Quand les attitudes deviennent forme


Mercredi 14 mai 2025, 14h, rue Leschot, Les Philosophes, Genève. À l’entrée de l’immeuble, un panneau a été enlevé alors que le mur avait été enduit et repeint. En avril 1969, à la Kunsthalle de Berne, je vois « Quand les attitudes deviennent forme », exposition conçue par Harald Szeemann. Elle restera avec un avant et un après. Les propositions sont fabriquées sur place. Lawrence Weiner détache avec un burin le plâtre d’un mur de l’escalier, sur un carré d’un mètre de côté. Filmé par la télévision, il dit en substance : « Elle n’est pas précieuse et unique, elle est la même partout où elle est faite, d’autres peuvent la faire, elle est là pour être présentée, elle est intéressante à regarder, vous pouvez la garder en mémoire le reste de votre vie. »

Ail des ours



Mardi 13 mai 2025, 16h, Aix-les-Bains. Fleur collective de sous-bois, blancheur étoilée qui capte le regard, elle est portée par son nom. Rapportée en nombre avec sa réputation de bienfait, elle se plaît, tournée vers la fenêtre, dans la pénombre de la chambre, pour émettre son parfum vivace.

Points de fuite (2)


Mardi 13 mai 2025, midi, Promenade du bord du Lac, boulevard Jean Charcot, Tresserve, Savoie. On revient sur un lieu et sur une expérience. Parce qu’un paysage lacustre offre l’exception d’une parfaite droite horizontale, on fait deux prises de vues à ajouter, l’une pour le pan de montagne, l’autre pour la surface du lac. Le même dispositif optique, la même perspective, donne deux plans distincts : vertical et horizontal, un plan frontal et un plan fuyant, une sensation de profondeur.
Voir :
https://jlggb.net/blog9/2024/10/05/points-de-fuite-1/
https://jlggb.net/blog9/2025/07/09/points-de-fuite-3/

Transporter (La vie des objets. Ch. 188)


Mardi 15 avril 2025, 14h, exposition « Matisse et Marguerite », Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Regarder avec insistance cette toile comme un objet. Lire son cartel : « Henri Matisse, Marguerite, Collioure, hiver 1906-1907 ou printemps 1907, Huile sur toile, Musée national Picasso – Paris, Donation Picasso, 1978, Collection personnelle Pablo Picasso. Imitant la maladresse d’une écriture enfantine qui cherche à rester droite sans y parvenir, Matisse a inscrit ‘Marguerite’ au-dessus de ce portrait de sa fille. Un épais cerne noir dessine la figure et encadre l’ensemble de la composition. La concision radicale du tableau fit l’objet de sarcasmes de la part des contemporains de Matisse, qui moquèrent son apparence élémentaire et candide. La toile fascina Picasso, qui l’échangea avec l’artiste contre une nature morte cubiste et la conserva jusqu’à la fin de sa vie. » Renseigner encore l’objet : œuvre exposée (d’ordinaire) au Musée Picasso, premier étage, salle 3, 65,1 x 54 x 2 cm. Le qualifier : transport affectif.

On voit le lac



Dimanche 23 mars 2025, 14h, Pugny-Chetenod, Savoie. Une promenade au-dessus d’Aix-les-Bains nous fait apparaître une vue qui rappelle une peinture. Étant déjà publiée en 2014, Carolus-Duran (1837-1917), Les pommiers en Savoie, vue sur le lac du Bourget, huile sur toile, 1900, dépôt du musée d’Orsay, on peut chercher le point de vue du peintre. Difficile, mais le résultat est satisfaisant. Sans doute un peu plus au sud et peut-être un peu plus haut. La prochaine fois on trouvera le champ de pommiers.
Voir la suite, 14 juillet : https://jlggb.net/blog9/2025/07/14/vue-retrouvee/