
Jeudi 9 mai 2024, 16h30, Aix-les-Bains. L’objet est l’association d’un flacon et d’une préparation liquide. Le bleu de cobalt pour décorer la porcelaine n’est pas une solution, l’oxyde de cobalt, une poudre noire extrêmement fine, est en suspension dans l’eau et se décante rapidement. L’objet s’affiche, s’agite, s’apprête, pour s’employer.
Catégorie : Objet
Assembler (La vie des objets. Ch. 157)

Dimanche 21 avril 2024, 12h, Paris. Le transport depuis Arles montre combien un objet n’est qu’artificiellement isolé, la plupart du temps, pour apparaître dans La vie des objets. Aiguilles de pin, billet des Alyscamps, plume, imprimé du visualiseur de clavier « universel », ont été assemblés sans intention particulière par l’objet actif qu’est la pochette transparente.
Beaux-arts du Havre (Atlas du gobelet)
Université du Havre (Atlas du gobelet)
Église du Havre (Atlas du gobelet)
Trois briques

Samedi 12 avril 2024, 16h, Bourse de commerce, Paris. Peter Fischli & David Weiss, « Trois briques », Plötzlich diese Übersicht, Soudain cette vue d’ensemble, 1981-2012, sculptures, argile non cuite. On avait vu à Venise, en 2013, l’intégralité des modelages qui venait de s’achever, avec la disparition de David Weiss : https://jlggb.net/blog3/?p=6031. Ici, on est désormais dans le passé. Sauf pour ces objets qui ne sont peut-être pas des représentations, qui, dans leur vitrine, existent dans le même temps que les passants. Ils pourraient servir.
Le sucrier venu d’Athènes

Jeudi 11 avril 2024, 17h58, Paris. Depuis plusieurs années, un pot à lait de faïence fine, des années 60, de chez Johnson Bros, le grand, de 30 cl, vert clair, green dawn, de cette teinte douce obtenue en colorant la matière entière qui a donné la suite Dawn, attendait le sucrier de son duo. Ce sucrier s’est montré sur le site Etsy, très abordable, depuis Athènes. Commandé dans la soirée de mardi, il a été à l’agence DHL d’Athènes le 10 avril à 15h58, a embarqué à 20h56, est arrivé à Leipzig à 23h16, est reparti le jeudi 11 avril à 3h49, est arrivé à Paris à 6h19, a rejoint DHL Orly à 8h27, est parti en livraison à 9h39. À 15h24, un message a indiqué qu’il était « à votre disposition à La Machinerie, Relais colis C3140, 10 avenue Parmentier ». Là il a fallu parler un moment, montrer une carte d’identité pour que son colis soit emporté à pied en remontant le boulevard Voltaire vers La Nation.
Apparaître (La vie des objets. Ch. 156)

Mercredi 10 avril 2024, 16h30, Institut suédois, Paris, 4e. Il s’agissait de voir une exposition, mais elle se montre peu intéressante. Dans le salon, des fauteuils apparaissent, comme des Ikea qui seraient brillants. La reconnaissance visuelle dans le iPhone par Google parle d’abord d’une fabrication danoise. Mais la notoriété de Bruno Mathsson, fils d’ébéniste à Värnamo, sur la route de Jönköping (j’y passe en 1963), s’impose avec Wikipedia : « Dès 1931, il dessine pour un hôpital suédois sa première chaise à sangles, ces meubles ergonomiques qui allaient devenir mondialement célèbres. Surnommée ‘sauterelle’ par le personnel du fait de sa ressemblance avec l’insecte, cette première chaise, trop en avance sur son temps, a d’abord été remisée quelque temps à la cave avant de ressurgir. » La façon de bois courbé est exposée à l’Exposition universelle de Paris 1937. La chaise Eva, Work Chair, est achetée pour les espaces publics du MoMA en 1939. Celle-ci est sans doute restée de la rétrospective qui a eu lieu ici en 2006. Son apparition se poursuit lorsqu’elle appelle à être écartée de la table encombrée de revues et de livre pour être prise sur un fond noir en montrant ses bras souples et vigoureux. L’IA Firefly de Photoshop intervient pour ça, répare quelques petits accidents du bois, nettoie le plancher.
Se traduire (La vie des objets. Ch. 155)

Lundi 8 avril 2024, 19h, Paris. Le couteau est venu du Japon par M. Fukushima Koji, dont le stand de brocanteur est très apprécié. Pas cher du tout parce que petit et ordinaire, caché parmi des lames autrement plus puissantes et exotiques. À la maison, il se laisse photographier. Et alors, c’est notre époque, son nom, élégamment inscrit sur l’acier, s’offre traduit, en surimpression : « Forgeron Kanemori ». On en saura peut-être plus.
Rue Toupot de Béveaux (Atlas du gobelet)




Samedi 23 mars, 18h04, rue Toupot de Béveaux, Chaumont, Haute-Marne. Les métadonnées de la situation renvoient à Toupot de Béveaux — un nom qui est d’abord aujourd’hui celui d’une rue, de certaines adresses connues par des gens —, et à La Mie câline — une marque de franchises de viennoiseries et sandwichs précuits surgelés. Mais les données véritables, les circonstances dont les photos sont les témoins, sont autrement subtiles et discrètes.










