
Mardi 28 janvier 225, 15h, non loin au nord de la gare d’Ogaki. Il est un repère, on l’a vu sous plusieurs angles et on l’a classé parmi les remarquables, les réussis. Des obliques énergiques au sommet, une robustesse proportionnée, une texture de couleur solide, et cette marque de l’architecture de logements au Japon, la colonne d’escaliers extérieurs.
Demeurer (La vie des objets. Ch. 178)



Mardi 28 janvier 2025, 13h, Ogaki, Gifu. Cent vingt pots de terre ou de plastique habitent la terrasse devant la maison, certains sur des étagères. Voilà six semaines qu’ils se prêtent au témoignage photographique de leur immobilité. Sur les images Street View de juillet 2024, il y a six mois, ils sont exactement à la même place. Ils ont bougé lorsqu’ils ont échappé à tout rangement, en 2013 ou 2014, de moins en moins depuis.
Sur le chemin de la philosophie
Rendez-vous
Jeudi 23 janvier 2025, 19h, galerie ddd, Cocoon Karasuma, Kyoto. Il y a 30 ans, lors d’un premier séjour à Kyoto, je fus accueilli et guidé par Takuya Minami, graphiste et ami de Hajime Takeuchi, au sein du groupe d’installations musicales Softpad. C’était en juillet et il était difficile de trouver une chambre. Nous devions filmer un entretien avec Teiji Furuhashi car le groupe Dumb Type devait participer à la Biennale de Lyon en décembre. Le logement de Shiro et Yoko Takatani, de Dumb Type, me fut prêté et ce fut un moment inédit, la découverte d’un intérieur et de tous ses accessoires. Aujourd’hui c’est donc le vernissage d’une exposition où Takuya Minami montre les affiches, les compositions, qu’il a produites pour Dumb Type, pour Ryuichi Sakamoto, pour Shiro Takatani. Ce dernier, après la mort de Teiji Furuhashi en 1995 est devenu le leader de Dumb type mais aussi, individuellement, un artiste d’installations, d’environnements sonores et lumineux montrés un peu partout dans le monde. Il s’est ainsi associé à Fujiko Nakaya pour ses sculptures de brouillard. Ayant travaillé beaucoup avec Ryuichi Sakamoto, il est aujourd’hui sollicité pour les événements qui lui rendent hommage, à commencer par la vaste exposition collective qu’on a vue au MOT de Tokyo. En 2000, il contribua à une installation que j’allais montrer au Kyoto art Center, Le modèle du thé. Akira Asada, le philosophe très en pointe, traducteur de la « French Theory » devait écrire un texte pour le catalogue mais nous fit défaut. Minami en était le graphiste, comme il le sera en 2003 de la très belle version japonaise du CD-Rom Moments de Jean-Jacques Rousseau. Ici, l’exposition est organisée par Chikako Tatsuuma, la responsable de la galerie ddd de Kyoto, attachée à l’entreprise d’impression de reproductions d’œuvres DNP. C’est elle déjà qui m’avait confié le commissariat d’une exposition ayant trait à la question de l’immatériel dans cette galerie, en septembre 2016. Les personnes citées figurent dans la photo de groupe, faite par je ne sais qui. Le portrait de cette jeune femme, je l’ai fait parce que je l’ai reconnue. Elle était, en 1999 à l’Université d’art Seian, à Sakamoto du lac Biwa, dans le workshop sur la vidéo interactive que j’avais nommé « Autoportrait ». Nous avions fait ensemble le prototype initial, amusant, de cette expérience qui associa une quinzaine de personnes, assez douées.
Tadaoto Kainosho
Jeudi 23 janvier 2025, Musée d’art moderne de Kyoto. On découvre 甲斐荘楠音 Tadaoto Kainosho (1894-1978), peintre de Kyoto rattaché généralement au Nihonga. Ce mouvement poursuivant la tradition japonaise pouvait affirmer une modernité qui empruntait à l’occident (Michel-Ange, Léonard de Vinci, etc. ) tout en contrastant avec l’académisme du mouvement Yōga, occidentaliste. On montre ici un détail de son paravent, 「虹の架け橋」Le pont arc-en-ciel, sept beautés, peint de 1915 jusqu’à 1976, un détail de son paravent inachevé 「畜生塚」Monticule animal, vers 1915, et une autre peinture sur soie, l’autoportrait en référence au kabuki「毛抜」Pince à épiler, vers 1915. Sa manière — osée, « sale» —, comme ses thèmes — portraits, scènes de genre —, doivent beaucoup à son goût pour le jeu théâtral, pour les corps et les costumes. Il deviendra de ce fait l’associé de Kenji Mizoguchi pour les costumes de ses films, comme directeur artistique du film Les Contes de la lune vague après la pluie. Une photo de l’équipe de Cinq femmes autour d’Utamaro, en 1946, où figurent seulement deux femmes, le montre souriant au premier rang, alors que Mizoguchi est reconnu à sa casquette et à sa cigarette.
Tokyo Station (Atlas du gobelet)
Les couverts de Sori Yanagi

Mardi 21 janvier 2025, 17h45 magasin Matsuya, Ginza, Tokyo. Sori Yanagi, ensemble de couverts en acier inoxydable, 1974. Pour lui, si la main intervient beaucoup moins dans la fabrication, elle doit s’impliquer dans le processus de conception. On a noté, dans une exposition à la Japan House de Londres en août 2024, comment Yanagi « joue » à découper des formes dans du papier qui le conduisent précisément à ces couverts, découpés dans l’acier. Il est amusant de voir, ainsi mis en scène dans une vitrine luxueuse, des objets qui sont devenus pour nous ordinaires parce que quotidiens.
Librairie ABC
Tuyaux de façade

Lundi 20 janvier 2025, 13h, 15h 45, Daimon-Dori, Nihonbashi, Tokyo. Traits de la physionomie des villes japonaises : façades lisses quadrillées pour la netteté et le temps qui passe ; tuyaux métalliques apparents comme preuve d’une circulation assurée ; miroir de sécurité bordé de hachures jaunes et noires pour la sécurité locale et individuelle ; fragment de verdure au sol.
Le fauteuil Hiroshima encore

Lundi 20 janvier 2025, 15h, Kiyosubashi, Tokyo. Le showroom Maruni est sur notre chemin, pour revoir la calme efficacité du bois assemblé à Hiroshima, le fauteuil Hiroshima, dessiné par Naoto Fukasawa.
2011 : https://jlggb.net/blog2/?p=6435











