Jean-Étienne Liotard

Mercredi 30 juillet 2025, 17h30, Musée d’art et d’histoire, Genève.
Jean-Étienne Liotard (Genève, 1702 – Genève, 1789), Liotard riant, vers 1770, huile sur toile, dimensions avec le cadre : 113 x 95 cm, Musée d’art et d’histoire, Ville de Genève, achat, 1893. Son père, Antoine Liotard, négociant à Montélimar, s’est exilé après la révocation de l’édit de Nantes. Il exerce à Genève, Paris, Rome, Florence, Constantinople (c’est là qu’il adopte son costume), à Vienne, Londres, Amsterdam. On a vu La Belle Chocolatière à Dresde. Au Louvre, on a souvent regardé ses nombreux portraits au pastel. Son portrait de Madame d’Épinay l’a associé pour nous à Rousseau. Et on repasse les voir à Genève.

Thiers et la porcelaine chinoise

Dimanche 20 juillet, 15h40, Musée du Louvre. Au début de l’exposition « Une passion chinoise — La collection de Monsieur Thiers » on peut lire : « Au long de sa carrière, Thiers suscite autant l’admiration que la détestation. Ambitieux, savant, bourreau de travail, d’une intelligence hors norme selon ses partisans, il est pour ses ennemis corrompu, immoral, arrogant et prétentieux. Thiers n’a de cesse de rechercher la notabilité et la reconnaissance de la bonne société. L’art et la culture seront un moyen d’y parvenir. La Chine, elle, est à la périphérie de cette entreprise, elle est sa passion discrète, probablement l’un de ses rares intérêts sincères. » Intérêt sincère ? On peut rapprocher deux objets exposés : son buste et son regard tourné vers l’horizon ; l’estampe chinoise de propagande, montrant la fiction d’un succès de l’empire dans la répression de la révolte des Taipings (1851-1864). Une phrase encore, celle qui dit : « Thiers était un spécialiste reconnu de porcelaine chinoise et sa collection faisait référence en son temps (elle fut en partie détruite pendant la Commune). »

Rue du Caire (Atlas du Gobelet)




Dimanche 20 juillet 2025, 14h50, rue du Caire, Paris 2e. On n’évite pas « c’était autrefois une entrée vers la cour des Miracles », ou encore « l’entrée de Bonaparte au Caire, le 23 juillet 1798 ». Rue des forges, rue des Corderies, la longue histoire des ateliers du Sentier. Maintenant c’est tout autre chose, des boutiques de bouche et de mode. Mais tout de même, à l’écart, il apparaît qu’un sans-abri venu d’Afrique a posé là son gobelet.

Réminiscences de Ye Xin

Samedi 19 juillet 2025, 20h, Paris. Ye Xin (Xin YE) a exposé en septembre 2024 à la galerie Espace F360, Paris 5e, un nouvel ensemble d’encres sur papier, de format 35 x 35, nommé Réminiscences. J’ai découvert que le tableau initial, qui donnait le texte 混沌翻滾的墨團之上,閃現出精準的線,葉欣的畫是一個哀婉與反諷交疊的去處:一種悖謬的記憶。那裡,忘卻的意願反襯著復甦的刺痛,片刻歡欣的生氣同悲劇的陰影融成一體, traduisait mes mots d’un catalogue de 1991 : « Masses d’encres tourmentées, éclat de lignes d’une incroyable justesse, la peinture de Ye Xin est un lieu d’imbrications pathétiques et ironiques : c’est une mémoire paradoxale où la volonté d’oublier sert de fond à l’acuité des réminiscences, où la vivacité des moments de bonheur épouse les ombres du drame. » Ye Xin m’a dit que sa découverte du sens de réminiscence l’avait conduit aux huit autres tableaux, composés à partir de fragments de la phrase. Récemment, il m’a offert le premier et celui nommé Mes tableaux, où s’écrit 當年的畫可曾真如那 “哀婉與反諷交疊的去處”, « lieu d’imbrications pathétiques et ironiques ».

Elles sont rouges

Jeudi 17 juillet 2025, Aix-les-Bains et Vendredi 18 juillet, 19h30, Paris. Une expérience a lieu, avec apparition sur Instagram, et donc avec des témoins potentiels. Trois belles cerises sont photographiées. Dans leur tréfonds, elles sont rouges, comme le sont en principe les cerises. Sous Firefly d’Adobe, les contraintes sont « photographique » et « plongée » et le prompt est « 3 cerises alignées au milieu d’une assiette carrée de porcelaine blanche ». Une série de générations est lancée, avec quelques préférences en chemin et on retient un résultat. « Elles sont rouges » n’était pas demandé mais est arrivé naturellement pour ce deuxième tableau. Les trois cerises sont mangées en 30 secondes et ont pour résultat un troisième tableau. Durant plus de trente minutes, divers prompts sont essayés, « Dans une assiette carrée de porcelaine blanche, ce qui reste de 3 cerises mangées », ou, de façon plus immédiate, « Dans une assiette carrée de porcelaine blanche les noyaux et queues de 3 cerises mangées ». Rien n’y fait, les cerises sont accompagnées de traces de jus, parfois un peu entamées, mais jamais mangées. Cette IA refuse de tirer les conséquences des actes, le quatrième tableau n’a donc pas lieu.