
Mercredi 22 février 2012, 13h. Platanes de l’allée Buffon du Jardin des Plantes, Paris, 5e. Où l’on constate que l’ordre et le chaos font bon ménage.



Dimanche 19 février 2012, 16h-17h20, théâtre des Bouffes du Nord, 37bis boulevard de la Chapelle, Paris 10e. C’est la dernière de la reprise du « concert scénique » de Heiner Goebbels, Max Black (créé en 1998), avec le génial André Wilms qui dit un agencement de textes de Paul Valéry, de Georg Christoph Lichtenberg, de Ludwig Wittgenstein (professeur de Max Black à Cambridge) et de Max Black lui-même, philosophe et mathématicien (1909-1988). Chaque geste, chaque déplacement, est un événement sonore et, le plus souvent, lumineux : ampoules, projecteurs, flammes, feux d’artifices (pyrotechnie par Pierre-Alain Hubert). Ça parle de logique et de jeux de langage. C’est extrêmement réjouissant. On n’a pas le droit de photographier et de filmer pendant le spectacle. Je note cette phrase, dite par l’interrupteur de la lampe de bureau : « Je suis toujours trop jeune et trop vieux ». Je me souviens avoir été, dans ma jeunesse, photographe de théâtre (photo du milieu). Au début, André Wilms est sur scène alors que le public s’installe (ce sera plein, on verra bientôt, au 4e rang du parterre, l’ancien maître du lieu, Peter Brook, chemise turquoise et pull sombre sur les épaules, photo du haut) et, à la fin, le public reste, fasciné par la lumière et par les machines-instruments (photo du bas).
À lire :
« André Wilms n’aime pas les fleuves tranquilles », par Fabienne Darge
Article du Monde, 17 février 2012 Lire la suite »

Dimanche 19 février 2012, 14h50, rue Pajol, Paris 18e. Passant devant des entrepôts au toit en shed remarquable, que nous avons connus comme squats plus ou moins culturels, nous constatons qu’ils sont en cours de transformation. La mairie du 18e écrit :
Avec les 3 500m² de panneaux solaires photovoltaïques installés sur son toit, la Halle Pajol deviendra la plus grande centrale solaire photovoltaïque de centre ville en France ! Avec la rénovation de sa structure métallique, elle aura des allures d’ombrelle posée sur un jardin luxuriant et surplombant une auberge de jeunesse de 330 lits, une bibliothèque de 30 000 ouvrages, une salle de spectacles et des locaux d’activités.



Samedi 18 février 2012, 17h. Galerie Perrotin, 76 rue de Turenne, Paris, 3e. Dan Flavin, Kolkoz, Sophie Calle.

Samedi 18 février 2012, 13h30. J’avais fait fabriquer cette enseigne en néon (de couleur verte) pour le « spectacle-environnement » F3 ou une leçon d’observation, « un ensemble programmé de propositions plastiques constituant l’image d’un appartement que les spectateurs sont invités à visiter par groupes de 15 sous la conduite d’un comédien-démonstrateur », monté au théâtre (expérimental) Les Drapiers à Strasbourg (le premier étage d’une brasserie) du 3 au 24 mai 1969, avec Jean-Louis Boucher et Michel Séméniako. Ce document pour se placer dans l’effet de rétrospective du « néon d’art » auquel on assiste (mais qui est aussi une cloture, car le néon est aujourd’hui techniquement et écologiquement condamné).

