Attendre (La vie des objets. Ch. 152)


Lundi 4 mars 2024, 12h30, Aix-les-Bains. Il est entendu que des êtres vivants peuvent être parmi les objets. Cependant, leur vie en tant qu’objet ne coïncide que pour une part avec leur vie naturelle. Le rendez-vous était à 12h45 à la piscine. Mais la batterie de l’auto était trop faible. Il a fallu un temps pour trouver le chargeur, pour dérouler le câble électrique depuis la cave, pour comprendre que le fusible du chargeur devait être remplacé. Puis il a fallu attendre que l’aiguille passe du rouge au milieu du jaune. Alors un tour dans la partie de la cour au soleil a produit une surprise : le long du muret, des violettes en nombre, fraîches, vives, à portée de main. Un petit bouquet dans la main gauche, le iPhone en position macro dans la main droite, la photo envoyée pour dire « J’arrive ».

Dénouer (La vie des objets. Ch. 151)


Vendredi 1er mars 2024, 21h45, TGV de Paris à Aix-les-Bains. Elle a été vue entre les mains d’une enfant qui jouait alors que ses parents s’apprêtaient à descendre à Mâcon. Ils se trouvaient dans ce train par erreur, l’ayant pris à la dernière minute pour celui qui partait vers Montbard. Il a fallu une heure pour désentrelacer les fines mailles métalliques, en gardant à l’esprit qu’elles n’ont pas de vrais nœuds. La découpe calligraphique tente d’être déchiffrée par l’analyse de son image sous Google. Dans une centaine de propositions d’images, une seule présente le motif. Mais il n’est pas directement traduisible. La photo est sur un compte Face Book. Elle provient de la bijouterie Le Rivage, à Ben Aknoun, à l’ouest d’Alger, et elle donne l’occasion d’un cœur à l’intention de صوفي, une Sofia reconnue. On est à Guelma, à l’Université francophone du 8 mai 1945. On sait quelque peu des manifestations d’indépendance cruellement réprimées dans le Constantinois, Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai et après. On lit Wikipédia qui l’explique longuement. Une minuscule plaque de la chaine porte la mention : ITALY S925.

S’appeler (La vie des objets. Ch. 150)


Jeudi 29 février 2024, 23h, Paris. Elle a été obtenue à Kyoto, dans un FamilyMart (konbini ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7) et elle vient de réapparaître ce soir. On vérifie que le mot spork qui revient en la regardant est bien son nom en anglais, comme spoon et fork. La dire deux en un, l’appeler vraiment cuillère-fourchette ou fourchette-cuillère, sont des façons d’éviter le qualificatif pseudoscientifique aujourd’hui à toutes les sauces, alors qu’on a connu la vérité du mulet. La guerre l’est peut-être. Mais on entend trop cette façon de désigner, sans le dire, le « pure race ».

Crassulas du Vertbois


Dimanche 25 février, 15h, rue du Vertbois, Paris, 3e. Interpellation d’un duo de crassulas, comme souvent, derrière leur vitre, et ici soulignées par les lettres qu’elles suscitent. On l’a dit, toute crassula est l’occurrence d’une colonie dispersée dans le temps et dans l’espace. Pour autant, l’ubiquité obtient des adresses forcément particulières, nommables, saisissables.

Suspendre (La vie des objets. Ch. 149)


Dimanche 25 février 2024, 12h30, Paris. Objet, au Japon, d’un goût avoué pour les câbles de cimaises réglables, pour les moyens de suspendre proprement, Power nano wire entre dans « La Vie des objets » au titre de la faculté qu’ont véritablement, et celui-ci, aristocratiquement plus que d’autres, à agir comme sujet.

Rue Chevreul (Atlas du gobelet)





Samedi 24 février 2024, 16h30, rue Chevreul, Paris, 11e. L’Atlas du gobelet vérifie un principe d’archivage qui semble prévaloir aujourd’hui. Lorsqu’un ensemble de documents parvient en un lieu d’archivage, il convient de préserver les indications de leurs provenances, les circonstances de leur production et de leur collecte, plutôt que de les distribuer dans les cases de ce qui apparait comme leur « contenu » spécifique.
xxx

Robert Malaval


Mardi 20 février 2024, 17h, MAC VAL, Vitry. Robert Malaval, Amalia Nuit, 1977, acrylique et paillettes sur toile. Souvenir du moment, fin des années soixante, où l’attitude et les interventions de Malaval me donnent le goût de l’art en train de se faire. Souvenir de son grand tableau dans le petit bureau de Marie-Odile Briot au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, dans la préparation d’« Electra », 1982 et 1983.

Le Retour de Mickey


Mardi 20 février 2024, 16h30, MAC VAL, Vitry. Bernard Rancillac, Le Retour de Mickey, huile sur toile, 1964, 300 x 250 cm, Collection Musée d’art contemporain du Val-de-Marne. Dans un premier temps, pour se situer dans l’« Avant-garde », Rancillac travaille une peinture abstraite. Mais, avec d’autres, dans les années soixante, il s’engage dans une figuration qui sera nommée « Mythologies quotidienne », puis « Figuration narrative ». Cette peinture monumentale, est une transition : les masses de couleur marquées par le pinceau, librement abstraites, sont qualifiées par le dessin de figures empruntées à la bande dessinée, à la publicité, aux images d’actualité. Et ce Mickey amaigri, portant le bol de riz à la chinoise, dans un chaos de choses indéfinies, apparaît comme une critique politique des États-Unis.

Toucher l’insensé


Jeudi 15 février 2024, 19h, Palais de Tokyo, Paris. Michel François, détail de l’installation des échanges avec les détenus-patients du centre psychiatrique médico-légal De Kijvelanden (Rotterdam), 1996-1997. « Toucher l’insensé », exposition collective, Palais de Tokyo, François Piron commissaire.

Dimanche 12 février 1984


Lundi 12 février 2024. Cette photo est dans un cadre depuis des années. Aujourd’hui, la date qui fut inscrite dans la pellicule offre un anniversaire. Elle fut prise dans un café proche de la Maison de la radio, Paris 16e, (la brasserie Les Ondes), alors qu’on revenait du Musée d’art moderne de la Ville où se tenait l’exposition « Electra ».