Vue retrouvée


Lundi 14 juillet 2025, 17h, Aix-les-Bains. On y est retourné trois fois depuis le mois de mars. Plusieurs raisons se sont rassemblées. Le point de vue, on disait un peu plus au sud et un peu plus haut, est plus juste quand on est à Pugny, non loin au sud du centre du village. Pourquoi le peintre Carolus-Duran, célébré à l’époque pour ses portraits de bourgeois et de célébrités mondaines, a été amené à peindre cette vue. En 1900, la villégiature à Aix-les-Bains vient de s’étendre vers le mont Revard, par la construction du train à crémaillère. Ce train présente trois arrêts intermédiaires dont un à Pugny, qui a été déterminé par la présence, dans la campagne boisée, de l’hôtel climatérium des Corbières. Carolus-Duran fréquente le beau monde d’Aix-les-Bains, il a fait le portrait de celle qu’on nomme ici Marie de Solms, Marie-Lætitia Bonaparte-Wyse. Il a résidé au climatérium. En montant sur le trajet de la crémaillère, on voit plusieurs vergers. Les pommiers de la peinture pouvaient être là. La vue ne peut pas se confirmer car des chemins bordés d’arbre ont été creusés pour conduire à de nouvelles maisons. On en vient aussi à supposer que, en dépit ou à cause du naturalisme, le peintre a naturellement arrangé son paysage. On le fait aussi un peu avec la nouvelle photo.

Note : https://jlggb.net/blog9/2025/03/23/on-voit-le-lac/

Un premier article : http://jlggb.net/blog4/?p=2000

Vérifié




Samedi 12 juillet 2025, 23h45, Aix-les-Bains. Dans les photos de la famille Nantois-Terrier, l’une d’elles a fait l’aller et retour vers le prisonnier Claude Terrier, à Vienne, en Autriche. Elle montre un moment des vendanges de 1942 à Chindrieux, François Nantois, ses filles Claudine et Rose, sa petite fille Nicole. Mais un autre cliché donne la scène en miroir, à l’envers. L’épreuve « GEPRÜFT » est très abîmée. Trois ans dans le Stalag XVII A. Mais, elle a été reconnue véridique.
Voir : https://jlggb.net/blog9/2024/05/09/concretiser-la-vie-des-objets-ch-159/

Les ramasseuses


Mercredi 9 juillet 2025, 17h, route de Vars, Chindrieux, Savoie. C’est l’été 1942. Son père, François Nantois, a pris une ferme à Vars. Son mari est prisonnier de guerre en Autriche. Claudine est venue participer aux foins avec sa fille Nicole. C’est sa sœur Joséphine qui prend la photo. Sur une précédente épreuve, les silhouettes du Mollard de Vions et du Grand Colombier n’étaient pas visibles. Ici elles ont été découvertes et légèrement renforcées. Aujourd’hui, un examen attentif de l’espace et des lignes d’horizon permet de prendre une vue au cadrage comparable.

La cour de la ferme



Mercredi 9 juillet 2025, 16h, hameau de Vars, Chindrieux, Savoie. Après avoir quitté la ferme du château de La Rupelle, à Saint-Innocent, les grands-parents sont passés par le hameau La Tour de Chindrieux, Drumettaz et Viviers-du-Lac. Puis le grand-père a pris cette ferme de Vars pendant la guerre. François Nantois est ici, en 1942, avec ses filles Claudine et Rose, son fils Jacques et ses petites filles Jacqueline, Claudie et Nicole. Le cheval et le char sont préparés pour les vendanges.

Des fleuristes et des touristes



Dimanche 22 juin 2025, 10h30. Eugène Atget, Marchandes de fleurs, place de la Bastille (à l’angle de la rue de la Roquette et de la rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris), 1898, photographie, tirage sur papier albuminé, réf. ph1224, musée Carnavalet, Paris. Un autre tirage est dans les collections de la Bibliothèque nationale. Cette photo peut être rattachée à la série « Les petits métiers de Paris », si ce n’est que les fleuristes ne sont pas vraiment ambulantes. On a connu cet endroit pour avoir logé non loin, il y a 50 ans. Un cadrage semblable, 127 années plus tard, souligne deux choses : la permanence de ce qui est bâti, le changement des personnes et des véhicules. Le café Rey — qui a récemment changé de nom, en s’ornant de fleurs artificielles Made in China, semblait éternel. Il a donc été précédé par un magasin de couleurs, de vernis et de colles, emblème à l’entrée du Faubourg Saint-Antoine, quartier de l’ébénisterie. Note : c’est en 1912 que Justin Rey, marchand de vins, achète le local des cousins Eugène et Armand Naveau qui, en 1894, avaient repris la Maison Pépin dont l’histoire était marquée par les soulèvements de 1830, 1848 et 1851.

