Poivrons rouges


Samedi 15 novembre 2025, 12h30, Lausanne. Félix Vallotton, Poivrons rouges, 1915, huile sur toile, dans l’exposition « Vallotton Forever », Musée cantonal des Beaux-Arts. Le poivron d’Edward Weston, 1930, photographie en noir et blanc, partage avec ceux de Vallotton une sensualité organique. Mais le rouge va ici jusqu’au sang de la guerre. Voir : https://jlggb.net/blog9/2025/10/14/edward-weston/

À sa table de travail


Samedi 25 octobre, 17h30, Musée Picasso, Paris. Untitled, 1980. Acrylique et encre sur planche d’illustration. Exposition « Philip Guston. L’ironie de l’histoire », avec, au sous-sol, ses derniers travaux, sur papier :
« En 1979, Philip Guston est victime d’une crise cardiaque qui lui impose de reconsidérer sa méthode de travail. C’en est fini pour lui des formats imposants par lesquels il entretenait le lien de sa peinture avec les fresques murales de sa jeunesse. Assis à sa table de travail, il entreprend une série d’œuvres sur papier dans lesquelles il récapitule les formes et les sujets de son art. Au temps où sa peinture était encore abstraite, il avait rêvé d’atteindre à la liberté, à la légèreté des peintures chinoises de la dynastie Song (960-1279) réalisées par des artistes qui, après avoir répété à l’infini le même geste, pouvaient créer une forme, pour laquelle l’esprit conscient semblait ne plus jouer aucun rôle. Dans cette série d’œuvres ultimes, produites l’année de sa mort, Guston atteint un état de grâce technique et iconographique. Les objets qu’il avait copiés sans fin pour entériner son passage à la figuration naissent sous son pinceau comme s’ils étaient dépeints par le premier homme, libre de tout modèle préconçu, émancipé de toute idée de l’art. » (Dossier de presse)

Elles sont rouges

Jeudi 17 juillet 2025, Aix-les-Bains et Vendredi 18 juillet, 19h30, Paris. Une expérience a lieu, avec apparition sur Instagram, et donc avec des témoins potentiels. Trois belles cerises sont photographiées. Dans leur tréfonds, elles sont rouges, comme le sont en principe les cerises. Sous Firefly d’Adobe, les contraintes sont « photographique » et « plongée » et le prompt est « 3 cerises alignées au milieu d’une assiette carrée de porcelaine blanche ». Une série de générations est lancée, avec quelques préférences en chemin et on retient un résultat. « Elles sont rouges » n’était pas demandé mais est arrivé naturellement pour ce deuxième tableau. Les trois cerises sont mangées en 30 secondes et ont pour résultat un troisième tableau. Durant plus de trente minutes, divers prompts sont essayés, « Dans une assiette carrée de porcelaine blanche, ce qui reste de 3 cerises mangées », ou, de façon plus immédiate, « Dans une assiette carrée de porcelaine blanche les noyaux et queues de 3 cerises mangées ». Rien n’y fait, les cerises sont accompagnées de traces de jus, parfois un peu entamées, mais jamais mangées. Cette IA refuse de tirer les conséquences des actes, le quatrième tableau n’a donc pas lieu.

Se pointer (La vie des objets. Ch. 187)



Lundi 14 avril 2025, 18h30, Paris et lundi 23 décembre 2024, 15h30, supermarché MaxValu, Ogaki. La (très) grande surface d’alimentation est parcourue in extenso. Pour y faire les courses dans les temps qui viennent, il faut en prendre connaissance, la déchiffrer. En marge du champ visuel, un objet accroche avec, tout de suite, l’affirmation « Super Normal ». Confirmation : il est juste là à sa place sur un rayon de la bibliothèque, dans l’ouvrage de Fukasawa et Morrison, Super Normal, 2008, le numéro 30 (sur 210), pages 69-71, est Table salt shaker. Avec cette notice : « 30 Table salt shaker. In days gone by, the general store on the street corner was called a tobacco shop, and salt was always sold there along with cigarettes. This table salt shaker is one that seems to hark back to that time. Since then, salt has been revamped, with a new bottle making the scene. But when you get down to it, this stable conical shape is still an icon for table salt. Many shakers, whether by coincidence or not, have the same kind of shape. What they share is that, while having a functional shape, they also have a gentleness, a softness about them. »

Tatsuo Miyajima


Jeudi 16 janvier 2025, 17h, Musée d’art contemporain de Tokyo (MOT), Tokyo. Tatsuo Miyajima, Keep Changing, Connect with Everything, Continue Forever, 1998, diodes rouges, 1728 pièces affichant les chiffres de 0 à 9, panneau d’aluminium. Notice : « Tout dans le monde naît, existe un temps, puis disparaît, et ce processus se répète à l’infini. Le temps s’écoule de la même manière pour tout ce qui existe en ce monde, mais la perception du temps diffère selon les entités et les situations individuelles. » En 1989, dans « Les Magiciens de la Terre » au Centre Pompidou, on découvrait cet artiste travaillant le temps, le rythme, la circulation dans l’espace avec des diodes lumineuses. Remarque : c’est aujourd’hui son anniversaire, il est né le 16 janvier 1957.

Le chemin et la route



Vendredi 11 octobre 2024, 17h10 et 18h30, Chainaz-les-Frasses et Saint-Girod, Haute-Savoie et Savoie. La carte IGN, et la carte Google, indiquent un chemin qui monte dans la forêt. Mais aujourd’hui il est un ruisseau et barré d’arbres tombés. Exercice périlleux mais spectacle de la nature. Arrivée officialisée par une porte dans la clôture barbelée, elle-même impossible à ouvrir. C’est aussi la frontière entre les deux départements. La descente est une route en lacets parfaitement goudronnée. Marche au pas rapide et lumières changeantes. Bruit constant de l’autoroute.