La Famille Soler


Dimanche 25 mai, 16h, Musée Picasso, Paris. Dans l’exposition « L’art “dégénéré” : Le procès de l’art moderne sous le nazisme », Pablo Picasso, La Famille Soler, 1903, huile sur toile, Musé des Beaux-Arts La Boverie, Liège. Confisqué en 1937 au musée de Cologne, ce tableau fait partie de ceux qui entrent dans l’« utilisation » lucrative des œuvres saisies, développée par Goebbels. Il est mis en vente en juin 1939 à la galerie Fischer de Lucerne et acheté par la Ville de Liège. Tableau fascinant, qui nous est aujourd’hui donné à déchiffrer. De ses nombreux déterminants, en voici trois : un portrait de famille commandé par le père, peintre et tailleur à Barcelone, à un Picasso sans-le-sou ; un tableau peint à partir de photographies de studio ; un premier déjeuner sur l’herbe. Et deux interrogations : qu’en est-il de la « neutralité » suisse à la veille de la guerre ? Comment le musée de Liège a-t-il pu le garder dans ses collections ? Les précisions historiques et les réponses à ces questions ne peuvent tenir en quelques mots, deux faits cependant : le galeriste Fischer sera, jusqu’en 1945, le destinataire du plus grand nombre de peintures pillées par le régime hitlérien ; les initiateurs des achats pour Liège ont affirmé leur motivation antinazie, ce qui leur a valu d’être arrêtés et condamnés par les occupants allemands de la Belgique.

Transporter (La vie des objets. Ch. 188)


Mardi 15 avril 2025, 14h, exposition « Matisse et Marguerite », Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Regarder avec insistance cette toile comme un objet. Lire son cartel : « Henri Matisse, Marguerite, Collioure, hiver 1906-1907 ou printemps 1907, Huile sur toile, Musée national Picasso – Paris, Donation Picasso, 1978, Collection personnelle Pablo Picasso. Imitant la maladresse d’une écriture enfantine qui cherche à rester droite sans y parvenir, Matisse a inscrit ‘Marguerite’ au-dessus de ce portrait de sa fille. Un épais cerne noir dessine la figure et encadre l’ensemble de la composition. La concision radicale du tableau fit l’objet de sarcasmes de la part des contemporains de Matisse, qui moquèrent son apparence élémentaire et candide. La toile fascina Picasso, qui l’échangea avec l’artiste contre une nature morte cubiste et la conserva jusqu’à la fin de sa vie. » Renseigner encore l’objet : œuvre exposée (d’ordinaire) au Musée Picasso, premier étage, salle 3, 65,1 x 54 x 2 cm. Le qualifier : transport affectif.

Autoportrait


Mercredi 3 janvier 2024, Musée Picasso, Paris. Pablo Picasso, Autoportrait, 1901, huile sur toile, 81 x 61 cm, détail [ici les couleurs ne sont pas exactes]. Le voyant au détour d’une cloison, je me demande si je peux le prendre en photo, et je le peux, en gros plan, ce qui est impressionnant.