Vendredi 17 février 2012, 15h51. L’offensive néon ne pouvait pas rester sans réplique. J’avais repéré depuis longtemps, chez Zaoui, Électricité générale, 29 rue de Cotte, Paris 12e, le mot néon écrit en néon, ou plus exactement un néon formant le mot néon et, qui plus est, faisant enseigne pour dire : ici on fait des enseignes en néons. En matière de tautologie conceptuelle, je ne voulais pas faire concurence à Joseph Kosuth. Mais, l’ayant croisé hier soir et n’ayant rien remarqué chez lui qu’une tête à être né en 1945, je sors mon néon sur le mode readymade. Ce qui devrait compter car on sait que le readymade initial (Fountain) n’a même pas eu besoin d’exister autrement qu’en photo. Certes dans un catalogue, mais le blog fait l’affaire. Il faut reconnaître que le néon NEON de Kosuth date de 1965.
Vérification du readymade sous Google Street View. Il faut savoir que le néon clignote au rythme de la demie seconde environ, ce qui complique la prise de vue.
Jeudi 16 février 2012, 19h-20h. Vernissage de l’exposition Néon,Who’s afraid of red, yellow and blue ? à La Maison rouge, boulevard de la Bastille, Paris. Attractif. Et d’ailleurs, il y a un monde fou. Maintenant on ne fait plus attention aux risques de chocs électriques ou de bris de verre que font courir ces œuvres aux visiteurs. En 1983, nous avions dû fermer Electra, au Musée d’art moderne, le temps de mettre une barrière autour d’une œuvre de Dan Flavin faite de tubes fluorescents. Or, le néon demande des tensions bien supérieures. Mais ne nous plaignons pas de la proximité retrouvée avec ces œuvres. Il y a quelques jours, ayant à imaginer un projet d’exposition qui croiserait lumière et écriture, il m’est venu à l’esprit de réunir des œuvres en néon. Mais j’ai immédiatement rejeté cette idée simpliste, considérant que les pièces se tueraient littéralement entre elles. L’exposition de ce soir confirme ça, mais pas entièrement. Les pièces, certaines d’entre elles, sont suffisamment singulières et signées, rattachées à des projets d’artistes. Il reste que l’effet magasin était inévitable. D’autant que la plupart des néons d’artistes citent ouvertement les enseignes, quand ce ne sont pas de pseudo readymades. Voir : http://jlggb.net/blog3/?p=836.

Jean-Michel Alberola, Die Armut, 2006, collection Antoine de Galbert.
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John Armleder, Voltes V, 2004, collection Frank Cohen.
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Tracey Emin, Just Love Me, 1986, collection Goetz.
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Laurent Grasso, Éclipse, 2007, collection Krzentowski, Paris.
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Joseph Kosuth, Neon, 1965, galerie Almine Rech.
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Joseph Kosuth, Words are Deeds, 1991, galerie 1900:2000, Paris.
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Piotr Kowalski, Pour qui ?, 1967, collection Andrea Kowalski, Paris.
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Claude Lévêque, Rêvez !, galerie Kammel Mennour, Paris.
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François Morrellet, Enchaînement n°8, 2011, galerie Aline Vidal, Paris.
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Melik Ohanian, (G)host, 2006, galerie Chantal Crousel, Paris.
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Pour toutes ces photographies : © Les artistes.


Mercredi 15 février 2012, 14h45, boulevard Saint-Michel, à l’angle de la rue de l’Abbé de l’Épée (Place Louis Marin), le monument aux découvreurs de la quinine, Pierre Joseph Pelletier et Joseph Bienaimé Caventou. Au débouché de la sortie sud de la station Luxembourg du RER, la sculpture a été longtemps pour nous un point de repère et l’objet d’un private joke prononcé rituellement : « Ouf, merci Aspro ! » Une double statue monumentale des pharmaciens vêtus de toges, inaugurée en 1900, fut fondue durant l’occupation. Le monument actuel, de Pierre-Marie Poisson (1876-1953), la remplace depuis 1951. Ce changement, qui suscita une polémique en 1948, est souvent cité pour illustrer les changement de goûts en matière de monuments. Voir Maurice Agulhon : http://www.cairn.info/revue-mil-neuf-cent-2003-1-page-9.htm

Mercredi 15 février, 13h30, place de la Nation, Paris, dans l’axe du boulevard Voltaire. Des pompiers se rassemblent pour partir en manifestation par le boulevard Diderot. Assemblage de deux photographies. On qualifie l’opération d’allongement épique : une certaine distance et la démultiplication des perspectives.



Des archives : photographies inédites dans leur cadrage original. 1981, une idée nous est venue : monter une exposition des photographies de Robert Doisneau en Chine. Yann Pavie, qui a travaillé au Musée d’art moderne de la ville de Paris à l’exposition de Doisneau « Les Passants qui passent », du 11 juin au 2 septembre 1978, puis l’a montrée à la Maison de la culture de Grenoble, du 26 septembre au 16 novembre 1980, organise un rendez-vous au 46 place Jules Ferry à Montrouge dans le courant du mois de juin 1981. On verra dans de prochains billets comment les choses vont se passer. Photos ©jlggb 1981. Lundi 14 février 2012. Cette année est le centenaire de Doisneau.
