Pousser une porte à Nagoya





Lundi 30 décembre 2024, 15h – 16h, quartier Sakae, Nagoya. On aperçoit des tables et une cuisine et on pousse la porte. Il y a vraiment au Japon deux sortes de restaurants, ceux qui sont très ouverts et ceux qui sont cachés. Les deux exemples sont là côte à côte. Ici, à peine plus de douze places, y compris au comptoir qui donne sur la cuisine où s’affairent deux jeunes hommes. À voir le grand bouquet de fleurs au centre du petit espace et la serveuse qui semble tout diriger, on comprend vite que c’est à la mode. Avec le menu puis le zakouski, on apprend la référence italienne. On va attendre longtemps un filet d’agneau et un risotto, mais, à voir les autres clients, c’est le style. En sortant, alors que le jour baisse, on découvre une grande façade aveugle peinte en gris sombre. Le nom, Up Town, et l’image de l’enseigne, vont nous faire entrer dans toute une histoire sur Internet : https://www.instagram.com/uptownyamabiko/

Écrans


Mardi 17 décembre 2024, 20h04 (heure de Paris), vol AF 292 à destination d’Osaka. Au dessus du Kazakhstan, reste 5593 km. Chacun est sur son écran, pour admettre son immobilité, faute de mobile. Une solution, regarder seulement la carte, le « temps réel ».

Significations du puits



Vendredi 8 novembre 2024, 16h, École d’art et de design, Orléans. Ici c’est un élément pratique d’exposition, on ne sait pas laquelle. Mais dans notre esprit c’est d’abord le # (croisillon, hashtag), motif présent dans la céramique, en Chine, au Japon, et que nous avons pris comme emblème de notre affaire Soba Choko. Dans l’écriture, ce signe veut dire le puits. Il semble que le symbole est tragique en Chine, pour dire jeter, ou se jeter, dans le puits. Au Japon, on entend d’abord les bienfaits de l’eau, des rencontres, et c’est d’abord l’architecture de la margelle. Dans Les contes de la lune vague après la pluie (Ugetsu, 1953), de Kenji Mizoguchi, c’est un travelling fugitif qui assemble les deux significations. Le trait redoublé signifie la bienveillance et la chance.
Voir : https://jlggb.net/blog9/2025/03/04/figure-du-puits/
Et : https://jlggb.net/blog9/2025/01/29/un-feu-en-forme-de-puits/

Des appareils sous la main


Samedi 2 novembre 2024, 14h45, Paris. Avec sa main, elle avait testé le scanner ouvert au soleil. L’image est restée sur le « bureau » de son ordinateur. Comme Étienne devait trouver comment brancher son petit vidéoprojecteur pour projeter une photo à peindre, c’est cette main qui a servi. La souris et la télécommande sont là sur la table avec le clavier. Le iPhone n’est pas loin, la montre Swatch non plus.

Éric Baudelaire



Jeudi 24 octobre 2024, 18h15, Centre Pompidou, 4e étage. En attendant le récit/Tales of Narrativelessness, 2024, conversation entre trois intelligences artificielles jouée en temps réel. Il s’agit par exemple d’entendre débattre de l’art. « Tirant parti du hasard, de l’inattendu et de l’absurde », les opinions sont paradoxalement éclairantes et humoristiques. Elles mettent aussi en évidence les propos foncièrement stéréotypés que génèrent les bases de données en ligne. La « place publique mise en scène par trois bancs » se veut sans doute d’une autre époque ou bien une intervention dans la polémique à l’égard de la Ville de Paris qui a produit cette version du banc Davioud (1860) « défigurée » car unilatéral. L’imagination intelligente du visiteur est ainsi sollicitée. Les sièges pourraient être ceux d’une salle d’attente d’aéroport, ou les Fermob venus des jardins parisiens et adoptés par une intelligentsia plutôt riche.
Note 1 : Annonce de la conversation « Les énigmes du cube blanc ». 03 – White Cube Conundrums – Mistral vs Anthropic vs OpenAl. 24 oct 2024 – 18:15. Lucky, Pozzo, Drunken Dramaturge.
Note 2 : Comparaison avec Chris Burden, Holmby Hills Folly, 2012, quatre bancs en acier et quatre lampadaires en fonte, Bâle, 2014,  https://jlggb.net/blog4/?p=1432