardi 5 août 2025, 10h50, piscine, 14, Avenue Daniel Rops, Aix-les-Bains. L’objet s’est décollé, il est tombé, ou bien il a été arraché. Un événement, on le repère parce qu’il a un avant et un après. Mais c’est plus riche que ça. Il a lieu dans un certain contexte, pour autant, le philosophe le dit, il n’est pas calculable à partir des éléments de ce contexte lui-même. Celui-ci a composé avec le pouvoir adhésif d’un mastic, avec la variation de certaines valeurs. Mais encore ? La qualité d’un événement ne peut disparaître dans une chaîne causale car il arbore de l’inconnu — ici en pleine lumière. Si l’on dit que l’objet s’est détaché, qu’il s’est séparé, qu’il s’est abstrait, on lui reconnaît un pouvoir : l’abstraction.

Rien ne nous y préparait − Tout nous y préparait


Jeudi 26 juin 2025, 17h, Centre Pompidou. L’exposition Wolfgang Tillmans, « Rien ne nous y préparait − Tout nous y préparait », dans l’immense espace de la BPI, est d’une superbe complexité. Elle s’offre comme une évidence, à explorer avec les autres, à consulter. On la cherchait, elle est bien là, sur les tables tout au bout : notre étudiante ! deuxième photo du livre de Wolfgang Tillmans, Portraits, Walter König, Köln, 2001.

Le détail d’un diplôme


Jeudi 13 février 2025, 15h30, Université d’art et design de Nagoya. L’exposition de fin d’année, avec les propositions des diplômes, est sur le point d’ouvrir. Dans l’installation d’une étudiante, une créature qui apparaît dans la suspension de vêtements usés selon un point de vue particulier, il y a au sol le diagramme de cette perspective.

Table ronde


Lundi 10 février 2025, 8h, Ogaki. L’exposition de Récit de (digital) Soba Choko au Musée d’art contemporain de Gifu est l’occasion de plusieurs conférences, journées d’étude et workshops. Aujourd’hui c’est une table ronde à Iamas, où interviennent, dans l’ordre : JLB, Béatrice Selleron, Hajime Takeuchi et Hiroshi Yoshioka. L’image retenue pour les annonces est la figure du double #, qui coïncide avec celle du puits, que j’avais tracée en 2023 pour la série « Chokographie ».
Voir : https://jlggb.net/blog9/2025/01/29/un-feu-en-forme-de-puits/

Neige à Kyoto

Samedi 8 février 2025, 8h, hôtel Prince Smart Inn Kyoto Sanjo, Gokomachi Dori, Kyoto. L’hôtel est très récent, d’une architecture technique qui reprend une configuration classique des maisons de Kyoto, en bois, verre et métal. Un étroit puit d’air et de lumière présente des arbustes au rez-de-chaussée. L’événement, la neige tombe abondamment ce matin, se traduit par ce tableau.

Rendez-vous

Jeudi 23 janvier 2025, 19h, galerie ddd, Cocoon Karasuma, Kyoto. Il y a 30 ans, lors d’un premier séjour à Kyoto, je fus accueilli et guidé par Takuya Minami, graphiste et ami de Hajime Takeuchi, au sein du groupe d’installations musicales Softpad. C’était en juillet et il était difficile de trouver une chambre. Nous devions filmer un entretien avec Teiji Furuhashi car le groupe Dumb Type devait participer à la Biennale de Lyon en décembre. Le logement de Shiro et Yoko Takatani, de Dumb Type, me fut prêté et ce fut un moment inédit, la découverte d’un intérieur et de tous ses accessoires. Aujourd’hui c’est donc le vernissage d’une exposition où Takuya Minami montre les affiches, les compositions, qu’il a produites pour Dumb Type, pour Ryuichi Sakamoto, pour Shiro Takatani. Ce dernier, après la mort de Teiji Furuhashi en 1995 est devenu le leader de Dumb type mais aussi, individuellement, un artiste d’installations, d’environnements sonores et lumineux montrés un peu partout dans le monde. Il s’est ainsi associé à Fujiko Nakaya pour ses sculptures de brouillard. Ayant travaillé beaucoup avec Ryuichi Sakamoto, il est aujourd’hui sollicité pour les événements qui lui rendent hommage, à commencer par la vaste exposition collective qu’on a vue au MOT de Tokyo. En 2000, il contribua à une installation que j’allais montrer au Kyoto art Center, Le modèle du thé. Akira Asada, le philosophe très en pointe, traducteur de la « French Theory » devait écrire un texte pour le catalogue mais nous fit défaut. Minami en était le graphiste, comme il le sera en 2003 de la très belle version japonaise du CD-Rom Moments de Jean-Jacques Rousseau. Ici, l’exposition est organisée par Chikako Tatsuuma, la responsable de la galerie ddd de Kyoto, attachée à l’entreprise d’impression de reproductions d’œuvres DNP. C’est elle déjà qui m’avait confié le commissariat d’une exposition ayant trait à la question de l’immatériel dans cette galerie, en septembre 2016. Les personnes citées figurent dans la photo de groupe, faite par je ne sais qui. Le portrait de cette jeune femme, je l’ai fait parce que je l’ai reconnue. Elle était, en 1999 à l’Université d’art Seian, à Sakamoto du lac Biwa, dans le workshop sur la vidéo interactive que j’avais nommé « Autoportrait ». Nous avions fait ensemble le prototype initial, amusant, de cette expérience qui associa une quinzaine de personnes, assez douées.

Arts du nuage



Jeudi 16 janvier 2025, midi et 17h, Musée d’art contemporain de Tokyo — MOT —, Miyoshi, Tokyo. Exposition « Ryuichi Sakamoto | seeing sound, hearing time ». Installations de Shiro Takatani, « Sensing Streams 2024 — invisible, inaudible », et de Fujiko Nakaya, « Fog Sculpture ».