

Jeudi 6 février 2025, 17h, Musée des céramiques orientales, Osaka. La bouteille est de faïence à l’engobe blanc appliqué sur une pâte d’argile contenant du fer, son décor de vignes est peint en brun de fer sous glaçure, elle date de la seconde moitié du 15e siècle, elle mesure 29 cm. Le pot est de porcelaine, sa moitié inférieure a été recouverte de peinture au fer avant une glaçure transparente, il date du 16e siècle, il mesure 30 cm. Ces pièces ont en commun d’être considérées comme révélatrices d’un « sens artistique avant-gardiste ». L’usage du fer, qui donne une teinte brune proche du noir est caractéristique de la Corée.
Catégorie : Art
Pierre de haïku

Mardi 4 février 2025, 16h, rue Nini Okuno Hosomichi, Ogaki, Gifu. Le long de la rivière Suimon, sur le chemin (touristique) attribué à Basho, l’une des pierres repères portant un haïku, quelque chose comme : « Même si vous ne le savez pas, le jour où vous plantez un bambou est un jour de pluie. » Il est toujours étonnant de voir une calligraphie, la trace d’un instant d’inflexions savantes, minutieusement et patiemment gravée dans une pierre qui apporte sa singularité exagérément matérielle.
Le musée de la mosaïque de Tajimi
Vendredi 31 janvier 2025, 14h, Tajimi, Gifu. Le Mosaic Tile Museum est d’abord l’œuvre en terre ocre de l’architecte Terunobu Fujimori, construit il y a une dizaine d’années. En été, certaines surfaces deviennent vertes. On y voit notamment un white cube dont les murs présentent une collection de carreaux de faïence de Mino, venant de 27 ateliers, dont le bleu est l’argument de leur histoire et de leur réputation.
Les Contes de la lune vague après la pluie

Mercredi 29 janvier 2025, 11h, Omi-Imazu, Lac Biwa côte ouest. Si l’on revient au film de Kenji Mizoguchi, 1953, à tout ce qui a pu compter avec lui pour une passion du cinéma, pour en comprendre les symboles et les lieux, on tente de les retrouver. Ils apparaissent alors dans leur réalité directe, impressionnants de grandeur, de simplicité autant que de mystère.
Rendez-vous
Jeudi 23 janvier 2025, 19h, galerie ddd, Cocoon Karasuma, Kyoto. Il y a 30 ans, lors d’un premier séjour à Kyoto, je fus accueilli et guidé par Takuya Minami, graphiste et ami de Hajime Takeuchi, au sein du groupe d’installations musicales Softpad. C’était en juillet et il était difficile de trouver une chambre. Nous devions filmer un entretien avec Teiji Furuhashi car le groupe Dumb Type devait participer à la Biennale de Lyon en décembre. Le logement de Shiro et Yoko Takatani, de Dumb Type, me fut prêté et ce fut un moment inédit, la découverte d’un intérieur et de tous ses accessoires. Aujourd’hui c’est donc le vernissage d’une exposition où Takuya Minami montre les affiches, les compositions, qu’il a produites pour Dumb Type, pour Ryuichi Sakamoto, pour Shiro Takatani. Ce dernier, après la mort de Teiji Furuhashi en 1995 est devenu le leader de Dumb type mais aussi, individuellement, un artiste d’installations, d’environnements sonores et lumineux montrés un peu partout dans le monde. Il s’est ainsi associé à Fujiko Nakaya pour ses sculptures de brouillard. Ayant travaillé beaucoup avec Ryuichi Sakamoto, il est aujourd’hui sollicité pour les événements qui lui rendent hommage, à commencer par la vaste exposition collective qu’on a vue au MOT de Tokyo. En 2000, il contribua à une installation que j’allais montrer au Kyoto art Center, Le modèle du thé. Akira Asada, le philosophe très en pointe, traducteur de la « French Theory » devait écrire un texte pour le catalogue mais nous fit défaut. Minami en était le graphiste, comme il le sera en 2003 de la très belle version japonaise du CD-Rom Moments de Jean-Jacques Rousseau. Ici, l’exposition est organisée par Chikako Tatsuuma, la responsable de la galerie ddd de Kyoto, attachée à l’entreprise d’impression de reproductions d’œuvres DNP. C’est elle déjà qui m’avait confié le commissariat d’une exposition ayant trait à la question de l’immatériel dans cette galerie, en septembre 2016. Les personnes citées figurent dans la photo de groupe, faite par je ne sais qui. Le portrait de cette jeune femme, je l’ai fait parce que je l’ai reconnue. Elle était, en 1999 à l’Université d’art Seian, à Sakamoto du lac Biwa, dans le workshop sur la vidéo interactive que j’avais nommé « Autoportrait ». Nous avions fait ensemble le prototype initial, amusant, de cette expérience qui associa une quinzaine de personnes, assez douées.
Tadaoto Kainosho
Jeudi 23 janvier 2025, Musée d’art moderne de Kyoto. On découvre 甲斐荘楠音 Tadaoto Kainosho (1894-1978), peintre de Kyoto rattaché généralement au Nihonga. Ce mouvement poursuivant la tradition japonaise pouvait affirmer une modernité qui empruntait à l’occident (Michel-Ange, Léonard de Vinci, etc. ) tout en contrastant avec l’académisme du mouvement Yōga, occidentaliste. On montre ici un détail de son paravent, 「虹の架け橋」Le pont arc-en-ciel, sept beautés, peint de 1915 jusqu’à 1976, un détail de son paravent inachevé 「畜生塚」Monticule animal, vers 1915, et une autre peinture sur soie, l’autoportrait en référence au kabuki「毛抜」Pince à épiler, vers 1915. Sa manière — osée, « sale» —, comme ses thèmes — portraits, scènes de genre —, doivent beaucoup à son goût pour le jeu théâtral, pour les corps et les costumes. Il deviendra de ce fait l’associé de Kenji Mizoguchi pour les costumes de ses films, comme directeur artistique du film Les Contes de la lune vague après la pluie. Une photo de l’équipe de Cinq femmes autour d’Utamaro, en 1946, où figurent seulement deux femmes, le montre souriant au premier rang, alors que Mizoguchi est reconnu à sa casquette et à sa cigarette.
Éclat de l’ombre


