Jeudi 23 janvier 2025, Musée d’art moderne de Kyoto. On découvre 甲斐荘楠音 Tadaoto Kainosho (1894-1978), peintre de Kyoto rattaché généralement au Nihonga. Ce mouvement poursuivant la tradition japonaise pouvait affirmer une modernité qui empruntait à l’occident (Michel-Ange, Léonard de Vinci, etc. ) tout en contrastant avec l’académisme du mouvement Yōga, occidentaliste. On montre ici un détail de son paravent, 「虹の架け橋」Le pont arc-en-ciel, sept beautés, peint de 1915 jusqu’à 1976, un détail de son paravent inachevé 「畜生塚」Monticule animal, vers 1915, et une autre peinture sur soie, l’autoportrait en référence au kabuki「毛抜」Pince à épiler, vers 1915. Sa manière — osée, « sale» —, comme ses thèmes — portraits, scènes de genre —, doivent beaucoup à son goût pour le jeu théâtral, pour les corps et les costumes. Il deviendra de ce fait l’associé de Kenji Mizoguchi pour les costumes de ses films, comme directeur artistique du film Les Contes de la lune vague après la pluie. Une photo de l’équipe de Cinq femmes autour d’Utamaro, en 1946, où figurent seulement deux femmes, le montre souriant au premier rang, alors que Mizoguchi est reconnu à sa casquette et à sa cigarette.
Étiquette : peinture
Alexis Grimou

Dimanche 1er décembre 2024, 13h, musée Réattu, Arles. Ce portrait est de 1720-1730, par Alexis Grimou, 1678-1733. Le cartel dit : « il est moins proche de la tradition française que de l’art flamand, auquel il emprunte ses portraits de buveurs, d’acteurs, de peintres et de militaires, ainsi que des scènes de la vie quotidienne, genre qu’il contribue à initier dans la France de son époque, dominée par les thèmes religieux et mythologiques. »
Paris la nuit ?

Dimanche 24 novembre 2024, Annecy. Étienne Boissier, Constellation, août 2023. Le cadeau d’anniversaire à sa tante. Paris la nuit, 1932, de Brassaï, pourrait être une référence. Mais la couleur, la matière, la manière, une forme d’abstraction paradoxale, apportent tout autre chose. Une forme de présence, de clairvoyance.
Un beau portrait
Marcelle Loubchansky

Vendredi 27 septembre 2024, 16h, Centre Pompidou. Scénographie en spirale, inutilement redondante, de « Surréalisme », à l’image peut-être du surréalisme, mais beaucoup de choses qui ont gagné leur indépendance. Marcelle Boubchansky, Bethsabée, 1956, huile sur toile, Musée Unterlinden, Colmar. D’autres catégories : Nouvelle École de Paris, Nouvelles propositions du réel, Individualités d’aujourd’hui, Abstraction lyrique, Abstraction gestuelle, Tachisme, Nuagisme, Sentiment de la nature, Peinture cinesthésique.
En trompe-l’œil

Mercredi 4 septembre 2024, 16h45, église Sainte-Marguerite, Paris, 11e. La vision de cette chapelle — des Âmes du Purgatoire — est troublante. Puis on perçoit que, si la perspective de la voûte ne s’accorde pas à celle de l’autel qui ouvre sur le grand tableau, c’est que le décor est plat, au même titre que le plafond à caissons et que les colonnades. C’est l’œuvre du décorateur de théâtre et d’hôtels particulier Paolo Antonio Brunetti, en 1761.
Peintre de guerre

Jeudi 29 août 2024, 17h, Tate Britain, Londres. Anna Airy (1882-1964), Shop for Machining 15-inch Shells, Singer Manufacturing Company, Glasgow, 1918, huile sur toile, Imperial War Museums. Extrait de la notice du cartel : « En 1918, elle devient la première femme peintre de guerre officielle de Grande-Bretagne. Ses toiles de 1,70 m sur 1,80 m représentent la production de munitions et l’industrie lourde liée à la guerre. En 1915, un critique d’art l’avait saluée comme la plus accomplie parmi les artistes femmes.
Assiette de Matisse


Mercredi 15 mai 2024, 15h, Fondation Louis Vuitton, Bois de Boulogne. Matisse, Nu féminin, Asnières, 1907, Faïence stannifère [André Metthey], The Museum of Modern Art, New York, achat, 2001 et L’Atelier rouge, huile sur toile, 1911, Issy-les-Moulineaux, The Museum of Modern Art, New York, détail. L’assiette figure dans le tableau manifeste qu’est L’Atelier rouge, elle est une façon pour Matisse de poser un objet décoratif dans un art qui est lui-même l’affirmation du pouvoir poétique du motif décoratif. On voit dans nombre de ses peintures des poteries qui lui sont familières. La frise de fleurs à cinq pétales — ciste à fleurs blanches — est aussi celle du grand nu au fond rose, peinture absente de la reconstitution faite par le MoMA et la Fondation, car Matisse a voulu qu’elle soit détruite après sa mort.
Reflet
Le Retour de Mickey

Mardi 20 février 2024, 16h30, MAC VAL, Vitry. Bernard Rancillac, Le Retour de Mickey, huile sur toile, 1964, 300 x 250 cm, Collection Musée d’art contemporain du Val-de-Marne. Dans un premier temps, pour se situer dans l’« Avant-garde », Rancillac travaille une peinture abstraite. Mais, avec d’autres, dans les années soixante, il s’engage dans une figuration qui sera nommée « Mythologies quotidienne », puis « Figuration narrative ». Cette peinture monumentale, est une transition : les masses de couleur marquées par le pinceau, librement abstraites, sont qualifiées par le dessin de figures empruntées à la bande dessinée, à la publicité, aux images d’actualité. Et ce Mickey amaigri, portant le bol de riz à la chinoise, dans un chaos de choses indéfinies, apparaît comme une critique politique des États-Unis.