Les bitumiers


Vendredi 20 juin 2025, 20h, Paris. La nouvelle, c’est l’accès en ligne à l’intégralité des photographies d’Eugène Atget conservées en France, sous forme numérique indexée. Les bitumiers (Les gars de la rue), 1899 : l’occasion de publier une photo prise le 25 novembre 2010, rue Roubo, Faubourg Saint-Antoine, Paris, pour les ressemblances qui disent une survivance.

Contre-enquêtes



Mercredi 4 juin 2025, 14h, Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris. Exposition « Mission Dakar-Djibouti [1931-1933] : Contre-enquêtes ». Cartels : 1. Acquise selon des modalités inconnues par André Kiener, directeur des pêcheries à Nouadhibou en Mauritanie, puis donnée à la mission le 29 mai 1931. Cette pointe de flèche en fer est offerte à la mission lors de l’escale du bateau à Nouadhibou avant leur destination finale, Dakar. Datation inconnue. 2. Donnés le 12 décembre 1931 par l’administrateur colonial français Christian Merlo à Porto-Novo au Bénin. 47 objets « saisi[s] fin décembre 1930 par M. Guinault, chef de la subd. de Bopa, au cours d’une affaire de vol » d’après leurs fiches, sont remis à l’administration coloniale française à Porto-Novo. Un an plus tard, l’administrateur Merlo les donne à la mission. Bois, os animal ou humain, métal, verre et divers matériaux organiques composent ces objets destinés à la protection et au succès de son propriétaire initial. Cet ensemble a fait l’objet d’une contre-enquête de 2022 à 2024.

La Famille Soler


Dimanche 25 mai, 16h, Musée Picasso, Paris. Dans l’exposition « L’art “dégénéré” : Le procès de l’art moderne sous le nazisme », Pablo Picasso, La Famille Soler, 1903, huile sur toile, Musé des Beaux-Arts La Boverie, Liège. Confisqué en 1937 au musée de Cologne, ce tableau fait partie de ceux qui entrent dans l’« utilisation » lucrative des œuvres saisies, développée par Goebbels. Il est mis en vente en juin 1939 à la galerie Fischer de Lucerne et acheté par la Ville de Liège. Tableau fascinant, qui nous est aujourd’hui donné à déchiffrer. De ses nombreux déterminants, en voici trois : un portrait de famille commandé par le père, peintre et tailleur à Barcelone, à un Picasso sans-le-sou ; un tableau peint à partir de photographies de studio ; un premier déjeuner sur l’herbe. Et deux interrogations : qu’en est-il de la « neutralité » suisse à la veille de la guerre ? Comment le musée de Liège a-t-il pu le garder dans ses collections ? Les précisions historiques et les réponses à ces questions ne peuvent tenir en quelques mots, deux faits cependant : le galeriste Fischer sera, jusqu’en 1945, le destinataire du plus grand nombre de peintures pillées par le régime hitlérien ; les initiateurs des achats pour Liège ont affirmé leur motivation antinazie, ce qui leur a valu d’être arrêtés et condamnés par les occupants allemands de la Belgique.

Le lavoir de Buissonnière


Vendredi 16 mai 2025, 19h, Annecy. Dans son cadre, l’aquarelle d’Émile Boissier, créée au cours de l’été 1953 à Buissonnière, Vinay, dans l’Isère. C’était « notre lavoir », au dessous de chez l’oncle Henri et la tante Émilie et de l’ancienne ferme des grands parents Jullian. Plus tard, le cousin Dède (André) en transporta la charpente pour en faire un abri au stade municipal qui se trouve à environ 500 mètres au nord.