C’est aussi ça, la guerre


Dimanche 24 août 2025, 16h, Musée de l’Oise, Beauvais. Félix Vallotton est l’un des artistes qui a directement approché la guerre. Mais pas seulement avec sa célèbre série de gravures sur bois C’est la guerre ! (1915-1916). Il a été de ceux qui, avec la « mission de peintre aux armées », est allé au front pour peindre. Son tableau Verdun (1917) est le plus marquant, par sa relative abstraction futuriste. Soldats sénégalais au camp de Mailly (1917), huile acquise par le musée, est aussi « anti guerre », mais sa figuration calme, inscrite directement dans la manière de Vallotton, apporte une critique caustique qui persiste aujourd’hui.

Deux tableaux vivants de l’été 1942

Dimanche 15 août 2025, 12h40, Aix-les-Bains. Une nouvelle photo est apparue, venue de Maguy, de l’album de sa mère Joséphine. Elles sont avec Claudine et sa fille Nicole. Elles se sont retrouvées chez leur père et grand-père François, à Vars, hameau de Chindrieux. On a déjà vu cette cour : https://jlggb.net/blog9/2025/07/09/la-cour-de-la-ferme/. On comprend que c’était le même jour que leur photo dans le verger. Que c’était le même désir de figurer ensemble, de se faire belles, de se montrer heureuses, agissantes dans la réalité de la ferme, – la faucheuse, le pommier –, et devant l’appareil, un Box 6×9 dans les mains probablement de leur sœur et tante Philippine. L’une et l’autre des petites filles qui ont cinq ans dans la photo, interrogées aujourd’hui, disent se souvenir de l’endroit mais pas du moment, et qu’elles ont chacune obéi à leur mère.

La chambre d’Émile







Mercredi 18 mai 2025, 14h, Paris. On est fin 2011. Parce qu’il l’a connu à La Borde, Raymond conseille le docteur Jean-Claude Polack à Étienne, petit-fils d’Émile. Le rendez-vous a lieu au 125 boulevard Saint-Germain mais renvoie à un autre docteur, au 22 boulevard Saint-Michel. La consultation se révèle une impasse. Pourtant, l’adresse va apparaître sur la carte d’étudiant d’Émile, qui accompagne son dessin, envoyé en novembre 1948 à Emma, à Françoise et Jean-Louis : Ma « chambre de bonne ». Une observation photographique persévérante conduit à des preuves. La chambre sous les toits donne sur le boulevard Saint-Germain car l’immeuble fait l’angle. La forme de la fenêtre, ses volets intérieurs, la position de la cheminée sont identiques. La vue dans le dessin montre, au nord, la flèche de la Sainte-Chapelle, un groupe de jacobines superposées. Cette adresse a été aussi celle de Jean-Claude Polack, elle est dans tout un réseau de relations qu’on ne va pas décrire ici.

Quand les attitudes deviennent forme


Mercredi 14 mai 2025, 14h, rue Leschot, Les Philosophes, Genève. À l’entrée de l’immeuble, un panneau a été enlevé alors que le mur avait été enduit et repeint. En avril 1969, à la Kunsthalle de Berne, je vois « Quand les attitudes deviennent forme », exposition conçue par Harald Szeemann. Elle restera avec un avant et un après. Les propositions sont fabriquées sur place. Lawrence Weiner détache avec un burin le plâtre d’un mur de l’escalier, sur un carré d’un mètre de côté. Filmé par la télévision, il dit en substance : « Elle n’est pas précieuse et unique, elle est la même partout où elle est faite, d’autres peuvent la faire, elle est là pour être présentée, elle est intéressante à regarder, vous pouvez la garder en mémoire le reste de votre vie. »

Ail des ours



Mardi 13 mai 2025, 16h, Aix-les-Bains. Fleur collective de sous-bois, blancheur étoilée qui capte le regard, elle est portée par son nom. Rapportée en nombre avec sa réputation de bienfait, elle se plaît, tournée vers la fenêtre, dans la pénombre de la chambre, pour émettre son parfum vivace.

Transporter (La vie des objets. Ch. 188)


Mardi 15 avril 2025, 14h, exposition « Matisse et Marguerite », Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Regarder avec insistance cette toile comme un objet. Lire son cartel : « Henri Matisse, Marguerite, Collioure, hiver 1906-1907 ou printemps 1907, Huile sur toile, Musée national Picasso – Paris, Donation Picasso, 1978, Collection personnelle Pablo Picasso. Imitant la maladresse d’une écriture enfantine qui cherche à rester droite sans y parvenir, Matisse a inscrit ‘Marguerite’ au-dessus de ce portrait de sa fille. Un épais cerne noir dessine la figure et encadre l’ensemble de la composition. La concision radicale du tableau fit l’objet de sarcasmes de la part des contemporains de Matisse, qui moquèrent son apparence élémentaire et candide. La toile fascina Picasso, qui l’échangea avec l’artiste contre une nature morte cubiste et la conserva jusqu’à la fin de sa vie. » Renseigner encore l’objet : œuvre exposée (d’ordinaire) au Musée Picasso, premier étage, salle 3, 65,1 x 54 x 2 cm. Le qualifier : transport affectif.

Retour à Tajimi



Mardi 11 février 2025, 10h30 et 13h15, Tajimi, Gifu. Le café est pris à la gare, chez Vie de France (déjà le 17 novembre 2023). Après la visite (comme en 2023) de la librairie (avec brasserie) Hiraku Building, le plat du déjeuner est au Koya Cafe, au bout de la rue Oribe.
Voir : https://jlggb.net/blog8/2023/11/17/achat-de-deux-soba-choko-actuels/ et https://jlggb.net/blog8/2023/11/17/lieux-emailles/

Hideko Fukushima


Jeudi 16 janvier 2025, 16h30, Musée d’art contemporain de Tokyo (MOT), Tokyo. Hideko Fukushima (1927-1997), Sans titre, 1961, aquarelle sur papier. Un rétrospective lui est ici consacrée. Dans les années cinquante, elle a fait partie du groupe « Atelier Expérimental » qui travaillait à des environnements associant lumière, arts plastiques et musique. Puis elle s’est attachée à l’eau porteuse de couleurs et aux empreintes d’objets pour parler d’une « vie indistincte ».