Peintre de guerre


Jeudi 29 août 2024, 17h, Tate Britain, Londres. Anna Airy (1882-1964), Shop for Machining 15-inch Shells, Singer Manufacturing Company, Glasgow, 1918, huile sur toile, Imperial War Museums. Extrait de la notice du cartel : «  En 1918, elle devient la première femme peintre de guerre officielle de Grande-Bretagne. Ses toiles de 1,70 m sur 1,80 m représentent la production de munitions et l’industrie lourde liée à la guerre. En 1915, un critique d’art l’avait saluée comme la plus accomplie parmi les artistes femmes.

À écouter



Mercredi 28 août 2024, 12h, Tate Modern, Londres. La grand rétrospective « Yoko Ono. Music of the Mind » s’ouvre sur ce qui est peut-être la pièce la plus simple et la plus convaincante : Telephone Piece, 1964. À intervalles réguliers, un téléphone sonne six fois, est décroché, « Hello. This is Yoko », est raccroché. Ensuite c’est la même chose avec « Moshi Moshi. Yoko desu ».

Une petite poupée du Japon


Samedi 24 août 2024, 16h15, musée d’Ennery, avenue Foch, Paris, 16e. Elle n’était pas pour jouer mais pour célébrer la fête des enfants. L’étiquette surprend, surtout dans les circonstances françaises actuelles. On doit savoir que, dans la hiérarchie du gouvernement japonais, il y avait, avec l’empereur au centre, le ministre de gauche d’abord, puis le ministre de droite. Ce musée en est un parce que Madame d’Ennery, à la fin du 19e siècle, a voulu faire aboutir, sous ce nom, sa passion particulière des collections d’objets chinois et japonais. Ici, aujourd’hui, 7000 pièces, presque exclusivement des figures animales et humaines, achetées, sans jamais voyager ni étudier, souvent par lots, chez des antiquaires, au Bon Marché. Ce musée unique parle avant tout de la façon dont de riches familles parisiennes, proches du pouvoir, firent la promotion des chinoiseries et des japonaiseries.

Monument antinationaliste


Vendredi 23 août 2024, 12h, Paris. Revendiqué par la Suisse comme par la France, l’emmental pourrait échapper à cette forme de nationalisme, parmi tant d’autres, en reconnaissant, comme dans ce projet de monument, la puissance et la beauté d’une coexistence du vide et du plein. NOTES : 1. On sait maintenant que les trous viennent des gaz générés lors de la fermentation par des particules de foin infiltrées dans le lait des vaches. 2. Le morceau ici présent vient d’Étaux, Haute-Savoie, où nous avons eu de la famille dans une fruitière. 3. C’est une tranche de leur emmental aux trous magnifiques qui a créé la photocopie emblématique de l’exposition « Les Immatériaux » de 1985 (https://jlggb.net/blog8/2022/10/23/copier-vie-des-objets-ch-116/)

Rousseau comme maquette


Jeudi 8 août, 14h30, Musée des Beaux-Arts, Chambéry. Je crois que c’est sa statue, dans un virage qui monte en sortant de Chambéry, qui m’a donné à entendre parler de Jean-Jacques Rousseau. Je découvre aujourd’hui la maquette du monument, par Mars-Vallett, 1913 : moins naturaliste dans les matières, enlevée, énergique, plus vivante.

Regarder (La vie des objets. Ch. 170)


Samedi 3 août 2024, 16h, Musée d’art et d’histoire, Genève. L’exposition conçue par Pascal Rousseau, « Archéologie des fluides », « parcourt les collections du MAH en compagnie de Waldemar Deonna [archéologue, directeur du musée de 1922 à 1951], pour saisir ce qui, en dehors des classements conventionnels, pousse ces objets hétéroclites à former une chaîne magnétique dans laquelle l’œil peut faire l’expérience de modes de connaissance ouverts à une circulation libre et réversible dans le temps. » Parmi les bustes antiques et les œuvres précieuses, partageant « l’évidement des yeux, dénominateur commun du magnétisme surnaturel du regard », un regard fascinant, littéralement vide, entré dans la collection on ne sait pourquoi, le Masque de carnaval et de bal costumé, vers 1950, Soleure, papier mâché peint, toile cirée peinte.

Le Bus a 40 ans


Mardi 25 juin 2024, Paris. Le 25 juin 1984, sur un trajet inventé qui va de Saint-Denis à Stains, en passant par Pierrefitte, un travelling de 10 minutes, aller et retour, est enregistré, pour conduire aux portraits photographiques de 120 êtres vivants, selon l’« ARRÊT DEMANDÉ ». Cette installation pour l’exposition « Les Immatériaux », Le Bus ou l’Exercice de la découverte, fondée sur un vidéodisque, a aujourd’hui, dans une forme reconstituée, rejoint les collections du Musée national d’art moderne — Centre Pompidou.