Vendredi 17 janvier 2025, 10h. Sumida, Tokyo. C’est ici le quartier où est né et où a vécu Katsushika Hokusai. Le Sumida Hokusai Museum est l’œuvre de Kazuyo Sejima, la célèbre architecte du duo Sanaa. Il se montre comme un bel objet d’aujourd’hui, attirant et protecteur, éclatant et somme toute modeste, heureusement non analogique avec l’œuvre d’Hokusai. Mais l’appareil voit au même instant le dessin de nos ombres.
Tatsuo Miyajima

Jeudi 16 janvier 2025, 17h, Musée d’art contemporain de Tokyo (MOT), Tokyo. Tatsuo Miyajima, Keep Changing, Connect with Everything, Continue Forever, 1998, diodes rouges, 1728 pièces affichant les chiffres de 0 à 9, panneau d’aluminium. Notice : « Tout dans le monde naît, existe un temps, puis disparaît, et ce processus se répète à l’infini. Le temps s’écoule de la même manière pour tout ce qui existe en ce monde, mais la perception du temps diffère selon les entités et les situations individuelles. » En 1989, dans « Les Magiciens de la Terre » au Centre Pompidou, on découvrait cet artiste travaillant le temps, le rythme, la circulation dans l’espace avec des diodes lumineuses. Remarque : c’est aujourd’hui son anniversaire, il est né le 16 janvier 1957.
Hideko Fukushima

Jeudi 16 janvier 2025, 16h30, Musée d’art contemporain de Tokyo (MOT), Tokyo. Hideko Fukushima (1927-1997), Sans titre, 1961, aquarelle sur papier. Un rétrospective lui est ici consacrée. Dans les années cinquante, elle a fait partie du groupe « Atelier Expérimental » qui travaillait à des environnements associant lumière, arts plastiques et musique. Puis elle s’est attachée à l’eau porteuse de couleurs et aux empreintes d’objets pour parler d’une « vie indistincte ».










