Une copie à Seto



Samedi 22 février 2025, 14h30, Seto, Aichi. Au musée Seto Gura, une tasse retient l’attention, car elle porte dans ses motifs, le tourbillon vertical qui nous intéresse. La décoration est de limonite, une substance argileuse qui contient des oxydes de fer. Deux heures plus tard, à la poterie qui s’annonce comme « Seto Mingei Kan » (Musée Mingei de Seto), on visite une belle collection qui montre des pièces anciennes, de la fin de l’époque Edo, des outils et des matériaux, des pièces actuelles qui en poursuivent la technique et le style. On comprend que Mizuno Hanjiro, est revenu après 1945 de l’université de Tokyo avec l’idée de placer la fabrique, dont il était le titulaire du nom pour la sixième génération, dans les principes du Mingei, en cultivant ses relations avec Shoji Hamada et Bernard Leach. Et l’on achète une tasse qui est la version actuelle de celle du musée de la ville.

L’assiette emblématique


Samedi 22 février 2025, 14h14, Seto Gura Museum, Seto, Aichi. Dès qu’on se renseigne sur le mouvement Mingei, on voit cette assiette, on retient ce motif. Le cartel ici : « Les assiettes à œil de cheval présentent de trois à dix motifs en spirale peints avec un pigment brun à base de fer et sont recouvertes d’une glaçure à haute teneur en feldspath. Elles ont été fabriquées depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. On dit que le nom vient du fait que le motif en spirale sur l’assiette ressemble à un œil de cheval, et il est devenu l’un des modèles les plus représentatifs de la céramique Seto. »

Imprimer une poterie


Samedi 22 février 2025, 14h, Seto, Aichi. Le musée Seto Gura est un peu plus qu’un musée. Il a des ateliers, des objets qui témoignent de ce qu’était le bâtiment et la ville (un train), une maison de thé, un magasin. Il a des collections intéressantes, pour démontrer l’ancienneté de la céramique ici, première au Japon (1000 ans ?), les étapes historiques vers une diversité des procédés et une industrialisation. Cette machine (des années 50/60) a pour moi une double familiarité : la machine à coudre et la sérigraphie, de ces mêmes dates.

Traces de Gutaï



Jeudi 20 février 2025, 17h, pinède de Ashiya. La manifestation artistique de 1956, montée par le groupe Gutaï, en particulier Jiro Yoshihara, chez lui à Ashiya, manifestait un art concret, un art de l’incorporation des matériaux travaillés en plein air. Ce qu’on a compris du groupe (1953-1972) pourrait être reconnu dans les formes végétales de la pinède. On note le sol, la terre, le sable, constamment balayés.

Pancarte d’autorisation


20 février 2025, 16h30, musée d’ Ashiya. Le petit musée municipal est vivant, il est occupé en ce moment par une foule de jolis travaux artistiques d’écoliers, qu’il est interdit de photographier. La petite salle consacrée à l’archéologie du lieu s’ouvre par cette pancarte. La qualité reconnue aux Japonais, de politesse et de discipline, s’accompagne d’une grande liberté d’entrer et sortir, par exemple d’une bibliothèque, comme par la rareté des vols. Le contrôle existe, mais il n’est pas directement visible. On peut penser qu’il est dans les nombreuses têtes, plus que dans les nombreuses caméras de surveillance. Il en résulte aussi un surnombre d’écriteaux, de signaux, de recommandations, de règlements, et donc une omniprésence de supports et de suspensions. L’autorisation est devenue ici incitation.

La pinède retrouvée



Jeudi 20 février 2024, 14h30 — 17h, Ashiya, côte de la mer intérieure, entre Kobe et Osaka. Liliane cherche le lieu d’une performance du groupe Gutaï [具体] en 1956, dont elle a une photo. Passage obligé entre le nord-est du Japon et le sud-ouest, la bande entre la mer et la montagne est occupée par des autoroutes et des voies ferrées. Pourtant, ce long et étroit parc descendant, planté depuis très longtemps de pins est accueillant et élégant. Il aurait échappé aux bombes américaines de 1945. On vérifie que pinède d’Ashiya était d’abord et reste aujourd’hui un parc de loisirs, un terrain de jeux, et que c’est précisément pour cela qu’il fut un lieu de performance artistique.

Tsuruko Yamazaki


Jeudi 20 février 2025, 13h, Musée des beaux-arts de la préfecture de Hyogo, Kobe. Tsuruko Yamazaki (1925-2019), Sans titre, laque sur toile, 1958. Elle a eu, à partir de 1947 à Ashiya, Jirō Yoshihara (1905-1972) comme professeur. Elle va participer avec lui à la fondation et à l’activité du groupe Gutai (1954-1968). Cette peinture s’inscrit dans l’esprit d’« inattendu » qu’elle met en œuvre alors.

Béton caressé


Jeudi 20 février 2025, 12h40, Hyogo Prefectural Museum of Art, Kobe. Les surfaces de béton ponctuées de la trame des creux de tirants de banches sont la signature de Tadao Ando. Plus encore que par les lumières qui ont fait sa renommée, on est attiré par la douceur au toucher de son béton lisse et délicat. Cette sensation est dans le souvenir de l’hôtel musée Benesse House de l’île de Naoshima, du 21_21 Design Sight de Tokyo, du Vitra de Bâle, du Palazzo Grassi et de la Pointe de la Douane à Venise, de la Bourse de Commerce à Paris. Il y a trente ans, les dommages énormes du grand tremblement de terre de Kobe ont détruit de très nombreux immeubles dont les premières réalisations de Tadao Ando. Il fit alors don du prix Pritzker, qu’il avait obtenu cette année-là, pour une reconstruction de meilleure qualité. Ici, l’immense musée de Kobe, construit en 2002 devant la mer, témoigne aussi de son attention.