
Dimanche 25 février, 15h, rue du Vertbois, Paris, 3e. Interpellation d’un duo de crassulas, comme souvent, derrière leur vitre, et ici soulignées par les lettres qu’elles suscitent. On l’a dit, toute crassula est l’occurrence d’une colonie dispersée dans le temps et dans l’espace. Pour autant, l’ubiquité obtient des adresses forcément particulières, nommables, saisissables.
Catégorie : Vie
Toucher l’insensé
Dimanche 12 février 1984

Lundi 12 février 2024. Cette photo est dans un cadre depuis des années. Aujourd’hui, la date qui fut inscrite dans la pellicule offre un anniversaire. Elle fut prise dans un café proche de la Maison de la radio, Paris 16e, (la brasserie Les Ondes), alors qu’on revenait du Musée d’art moderne de la Ville où se tenait l’exposition « Electra ».
Extrait de vagues
Dimanche 11 février 2024, 12h45, plage du Prado, Marseille. De loin, du parc Borely, on voit, on entend, des vagues jaillir violemment chaque minute. On s’approche avec l’envie craintive de les ressentir, de les saisir, de les garder.
Photocopies de 1984


Mardi 30 janvier 2024, 18h, Paris. La façon dont Liliane a proposé son photo-copieur portable ouvert, éclairé à la verticale, a donné des estampes uniques dont nous avons ici un bel exemple. En 1984, à Saint-Laurent en Royans, dans la Drôme, Émile et Étienne assemblent leurs mains droite et gauche, puis Jean-Louis place sa main droite et Étienne ajoute la sienne.
Seconde (La vie des objets. Ch. 148)



Lundi 15 janvier, 13h, boulevard Voltaire, Paris, 11e et samedi 27 janvier, 17h, square Louvois, Paris, 2e. Il a été énoncé qu’un fruit, une plante, une branche, pouvaient être désignés comme objets. Mais il a été dit en même temps que c’était le plus souvent car il avaient été cueillis, coupés et donc globalement tués. En tant qu’entités ayant eu une vie biologique, ces choses sont à même de connaître une vie d’objet, comme notre collection la montre, pas seulement parce qu’elles contiennent, émettent et reçoivent une collectivité d’êtres vivants, mais pour leurs transformation et peut-être d’abord pour la vivacité des relations qu’elles exercent. La « seconde vie » que pointe l’affiche est la transformation biologique par compost, mais la première est-elle d’avoir poussé ou bien d’avoir été transportée et achetée pour faire « sapin de Noël » ?
Deux peintures choisies
L’origine des choses


Jeudi 18 janvier 17h30, Bourse de commerce, Paris. Edith Dekyndt s’intéresse à la frontière entre l’objet et l’objet d’art, qui « est à la fois fine et essentielle ». Si on parle de « donner une seconde vie aux choses » c’est que que les matières ont une vie, une « vie lente », comme on dit still life en anglais, et non « nature morte ». Considérer « l’origine des choses » — le titre de la proposition qui occupe les 24 vitrines du couloir entourant le bâtiment — c’est montrer leur fabrication, leur transformation, c’est témoigner de leur histoire, de leur commerce, sous l’immense fresque coloniale et à l’intérieur des vitrines qui sont précisément apparues avec l’afflux de marchandises. Près de Sao Paulo, une serviette à carreaux, tendue sur un châssis, a été détissée horizontalement et les fils retirés ont été lessivés en boule.
Mike Kelley

Jeudi 18 janvier 2024, 17h, Bourse de commerce, Paris. Mike Kelley, Double Contour with Side Bars, 2000, détail, Pinault Collection. On parle de la tentative de construire une vaste maquette des lieux où il a reçu une éducation, de la banlieue de Détroit au California Institute of the Arts. Parmi ses bâtiments blancs, des manques apparaissent, qui sont des souvenirs refoulés. Une colline de fragments est ou bien une réserve de matériaux, ou bien les ruines d’un traumatisme.
Vie de clones

Samedi 23 décembre 2023, 11h, Aix-les-Bains. La loggia fait 3 m x 1,5 m. Les douze spécimens de crassulas en occupent la moitié ouest en étant protégés des intempéries par un rideau de coton tendu. Les crassulas ovata, arbres de jade, sont solides si on les laisse tranquilles, en les arrosant sérieusement mais peu souvent. Elles doivent leur nature à être du désert. On n’a jamais tenté de les semer, bien qu’a maturité, peut-être dix ans, elles fleurissent l’hiver. Elles se sont multipliées, elles se sont prolongées, par bouturage. Le grand pot que l’on voit très vivace n’a fait que recevoir depuis un an de petits rameaux ou des feuilles spontanément tombées.


