Pour mémoire


Samedi 11 octobre 2025, 12h, Paris. Pour recevoir des archives, la cave est rangée une fois encore. On s’occupait depuis quelque temps de Pékin pour mémoire, avec l’intensité du quarante ans après. Comme par hasard, un sous-verre carré est ressorti : la calligraphie de Zhang Jun, « Terre, Soleil, Ciel, Lune », emblème du projet. Pour être photographiée, elle se trouve appuyée au mur. Et voilà qu’au-dessus d’elle, accrochée depuis des années, c’est la grande affiche créée par Christian Boltanski, son « monumen » à la chapelle de la Salpêtrière, pour le Festival d’automne à Paris de 1986. En acceptant Pékin pour mémoire pour le Théâtre de Chaillot, le directeur du festival nous avait dit que précisément, cette année là, d’autres propositions abordaient la mémoire. Le texte de notre catalogue dit : « Pour cette ville qui se bouleverse irrémédiablement, peut-être est-il bon que vous voyez un peu cela, nos archives, qui auraient pu rester privées. » Pour mémoire : à titre de simple rappel, afin que cela soit retenu.

Pierre de haïku


Mardi 4 février 2025, 16h, rue Nini Okuno Hosomichi, Ogaki, Gifu. Le long de la rivière Suimon, sur le chemin (touristique) attribué à Basho, l’une des pierres repères portant un haïku, quelque chose comme : « Même si vous ne le savez pas, le jour où vous plantez un bambou est un jour de pluie. » Il est toujours étonnant de voir une calligraphie, la trace d’un instant d’inflexions savantes, minutieusement et patiemment gravée dans une pierre qui apporte sa singularité exagérément matérielle.