
Jeudi 4 septembre 2025, 15h, Musée Granet, Aix en Provence. Dernier tableau de l’exposition « Cézanne au Jas de Bouffan », Le Jardinier Vallier, vers 1906, huile sur toile, Tate, Londres, il est dit qu’il est le dernier personnage dont Cézanne a fait le portrait. À l’atelier des Lauves, le jardinier Vallier a fait l’objet de plusieurs tableaux. Celui-ci est l’exemple ultime d’un « non fini » qui tend vers l’abstraction.
Étiquette : portrait
Deux tableaux vivants de l’été 1942
Dimanche 15 août 2025, 12h40, Aix-les-Bains. Une nouvelle photo est apparue, venue de Maguy, de l’album de sa mère Joséphine. Elles sont avec Claudine et sa fille Nicole. Elles se sont retrouvées chez leur père et grand-père François, à Vars, hameau de Chindrieux. On a déjà vu cette cour : https://jlggb.net/blog9/2025/07/09/la-cour-de-la-ferme/. On comprend que c’était le même jour que leur photo dans le verger. Que c’était le même désir de figurer ensemble, de se faire belles, de se montrer heureuses, agissantes dans la réalité de la ferme, – la faucheuse, le pommier –, et devant l’appareil, un Box 6×9 dans les mains probablement de leur sœur et tante Philippine. L’une et l’autre des petites filles qui ont cinq ans dans la photo, interrogées aujourd’hui, disent se souvenir de l’endroit mais pas du moment, et qu’elles ont chacune obéi à leur mère.
Otto Dix

Dimanche 25 mai, 15h30, Musée Picasso, Paris. Dans l’exposition « L’art “dégénéré” : Le procès de l’art moderne sous le nazisme », Otto Dix, Portrait du peintre Franz Radziwill, 1928, Tempera, huile et sable sur carton sur bois. Cette peinture était présentée dans l’exposition « Entartete Kunst » à Munich en 1937.
Alexis Grimou

Dimanche 1er décembre 2024, 13h, musée Réattu, Arles. Ce portrait est de 1720-1730, par Alexis Grimou, 1678-1733. Le cartel dit : « il est moins proche de la tradition française que de l’art flamand, auquel il emprunte ses portraits de buveurs, d’acteurs, de peintres et de militaires, ainsi que des scènes de la vie quotidienne, genre qu’il contribue à initier dans la France de son époque, dominée par les thèmes religieux et mythologiques. »
Dimanche 12 février 1984

Lundi 12 février 2024. Cette photo est dans un cadre depuis des années. Aujourd’hui, la date qui fut inscrite dans la pellicule offre un anniversaire. Elle fut prise dans un café proche de la Maison de la radio, Paris 16e, (la brasserie Les Ondes), alors qu’on revenait du Musée d’art moderne de la Ville où se tenait l’exposition « Electra ».
Françoise au bandeau


Jeudi 11 janvier 2024, 17h, Centre Pompidou, Paris. Pablo Picasso, Françoise au bandeau, Paris, 5 juillet 1946, crayon graphite sur papier. Portrait de Françoise, Paris, 20 mai 1946, crayon graphite, crayon trois couleurs et fusain sur papier. Françoise au bandeau, Paris, 5 juillet 1946, crayon graphite, estompage et gommage sur papier. Musée national Picasso-Paris. Dation Pablo Picasso, 1979. Le portrait central est sur l’affiche de l’exposition « Picasso. Dessiner à l’infini ». Alors que le modèle du Minotaure porte désormais une critique de Picasso, Françoise Gilot, qui s’est éteinte le 6 juin 2023, est célébrée comme peintre, comme femme libre. Sous le titre « Variations autour du portrait », il est écrit au mur : « La réunion de la face et du profil s’impose comme le problème central qu’affrontent les portraits de Dora Maar. Après-guerre, ceux de Françoise Gilot, au contraire, adoptent la vue frontale. À force de déclinaisons, le visage se transforme en motif, l’identité du modèle s’estompe derrière l’archétype. En contrechamp de ces portraits, les mémoires de Françoise Gilot, comme avant eux, ceux de Fernande Olivier, font entendre la voix du modèle. » Une telle analyse est utile. Une remarque cependant. Un tableau qui fait appel à un modèle n’est pas nécessairement un portrait et ce sont bien ici des portraits. S’ils tendent à devenir des motifs, ils peuvent conserver la motivation qui les a fait exister. Un motif est à même d’éviter le stéréotype, d’atteindre l’efficience d’un signe ouvert. On préfère singularité à identité. Françoise a la joue gauche marquée d’un point dont il a été dit qu’il serait la marque d’une brûlure de cigarette infligée par Picasso. Il est vrai que c’est Vivre avec Picasso qui nous l’apprend, et qui charge le punctum de faire vivre le motif, qui n’attendait que ça. On voudrait en savoir plus sur le bandeau.
//
Les photos de Françoise Gilot, qu’on connaît bien, dont celles de Robert Doisneau, montrent un grain de beauté.

Françoise au bandeau, Paris, 5 juillet 1946, crayon graphite sur papier, détail.

