Actualité du KAC


Samedi 8 mars 2025, 13h30, Kyoto Art Center, Muromachi Dori, Kyoto. Coïncidence, l’exposition en cours, « Pot Luck Spaghetti » installe dans la salle un ensemble de tableaux scolaires, alors que mon exposition « L’Exercice du moment », au même endroit, en 2000, se dépliait sur une série de tables d’écoliers. Peut-être la même idée d’interactions artistiques « didactiques » ou « pseudo-didactiques ». Plus encore, c’est pour le 25e anniversaire du centre que Throwing Spaghetti, un groupe de 11 artistes nés vers 2000, fondé comme « espace de discussion », est invité « à développer et à pérenniser leur forum à travers des expositions et d’autres projets. Faire bouillir des spaghettis en les tordant avec les mains avant de les jeter dans la casserole. » Le propos s’annonce ainsi : « Depuis son ouverture en 2000, le Centre d’Art de Kyoto s’efforce d’être un lieu public où des personnes aux valeurs et aux origines culturelles différentes peuvent interagir. Cependant, existe-t-il une interaction plus profonde entre les personnes ? Avec Throwing Spaghetti, seront repensés le rapprochement, la communication et l’interaction entre ceux qui partagent des valeurs différentes. »

Mai Yamashita et Naoto Kobayashi


Mercredi 5 mars 2025, 15h, Takamatsu Art Museum, Kagawa. Le musée est réputé pour ses collections d’œuvres du groupe Gutai, mais aucune n’est exposée. Les jeunes artistes de l’exposition « The Contour of Me » sont alors regardées sous l’angle de leurs parentés avec Gutai : le corps et sa perception comme outil performatif. Mai Yamashita (née en 1976) et Naoto Kobayashi (né en 1974) insistent sur leur long partage du travail. Around the Corner évoque les coins des pièces qui se répètent à l’identique lors de leurs voyages. Les projections montrent, en direct, des coins de chez-eux. Pour How Beautiful The World Could Be, ils ont produit une bicyclette dont les roues portent des leds affichant des mots qui interrogent le paysage.

Persévérer (La vie des objets. Ch. 182)


Jeudi 13 février 2025, 15h30, Université d’art et design de Nagoya. On constate que l’ancienne table scolaire est ici aussi « à la retraite », mais encore présente et active pour la collectivité. Elle est de la marque Kokuyo, notre préférée pour les cahiers. C’est elle, en plusieurs exemplaires, qui était dans notre exposition « L’Exercice du moment » au Kyoto art center en 2000.
Voir : https://jlggb.net/blog9/2025/03/08/actualite-du-kac/

Un feu en forme de puits


Mercredi 29 janvier 2025, 16h, Yamashina, Kyoto. Il nous vient à l’idée, dans notre tour du lac Biwa, de voir un sanctuaire shinto que notre collègue Hiroshi Yoshioka a mentionné pour le jour de l’an. Le Moroha-jinja se trouve tout près de chez lui et près du canal de Biwa, qui, à Kyoto, est suivi par le Chemin de la philosophie. Après avoir remarqué des bûches empilées en carré, nous lui avons demandé de nous en donner la signification. « Ils font un feu de joie avec de vieux talismans et d’autres choses. Pour cette raison, le bois est disposé en forme de puits. » Ce puits se trouve donc dans la raison de notre promenade, complexifiant encore la figure placée en tête de l’inventaire des motifs du soba choko : # (croisillon, hashtag).
Voir : https://jlggb.net/blog9/2025/03/04/figure-du-puits/
ET : https://jlggb.net/blog9/2025/02/10/table-ronde/

Significations du puits



Vendredi 8 novembre 2024, 16h, École d’art et de design, Orléans. Ici c’est un élément pratique d’exposition, on ne sait pas laquelle. Mais dans notre esprit c’est d’abord le # (croisillon, hashtag), motif présent dans la céramique, en Chine, au Japon, et que nous avons pris comme emblème de notre affaire Soba Choko. Dans l’écriture, ce signe veut dire le puits. Il semble que le symbole est tragique en Chine, pour dire jeter, ou se jeter, dans le puits. Au Japon, on entend d’abord les bienfaits de l’eau, des rencontres, et c’est d’abord l’architecture de la margelle. Dans Les contes de la lune vague après la pluie (Ugetsu, 1953), de Kenji Mizoguchi, c’est un travelling fugitif qui assemble les deux significations. Le trait redoublé signifie la bienveillance et la chance.
Voir : https://jlggb.net/blog9/2025/03/04/figure-du-puits/
Et : https://jlggb.net/blog9/2025/01/29/un-feu-en-forme-de-puits/

Portrait d’Eve Fairfax


Vendredi 30 août 2024, 11h, Victoria & Albert Museum, Londres. Chaque fois qu’on entre ici, on est d’abord arrêté par la présence d’êtres de terre, de pierre ou de bronze. La collection unique de sculptures d’Auguste Rodin que le musée possède vient du don que l’artiste a fait au moment de la guerre de quatorze. En 1902, ce portrait répond au souhait d’Eve Fairfax : « Je veux que mon buste soit l’un des plus beaux que vous ayez jamais réalisés ». La jeune anglaise de 30 ans devient son amie et son modèle pour plusieurs belles sculptures. Elle a vécu jusqu’à 107 ans, donc 61 ans après la disparition de Rodin.

Monument antinationaliste


Vendredi 23 août 2024, 12h, Paris. Revendiqué par la Suisse comme par la France, l’emmental pourrait échapper à cette forme de nationalisme, parmi tant d’autres, en reconnaissant, comme dans ce projet de monument, la puissance et la beauté d’une coexistence du vide et du plein. NOTES : 1. On sait maintenant que les trous viennent des gaz générés lors de la fermentation par des particules de foin infiltrées dans le lait des vaches. 2. Le morceau ici présent vient d’Étaux, Haute-Savoie, où nous avons eu de la famille dans une fruitière. 3. C’est une tranche de leur emmental aux trous magnifiques qui a créé la photocopie emblématique de l’exposition « Les Immatériaux » de 1985 (https://jlggb.net/blog8/2022/10/23/copier-vie-des-objets-ch-116/)