
Samedi 31 mai 2025, 8h25, gare de Saint-Dizier, Haute-Marne. Hier soir, le train TER de Chaumont vers Paris est parti avec trois heures de retard, puis s’est arrêté à 70 km, à Saint-Dizier. Nuit d’hôtel obligée et lieux inattendus, intéressants. Le matin, dans la gare, deux personnes, l’une au guichet, l’autre dans son bureau de « chef d’escale ». Plus d’une heure d’attente, le temps de s’exercer à une photo objective.
Mois : mai 2025
Esbly (Atlas du gobelet)
Échafaudage

Jeudi 29 mai 2025, 17h40, rue Saint-Benoît, Paris 6e. Pour trouver la raison de cet assemblage, on cherche sous Google : « Marguerite Duras échafaudage ». On va analyser une centaine de réponses. Une vraie citation de Duras au moins : « Elle rassemble un échafaudage qui lui est momentanément nécessaire », dans Le Ravissement de Lol V. Stein, roman de 1964. Il est donc question de construction, d’invention, de spéculation, d’hypothèse, de fantasme. Et donc plutôt d’échafauder, à commencer par « échafauder son œuvre ». Les noms de Proust, Perec, Resnais apparaissent. Pour s’en sortir, on échafaude la thèse que va avoir lieu une révision de la plaque : « L’écrivain Marguerite Duras a vécu dans cet immeuble de 1942 à 1996 ».
White Cube

Mercredi 28 mai 2025, 19h, rue Chemin vert, Paris. Le Track 119 est un restaurant avec musique et peinture. Étienne expose plusieurs peintures dont Fantômes, 2025. Si le lieu s’écarte de l’enfermement du white cube des galeries, le tableau rapporte un pan de street art porté par un cube blanc. Le graffiti parle de la rue, de l’ouverture, du déplacement, et avant tout de l’exercice corporel de son apparition.
Lignes de plus grande pente

Mardi 27 mai 2025, 20h24, 181 boulevard Voltaire, Paris 11e. Entreprise il y a peut-être cinquante ans, l’expérience d’une collecte de lignes de plus grande pente sur les trottoirs peut se résumer ainsi : ce que la photo enregistre est la trace d’un jeu de forces qui construit une image, dans la durée, dans un certain espace. C’est une loi générale, la photographie ne peut se résumer à un instant, à un clin d’œil, mais procède d’un moment. Les lignes de plus grande pente font l’éloge du moment.
La Famille Soler

Dimanche 25 mai, 16h, Musée Picasso, Paris. Dans l’exposition « L’art “dégénéré” : Le procès de l’art moderne sous le nazisme », Pablo Picasso, La Famille Soler, 1903, huile sur toile, Musé des Beaux-Arts La Boverie, Liège. Confisqué en 1937 au musée de Cologne, ce tableau fait partie de ceux qui entrent dans l’« utilisation » lucrative des œuvres saisies, développée par Goebbels. Il est mis en vente en juin 1939 à la galerie Fischer de Lucerne et acheté par la Ville de Liège. Tableau fascinant, qui nous est aujourd’hui donné à déchiffrer. De ses nombreux déterminants, en voici trois : un portrait de famille commandé par le père, peintre et tailleur à Barcelone, à un Picasso sans-le-sou ; un tableau peint à partir de photographies de studio ; un premier déjeuner sur l’herbe. Et deux interrogations : qu’en est-il de la « neutralité » suisse à la veille de la guerre ? Comment le musée de Liège a-t-il pu le garder dans ses collections ? Les précisions historiques et les réponses à ces questions ne peuvent tenir en quelques mots, deux faits cependant : le galeriste Fischer sera, jusqu’en 1945, le destinataire du plus grand nombre de peintures pillées par le régime hitlérien ; les initiateurs des achats pour Liège ont affirmé leur motivation antinazie, ce qui leur a valu d’être arrêtés et condamnés par les occupants allemands de la Belgique.
Otto Dix

Dimanche 25 mai, 15h30, Musée Picasso, Paris. Dans l’exposition « L’art “dégénéré” : Le procès de l’art moderne sous le nazisme », Otto Dix, Portrait du peintre Franz Radziwill, 1928, Tempera, huile et sable sur carton sur bois. Cette peinture était présentée dans l’exposition « Entartete Kunst » à Munich en 1937.
Beauté de l’orge


Lundi 19 mai 2025, 16h30, route des Corbières, Pugny-Chatenod, Savoie. Le vaste champ vert a été photographié lors d’un précédent passage, le dimanche 11 mai, sensiblement à la même heure. Sur le chemin bordé de vieux marronniers, que l’on connaît bien, qui conduit au bâtiment des Corbières à l’histoire compliquée et difficile (1893-1914 : hôtel d’héliothérapie de luxe ; 1917- 1970 : orphelinat ; 1971 et après : monastère), le temps est pris de considérer attentivement la texture de la couleur. On pense ne pas se tromper en reconnaissant l’orge, la régularité de ses épis vigoureux aux barbes longues. On en vient à s’interroger une fois encore sur le sens de « beauté ».
Voir : https://jlggb.net/blog9/2025/05/11/le-plus-vert-des-paysages/
Et encore : https://jlggb.net/blog9/2025/07/11/devenir-orge/
Réponse
Le lavoir de Buissonnière

Vendredi 16 mai 2025, 19h, Annecy. Dans son cadre, l’aquarelle d’Émile Boissier, créée au cours de l’été 1953 à Buissonnière, Vinay, dans l’Isère. C’était « notre lavoir », au dessous de chez l’oncle Henri et la tante Émilie et de l’ancienne ferme des grands parents Jullian. Plus tard, le cousin Dède (André) en transporta la charpente pour en faire un abri au stade municipal qui se trouve à environ 500 mètres au nord.



