



Jeudi 29 août 2024, 10h26, Hanbury Street, Whitechapel, Londres. Entre Brick Lane et Spital Street. Quartier historiquement misérable. En partie touché aujourd’hui par une gentrification.
Catégorie : Histoire
Fournier Street

Jeudi 29 août 2024, 9h, Fournier Street, East End, Londres. Il y a dix ans, on avait déjà remarqué — et photographié –, ces portes symétriques : https://jlggb.net/blog4/?p=1896. On voulait voir le quartier de Spitalfields et de Brick Lane. On avait retenu ce nom français. Internet abonde en informations, y compris pour raconter comment les maisons géorgiennes de cette rue ont été achetées et rénovées depuis une quarantaine d’années, peut-être comme ce que l’on a connu à Paris dans le faubourg Saint-Antoine, mais avec plus d’authenticité. Des artistes y ont installé leurs ateliers, à commencer par Gilbert & George. « Spitalfields’ historic association with the silk industry was established by French Protestant refugees who settled in this area after the Revocation of the Edict of Nantes in 1685. The Huguenots brought with them little, apart from their skills ». Fournier est le nom de l’un d’eux, riche, qui participa à la construction de la rue, dans les années 1720. Au-dessus, les deux étages ont de vastes fenêtres pour les ateliers. Avec le déclin de l’industrie de la soie au 19e siècle, le quartier devient celui d’une grande communauté juive. Au bout de la rue, la Neuve Eglise de 1743 est transformée en Synagogue en 1898, puis en Grande Mosquée dans les années 1970. La plaque de rue porte sa transcription en bengali.
À écouter


Mercredi 28 août 2024, 12h, Tate Modern, Londres. La grand rétrospective « Yoko Ono. Music of the Mind » s’ouvre sur ce qui est peut-être la pièce la plus simple et la plus convaincante : Telephone Piece, 1964. À intervalles réguliers, un téléphone sonne six fois, est décroché, « Hello. This is Yoko », est raccroché. Ensuite c’est la même chose avec « Moshi Moshi. Yoko desu ».
Rousseau comme maquette

Jeudi 8 août, 14h30, Musée des Beaux-Arts, Chambéry. Je crois que c’est sa statue, dans un virage qui monte en sortant de Chambéry, qui m’a donné à entendre parler de Jean-Jacques Rousseau. Je découvre aujourd’hui la maquette du monument, par Mars-Vallett, 1913 : moins naturaliste dans les matières, enlevée, énergique, plus vivante.
Anéantir (La vie des objets. Ch. 169)

Samedi 3 août 2024, 14h, Musée d’ethnographie de Genève. Dans l’exposition « Mémoires — Genève dans le monde colonial » — qui déclare l’entreprise de « décoloniser le musée » —, une carte de visite d’Adolphe Audéoud porte : « fouet à captifs usagé, Haut Sénégal 1893 ». Cet agronome (1866-1968) militait contre la prostitution avec l’Association abolitionniste genevoise. Selon lui, une telle volonté d’anéantissement devait s’inspirer de celle de l’esclavage en Afrique.

Signe : « Certains contenus présentent des images ou des termes à caractère raciste et discriminant ».
Demander (La vie des objets. Ch. 167)

Dimanche 30 juin 2024, 12h, Paris. Objet technique, utile, familier. Et historique car ce boîtier d’autobus provient de la RATP, élément de l’installation créée collectivement à partir du département Arts de l’Université Paris 8, en 1984, pour l’exposition « Les Immatériaux » du Centre Pompidou : Le Bus ou l’Exercice de la découverte. Relationnel et performatif, par le geste du doigt, par les mots, pour indiquer, pour obtenir une réponse, pour descendre, pour s’approcher et regarder. Image publiée aujourd’hui sur les réseaux, les circonstances lui apportent un sens particulier. Arrêter c’est d’abord, paradoxalement, contredire le « pétrifier » qui s’annonce. Car « être à l’arrêt est le contraire de l’histoire. L’histoire est un élan, un espoir, une manière de se libérer. » Mots de l’historien Patrick Boucheron, émission de débat « C’est ce soir », France 5, jeudi 27 juin 2024.
Le Bus a 40 ans

Mardi 25 juin 2024, Paris. Le 25 juin 1984, sur un trajet inventé qui va de Saint-Denis à Stains, en passant par Pierrefitte, un travelling de 10 minutes, aller et retour, est enregistré, pour conduire aux portraits photographiques de 120 êtres vivants, selon l’« ARRÊT DEMANDÉ ». Cette installation pour l’exposition « Les Immatériaux », Le Bus ou l’Exercice de la découverte, fondée sur un vidéodisque, a aujourd’hui, dans une forme reconstituée, rejoint les collections du Musée national d’art moderne — Centre Pompidou.
Coteaux Beauclair (Atlas du gobelet)
Retour déchiffré

Dimanche 16 juin 2024, 14h40, La Boissière, Rosny-sous-Bois, Seine-Saint-Denis. Au 1 rue Newton, on compte les étages et les années, 9e, 1975-1985. Mais on est arrivé non pas par le bus 301 mais par la ligne 11 qui vient d’être prolongée de 6 stations, dont La Dhuis qui est sur le terrain même de la résidence aux 9 tours. Une coïncidence surprenante nous a conduits à ce retour.
Scolaire

Samedi 8 juin 2024, 16h, exposition « L’Enfance du design », Musée d’art moderne, Centre Pompidou, Paris. Arne Jacobsen, Bureau d’écolier, Chaise 3105, vers 1950. Lui aussi des années cinquante, le souvenir de ma classe est un bureau moderne de bois et d’acier, deux places, table et chaises d’une seule pièce, où l’on se sentait prisonnier, à deux. Mais le modèle danois chic et individuel était-il plus favorable à un esprit scolaire ?


