Retour au Barbican


Jeudi 29 août 2024, 11h. Barbican Centre, Londres. Ce n’était pas particulièrement prévu, mais la station de métro Barbican se trouvait sur notre route. Il est dit que l’on rejoint cette forteresse brutaliste « comme en pèlerinage ». La dernière fois, il y a dix ans, c’était pour voir, dans le Centre culturel, Digital Revolution, une exposition bilan, historiquement un peu tardive, avec notre ami Daniel, pour préparer Shortcuts à Bienne, au musée Pasquart. On est dans une rue normale puis un passage dans un haut mur anonyme débouche sur un monde urbain à part, coupé du reste, vaste, complexe, d’une unité d’aspect sans égal. Construit en 23 ans, inauguré en 1982, le Barbican est sur un site antique, poste militaire au Moyen-Âge, bombardé durant la guerre. Des salles de concert, de théâtre et de conférence, 2000 appartements et maisons pour les plutôt riches, une serre tropicale, etc. Ce phare de la modernité est vieillissant, intéressant pour ça. Avec un peu plus de verdure, il semble une utopie fatiguée.

Attacher (La vie des objets. Ch. 174)


Jeudi 29 août 2024, 10h, station Angel, Islington, Londres. L’objet est le logo des transports publics londoniens, cercle rouge vif barré d’un nom en blanc sur fond bleu sombre, dans la célèbre typographie d’Edward Johnston, qui a lui-même défini ce logo, de 1913 à 1916. Le reproduire pour le documenter serait peu au regard de sa rencontre dans les profondeurs du Tube. Bien plus que le lire, et la collection de ses noms propres s’identifie résolument, le fréquenter, le voir vivre, le vivre, est la façon première de s’attacher à des lieux, à des trajectoires, aux mailles de la ville.

État des lieux


Jeudi 22 août 2024, 13h30, rue de Montreuil, Paris 11e. La ville « déserte » favorise les sorties de l’inaperçu ordinaire. On remarque cette vitrine sans produits mais avec, peut-être, des symboles, sous l’enseigne « États des lieux locatifs ». Reflet de la vitrine d’en face : « Estimation ». Quelle note lui mettre ? Nombre de plantes : une vingtaine ; variété : une douzaine ; rares : non ; composition : un certain équilibre mais dissymétrie banale — il n’est pas question d’ikebana — ; encadrement métallique et vis apparentes, solidité et frontalité assurées ; effet kitsch positif. Un peu mieux qu’assez bien : 13/20.

Retour déchiffré


Dimanche 16 juin 2024, 14h40, La Boissière, Rosny-sous-Bois, Seine-Saint-Denis. Au 1 rue Newton, on compte les étages et les années, 9e, 1975-1985. Mais on est arrivé non pas par le bus 301 mais par la ligne 11 qui vient d’être prolongée de 6 stations, dont La Dhuis qui est sur le terrain même de la résidence aux 9 tours. Une coïncidence surprenante nous a conduits à ce retour.

Acclimatation


Mercredi 15 mai 2024, 16h40, Bois de Boulogne, Jardin d’acclimatation. En 1860, il s’agissait probablement d’acclimater des plantes, venues de colonies. Il y a eu, vers 1970, l’aboutissement du musée des Arts et traditions populaires. Maintenant c’est un milliardaire qui construit et reconstruit des musées. Et le climat change vite.