Quand les attitudes deviennent forme


Mercredi 14 mai 2025, 14h, rue Leschot, Les Philosophes, Genève. À l’entrée de l’immeuble, un panneau a été enlevé alors que le mur avait été enduit et repeint. En avril 1969, à la Kunsthalle de Berne, je vois « Quand les attitudes deviennent forme », exposition conçue par Harald Szeemann. Elle restera avec un avant et un après. Les propositions sont fabriquées sur place. Lawrence Weiner détache avec un burin le plâtre d’un mur de l’escalier, sur un carré d’un mètre de côté. Filmé par la télévision, il dit en substance : « Elle n’est pas précieuse et unique, elle est la même partout où elle est faite, d’autres peuvent la faire, elle est là pour être présentée, elle est intéressante à regarder, vous pouvez la garder en mémoire le reste de votre vie. »

Transporter (La vie des objets. Ch. 188)


Mardi 15 avril 2025, 14h, exposition « Matisse et Marguerite », Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Regarder avec insistance cette toile comme un objet. Lire son cartel : « Henri Matisse, Marguerite, Collioure, hiver 1906-1907 ou printemps 1907, Huile sur toile, Musée national Picasso – Paris, Donation Picasso, 1978, Collection personnelle Pablo Picasso. Imitant la maladresse d’une écriture enfantine qui cherche à rester droite sans y parvenir, Matisse a inscrit ‘Marguerite’ au-dessus de ce portrait de sa fille. Un épais cerne noir dessine la figure et encadre l’ensemble de la composition. La concision radicale du tableau fit l’objet de sarcasmes de la part des contemporains de Matisse, qui moquèrent son apparence élémentaire et candide. La toile fascina Picasso, qui l’échangea avec l’artiste contre une nature morte cubiste et la conserva jusqu’à la fin de sa vie. » Renseigner encore l’objet : œuvre exposée (d’ordinaire) au Musée Picasso, premier étage, salle 3, 65,1 x 54 x 2 cm. Le qualifier : transport affectif.

Jean-Luc Godard, le typographe à la caméra



Mercredi 19 mars 2025, 15h, Musée de l’imprimerie, Lyon. L’exposition, conçue par Paule Palacios-Dalens, est impressionnante par sa mise en forme sur le modèle d’un livre, par son étendue documentaire, par ses notes savantes. « En train de se faire » elle aussi, comme La Chinoise de 1967 s’annonce typographiquement. Je me perçois mêlé, par tant de détails vécus, à une histoire de soixante années.

Itsuo Sakane



Lundi 24 février 2025, 17h30, IAMAS, Ogaki, Gifu, Japon. « Le professeur Sakane en tant que fondateur de IAMAS », hommage à Itsuo Sakane 坂根厳夫, avec les propos de Toshio Iwai 岩井俊雄, artiste, Shiro Yamamoto 山元史朗, producteur technique, Nobuya Suzuki 鈴木宣也, président de IAMAS, Institute of Advanced Media Arts and Sciences. Je suis conscient d’un anniversaire. Ayant connu Itsuo Sakane, théoricien et critique d’art lors de la confection du catalogue d’« Electra », au Musée d’art moderne de Paris, en 1983, j’ai été interrogé par lui lors de mon exposition à ICC, Tokyo, en février 1995, au sujet de son projet de création d’un centre de recherche et d’enseignement des arts des nouveaux médias, dans la préfecture de Gifu. C’est ainsi qu’il m’a invité à exposer et à faire des workshops dans ce IAMAS à partir de juillet 1995.

Une copie à Seto



Samedi 22 février 2025, 14h30, Seto, Aichi. Au musée Seto Gura, une tasse retient l’attention, car elle porte dans ses motifs, le tourbillon vertical qui nous intéresse. La décoration est de limonite, une substance argileuse qui contient des oxydes de fer. Deux heures plus tard, à la poterie qui s’annonce comme « Seto Mingei Kan » (Musée Mingei de Seto), on visite une belle collection qui montre des pièces anciennes, de la fin de l’époque Edo, des outils et des matériaux, des pièces actuelles qui en poursuivent la technique et le style. On comprend que Mizuno Hanjiro, est revenu après 1945 de l’université de Tokyo avec l’idée de placer la fabrique, dont il était le titulaire du nom pour la sixième génération, dans les principes du Mingei, en cultivant ses relations avec Shoji Hamada et Bernard Leach. Et l’on achète une tasse qui est la version actuelle de celle du musée de la ville.

L’assiette emblématique


Samedi 22 février 2025, 14h14, Seto Gura Museum, Seto, Aichi. Dès qu’on se renseigne sur le mouvement Mingei, on voit cette assiette, on retient ce motif. Le cartel ici : « Les assiettes à œil de cheval présentent de trois à dix motifs en spirale peints avec un pigment brun à base de fer et sont recouvertes d’une glaçure à haute teneur en feldspath. Elles ont été fabriquées depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. On dit que le nom vient du fait que le motif en spirale sur l’assiette ressemble à un œil de cheval, et il est devenu l’un des modèles les plus représentatifs de la céramique Seto. »

Imprimer une poterie


Samedi 22 février 2025, 14h, Seto, Aichi. Le musée Seto Gura est un peu plus qu’un musée. Il a des ateliers, des objets qui témoignent de ce qu’était le bâtiment et la ville (un train), une maison de thé, un magasin. Il a des collections intéressantes, pour démontrer l’ancienneté de la céramique ici, première au Japon (1000 ans ?), les étapes historiques vers une diversité des procédés et une industrialisation. Cette machine (des années 50/60) a pour moi une double familiarité : la machine à coudre et la sérigraphie, de ces mêmes dates.