
Mardi 21 octobre 2025, 17h, salon Asia Now, Monnaie de Paris, Paris, 6e. Li Fang, Avant l’orage N° 8, 2024, huile sur toile, 97 x 130 cm, galerie Boulakia. Dès que le titre est lu, le flou idyllique des larges traits de couleur savants, trouve son sens dramatique. Li Fang a étudié et enseigné l’art à Nankin, puis elle a trouvé son style en s’établissant à Paris et poursuivant ses recherches à l’Université Paris 1.
Catégorie : Art
Photographier (La vie des objets. Ch. 205)

Jeudi 16 octobre 2025, 17h, Paris. Le livre, monographique, Edward Weston Photographer, The Flame of Recognition, Aperture, New York, 1965 a été acheté au moment de sa parution, à la librairie La Hune, et il est toujours resté accessible. À l’occasion de son soixantième anniversaire, il paraît dans sa sixième édition, mais avec une couverture souple. En tournant les pages — extraits du journal de Weston et choix de ses photographies — les sujets sont : usine, nuages, portraits, nus, coquillage, paysage, légumes, tronc d’arbre, champignon, dunes, graffiti, cabane, poteaux télégraphiques, chaussures abandonnées, water-closet, voiture brûlée, glace en train de fondre, grange, pierre tombale, couple homme et femme, père et sa fille, pélican mort, nu avec masque à gaz, quatre personnes aux fenêtres de la maison, rochers, mer et vague. Le coquillage de la couverture n’est pas un objet ordinaire et ses photographies ont donné lieu à bien des interprétations, sur sa beauté naturelle ou ses effets symboliques. Pour autant, c »est par lui qu’une leçon a été acquise, qui pourrait s’écrire rétrospectivement ainsi : par la photographie, tout peut faire l’objet d’une belle chose.
Edward Weston

Mardi 14 octobre 2025, 18h40, Maison européenne de la photographie, Paris, 4e. Edward Weston, Poivron, 1930, tirage gélatino-argentique d’époque. Ce poivron « numéro 30 » a été, pour Weston lui-même, une œuvre phare. Voici un extrait de ce qu’il en dit, page 32 de la monographie Edward Weston Photographer, The Flame of Recognition, Aperture, New York, 1965 :
August 3rd. Sonya keeps tempting me with new peppers! Two more have been added to my collection. While experimenting with one of these, which was so small I used my 21 cm Zeiss to fill the 8 x 10 size, I tried putting it in a tin funnel for background. It was a bright idea, a perfect relief for the pepper and adding reflected light to important contours. I still had the pepper which caused me a week’s work. I had decided I could go no further with it, yet something kept me from taking it to the kitchen, the end of all good peppers. I placed it in the funnel, focused with the Zeiss, and, knowing just the viewpoint, recognized a perfect light, made an exposure of six minutes, with but a few moments preliminary work—the real preliminary was done in hours passed. I have a great negative—by far the best.
Voir Vallotton : https://jlggb.net/blog9/2025/11/15/poivrons-rouges/
Pour mémoire

Samedi 11 octobre 2025, 12h, Paris. Pour recevoir des archives, la cave est rangée une fois encore. On s’occupait depuis quelque temps de Pékin pour mémoire, avec l’intensité du quarante ans après. Comme par hasard, un sous-verre carré est ressorti : la calligraphie de Zhang Jun, « Terre, Soleil, Ciel, Lune », emblème du projet. Pour être photographiée, elle se trouve appuyée au mur. Et voilà qu’au-dessus d’elle, accrochée depuis des années, c’est la grande affiche créée par Christian Boltanski, son « monumen » à la chapelle de la Salpêtrière, pour le Festival d’automne à Paris de 1986. En acceptant Pékin pour mémoire pour le Théâtre de Chaillot, le directeur du festival nous avait dit que précisément, cette année là, d’autres propositions abordaient la mémoire. Le texte de notre catalogue dit : « Pour cette ville qui se bouleverse irrémédiablement, peut-être est-il bon que vous voyez un peu cela, nos archives, qui auraient pu rester privées. » Pour mémoire : à titre de simple rappel, afin que cela soit retenu.
Il y a quarante ans


