
Dimanche 30 novembre 2025, 12h, Paris. Cette photo, prise au retardeur, l’appareil étant posé sur une table, où l’on se montre ensemble, avec Émile et Étienne, est restée en mémoire. Elle est ravivée maintenant, dans une version très nette, par le passage de son négatif dans le dispositif macroscopique adéquat. Une idée circulait déjà : les lieux de Rousseau, en faire physiquement l’inventaire chronologique. Ainsi, pour le 18 décembre 1752, Le Procope, 13 rue de l’Ancienne Comédie, Paris, 6e.
Étiquette : photographie
Situations


Jeudi 27 novembre 2025, 16h, Musée d’art et histoire, Genève. Encore Félix Vallotton, Plage de Bellerive à Ouchy, 1898 et Femme, châle rose, cousant à la lampe, 1901. On lit que ces tableaux persistent dans les surfaces colorées « proprement nabi », que ce sont des « scènes intemporelles ». Mais on dira qu’apparaît ici, comme le plus souvent chez Vallotton, une aptitude à user du photographique pour rapporter une situation.
Trancher (La vie des objets. Ch. 207)

Jeudi 27 novembre 2025, 15h30, Boulevard Helvétique, Genève. Le preneur de vues a d’abord pensé « saisir » la rampe en acier, un objet qui l’intéresse parce que vraiment attaché à un lieu et à des circonstances. Mais l’objet retenu est la photo elle-même. Son nom, qu’affiche Photoshop, est « Les Tranchées », le nom de famille le plus général chez les photos. Et sa vie est d’être un stéréotype : un « cliché » et une « association stable d’éléments (symboles, etc.) formant une unité », dit Le Robert.
Carreau du Temple (Atlas du gobelet)




Vendredi 24 octobre 2025, 16h, Salon AKAA (Also Known As Africa), Carreau du Temple, Paris, 3e. Julie Mvie, artiste photographe de Libreville, Gabon, est invitée par l’Institut français. Avec son installation qui se nomme Dans l’ombre, elle veut parler de sa découverte, à Paris, des sans-abris. Ses photographies en noir et blanc démontrent qu’on peut ne pas les voir. La reconstitution d’une personne dormant sur le sol est une façon d’en donner au contraire l’image incontournable. Et le gobelet fait la preuve de sa fonction de fixeur photographique.
Edward Weston

Mardi 14 octobre 2025, 18h40, Maison européenne de la photographie, Paris, 4e. Edward Weston, Poivron, 1930, tirage gélatino-argentique d’époque. Ce poivron « numéro 30 » a été, pour Weston lui-même, une œuvre phare. Voici un extrait de ce qu’il en dit, page 32 de la monographie Edward Weston Photographer, The Flame of Recognition, Aperture, New York, 1965 :
August 3rd. Sonya keeps tempting me with new peppers! Two more have been added to my collection. While experimenting with one of these, which was so small I used my 21 cm Zeiss to fill the 8 x 10 size, I tried putting it in a tin funnel for background. It was a bright idea, a perfect relief for the pepper and adding reflected light to important contours. I still had the pepper which caused me a week’s work. I had decided I could go no further with it, yet something kept me from taking it to the kitchen, the end of all good peppers. I placed it in the funnel, focused with the Zeiss, and, knowing just the viewpoint, recognized a perfect light, made an exposure of six minutes, with but a few moments preliminary work—the real preliminary was done in hours passed. I have a great negative—by far the best.
Voir Vallotton : https://jlggb.net/blog9/2025/11/15/poivrons-rouges/
Deux tableaux vivants de l’été 1942
Dimanche 15 août 2025, 12h40, Aix-les-Bains. Une nouvelle photo est apparue, venue de Maguy, de l’album de sa mère Joséphine. Elles sont avec Claudine et sa fille Nicole. Elles se sont retrouvées chez leur père et grand-père François, à Vars, hameau de Chindrieux. On a déjà vu cette cour : https://jlggb.net/blog9/2025/07/09/la-cour-de-la-ferme/. On comprend que c’était le même jour que leur photo dans le verger. Que c’était le même désir de figurer ensemble, de se faire belles, de se montrer heureuses, agissantes dans la réalité de la ferme, – la faucheuse, le pommier –, et devant l’appareil, un Box 6×9 dans les mains probablement de leur sœur et tante Philippine. L’une et l’autre des petites filles qui ont cinq ans dans la photo, interrogées aujourd’hui, disent se souvenir de l’endroit mais pas du moment, et qu’elles ont chacune obéi à leur mère.
Figure d’un orage

Jeudi 14 août 2025, 20h40, Aix-les-Bains. La pluie violente apporte un répit à la canicule. Alors qu’elle vient de cesser, cet aperçu du ciel est une image sans légende. On se reporte aux données du fichier numérique : Time Stamp (GMT): 14 août 2025 à 20:40:41 / Position: 45° 41′ 8,26″ N, 5° 54′ 55,50 ‘ E / Altitude: 257,04 m / Image Direction: 263,30° (Magnetic direction). Deux minutes après, la foudre tombe tout près.
Vérifié



Samedi 12 juillet 2025, 23h45, Aix-les-Bains. Dans les photos de la famille Nantois-Terrier, l’une d’elles a fait l’aller et retour vers le prisonnier Claude Terrier, à Vienne, en Autriche. Elle montre un moment des vendanges de 1942 à Chindrieux, François Nantois, ses filles Claudine et Rose, sa petite fille Nicole. Mais un autre cliché donne la scène en miroir, à l’envers. L’épreuve « GEPRÜFT » est très abîmée. Trois ans dans le Stalag XVII A. Mais, elle a été reconnue véridique.
Voir : https://jlggb.net/blog9/2024/05/09/concretiser-la-vie-des-objets-ch-159/
Des fleuristes et des touristes


Dimanche 22 juin 2025, 10h30. Eugène Atget, Marchandes de fleurs, place de la Bastille (à l’angle de la rue de la Roquette et de la rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris), 1898, photographie, tirage sur papier albuminé, réf. ph1224, musée Carnavalet, Paris. Un autre tirage est dans les collections de la Bibliothèque nationale. Cette photo peut être rattachée à la série « Les petits métiers de Paris », si ce n’est que les fleuristes ne sont pas vraiment ambulantes. On a connu cet endroit pour avoir logé non loin, il y a 50 ans. Un cadrage semblable, 127 années plus tard, souligne deux choses : la permanence de ce qui est bâti, le changement des personnes et des véhicules. Le café Rey — qui a récemment changé de nom, en s’ornant de fleurs artificielles Made in China, semblait éternel. Il a donc été précédé par un magasin de couleurs, de vernis et de colles, emblème à l’entrée du Faubourg Saint-Antoine, quartier de l’ébénisterie. Note : c’est en 1912 que Justin Rey, marchand de vins, achète le local des cousins Eugène et Armand Naveau qui, en 1894, avaient repris la Maison Pépin dont l’histoire était marquée par les soulèvements de 1830, 1848 et 1851.
Lignes de plus grande pente

Mardi 27 mai 2025, 20h24, 181 boulevard Voltaire, Paris 11e. Entreprise il y a peut-être cinquante ans, l’expérience d’une collecte de lignes de plus grande pente sur les trottoirs peut se résumer ainsi : ce que la photo enregistre est la trace d’un jeu de forces qui construit une image, dans la durée, dans un certain espace. C’est une loi générale, la photographie ne peut se résumer à un instant, à un clin d’œil, mais procède d’un moment. Les lignes de plus grande pente font l’éloge du moment.