Vendredi 19 septembre 2025, midi, Paris. Le 19 septembre 1985, à 12:33, nous arrivons à l’autel du Soleil, au terme d’une marche de deux heures et demie, depuis l’autel de la Terre. Ce trajet a été enregistré à raison d’une photo par minute avec un objectif de 28 mm, parallèlement à des photos de détails « pittoresques » choisis à droite ou à gauche avec un objectif de 50 mm. Il y aura l’après-midi le trajet jusqu’à l’autel du Ciel, puis, le 21 septembre, le trajet de l’autel du Ciel à l’autel de la Lune, et, le 23 septembre, le trajet de l’autel de la Lune à l’autel de la Terre. La somme de ces marches sera de douze heures, pour mille photos, qui donneront le vidéodisque Pékin pour mémoire.
Yan Pei-Ming
Détails de deux peintures voisines


Vendredi 5 septembre 2025, 15h30, Musée Granet, Aix en Provence. Détail de Jacques Louis David (Paris, 1748 – Bruxelles, 1825), Première idée pour le vieil Horace du « Serment des Horaces » (1784), huile sur toile, 1775, 61 x 50 cm. Détail de Jean Auguste Dominique Ingres (Montauban, 1780- Paris, 1867), Jupiter et Thétis, 1811, huile sur toile, 327 × 260 cm. Ingres fut l’élève de David, dont il déplace le réalisme vers le « beau ».
L’atelier des Lauves

Jeudi 4 septembre 2025, 18h20, atelier des Lauves, Aix-en-Provence. Restauré, on peut désormais le visiter. La maison atelier que fait construite Cézanne en 1901 est sur les hauteurs de la ville, entourée d’un jardin foisonnant. La maison semble une simple habitation, mais le premier étage est occupé par une vaste salle au plafond très haut, éclairée au nord par une verrière. Signe impressionnant d’un esprit pratique, elle possède une haute porte étroite qui permet de rentrer ou de sortir de grands châssis. Le gris a été retrouvé, qui laisse intacte les couleurs du paysage.
L’ultime Jardinier Vallier

Jeudi 4 septembre 2025, 15h, Musée Granet, Aix en Provence. Dernier tableau de l’exposition « Cézanne au Jas de Bouffan », Le Jardinier Vallier, vers 1906, huile sur toile, Tate, Londres, il est dit qu’il est le dernier personnage dont Cézanne a fait le portrait. À l’atelier des Lauves, le jardinier Vallier a fait l’objet de plusieurs tableaux. Celui-ci est l’exemple ultime d’un « non fini » qui tend vers l’abstraction.
Nature morte aux pommes


Jeudi 4 septembre 2025, 15h, Musée Granet, Aix en Provence. Dans l’exposition « Cézanne au Jas de Bouffan », Nature morte aux pommes, 1895-1898, huile sur toile, The Museum of Modern Art, New York. Ce tableau nous suggère une hypothèse : Cézanne conduit une instauration en apportant, en disposant, en déplaçant les pommes, la vaisselle, les nappes et les rideaux, tout en répétant dans le plan de la toile la présence de ces objets, de leurs relations, dans son langage de traits de pinceaux et de couleurs. Un tel processus se confirme par le fait qu’il peut s’arrêter, le tableau est « inachevé ». Concrètement ici, le motif de la pomme rencontre son semblable dans la tenture et renonce à se répéter. On l’a vu, une fois encore, à propos du film Le Gai Savoir de Godard à Marseille, il y a quelques jours : un nouveau moyen manifeste sa mise en œuvre efficace, et, en même temps, il engage sa distanciation, sa critique.

