

Mercredi 31 août 2011, 18h30-20h. Comme prévu, une petite fête pour le lancement du journal trimestriel La Couleur des jours. C’est au café Bar-Tabac, rue Beau-Séjour à Lausanne, lieu sympathique. Avec un buffet, du vin rouge et du vin blanc. Je connais au moins quatre personnes : Pierre et Élisabeth (les fondateurs du journal), Leonor et Arthur (les enfants d’André et Anne).
Le site du journal : http://www.lacouleurdesjours.ch/
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Vendredi 26 août 2011, 23h. La bouture de crassula prélevée le 2 juillet à 9h50, avenue Sanjo à Kyoto, en venant de la Villa Kujoyama, sur le trottoir à l’entrée d’un passage qui conduit vers un cimetière et vers les temples, aujourd’hui au 93bis dans un pot où sont inscrites ces références. La carte indique le point (en haut), avec les points de la Villa, de la maison de l’entretien avec M.F. et du camphrier remarquable, qui font eux aussi l’objet d’articles.

Mardi 23 août 2011, 12h. Il y a, dans le cour du 93bis, une plante venue spontanément, qui occupe à part entière un grand pot, et qui est officialisée par un tuteur. Mais, ces temps-ci, on croise cette fleur sans papiers à chaque coin de rue. Pour l’identifier, nos diverses flores n’ont rien donné. On lance donc une recherche sous Google avec l’expression : « mauvaise herbe de ville ». On passe par un site dédié aux plantes médicinales (vertus contre les hémorroïdes, etc.), mais aussi par « espèces invasives ». Wikipedia donne des arguments convainquants : « Originaire d’Amérique centrale et du nord, elle s’est naturalisée en Europe et est très courante voire localement invasive. C’est une mauvaise herbe de plus en plus fréquente, notamment en ville et en milieu périurbain […] où elle peut pousser dans le moindre interstice. Habitat type : friches annuelles européennes. Aire de répartition : cosmopolite. » Pour le reste, la saison, la taille, la forme des feuilles, le fruit (akène), etc., ça concorde. Il peut donc s’agir de la vergerette du Canada (Conyza canadensis).
Dimanche 21 août 2011, 23h50. En août 1980, l’université de Vincennes (Paris VIII) fut détruite sur décision Mme Alice Saunier-Seité, ministre des universités. Les bâtiments étaient considérés comme provisoires depuis leur construction en 1968 par GEEP industrie dans le bois de Vincennes. Les diapositives Kodachrome que j’ai prises à ce moment là sont restées dans leur boîte plus de 40 ans. Je les scanne aujourd’hui et il me semble intéressant d’en publier une douzaine. On voit notamment, sur les trois dernières photos, le bâtiment D où se trouvait la philosophie et un garage à vélos que nous avions transformé en atelier de sculpture.
Voir « Long retour » : http://jlggb.net/blog2/?p=2884 et « Comment s’écrit l’histoire » : http://jlggb.net/blog2/?p=931.
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Photos ©JLggB 1980.

Dimanche 21 août 2011, 13h30, rue du Chemin vert, Paris 11e. « La joie de vivre », ce sont les plats à emporter, c’est le Loto, le PMU, le tabac, le bar. C’est le ciel bleu. « La joie de vivre », façon chinoise, c’est aussi une certaine amertume. Tant mieux, car le Cooper Black ne peut se réduire à ça.
Voir le dossier « Cooper Black »

Dimanche 21 août 2011, 13h, chaleur mais pluie passagère. On remarque, pratiquement à l’angle de la rue de Montreuil et de l’avenue Philippe Auguste, Paris 11e, une tentative de jardin au pied d’un arbre récemment remplacé. S’agit-il d’une action de « guerrilla gardening » ? (Voir Kyoto, http://jlggb.net/blog2/?p=6127 et http://www.guerrillagardening.org/) D’où vient l’initiative ? De voisins ? De la Ville ?
À consulter :
Richard Reynolds, On Guerrilla Gardening. A Handbook for Gardening without Boundaries, Bloomsbury, Londres, 2008.

Samedi 20 août 2011, 16h. Le Balzar, rue des écoles, à côté de la Sorbonne et surtout juste en face de la librairie Compagnie, a été longtemps notre point de repère du samedi après-midi. Cette brasserie fut paraît-il une sorte de double de la Brasserie Lipp (même propriétaire, même décorateur, en 1931) — en moins select, sans doute. Elle a été rachetée par une chaîne et il y a même eu un comité pour sa conservation. De toute façon, le temps a passé et ses habitués ne sont plus les mêmes. Pour tout dire, on y voyait des intellectuels célèbres; on n’y a pas vu Sartre, mais on y voyait Derrida, à la place d’où est prise cette photo. Ce qui est intéressant, c’est la terrasse-étagère-vitrine extrêmement étroite, ce sont les tables à rallonges sur charnières, c’est l’acoustique qui fait que l’on entend tout ce qui s’y dit, et c’est le jeu des miroirs, en particulier de ceux qui sont penchés au plafond et qui renvoient la rue depuis le fond de la salle.

Jeudi 18 août 2011, 23h, Nice-Savoie. Dans l’entreprise de rangement et d’élimination actuelle, des fossiles sont ressortis : rostres de bélemnites et ammonites. Il n’y a rien de plus vieux dans les collections (ou bien les archives) ? Des millions d’années pour ces objets constitués — car ils furent vivants à un moment —, pas seulement de la matière. Et pourtant ils sont comme les autres objets qui m’ont « appartenu », subjectifs, affectifs, repères banalement inscrits dans une chronologie personnelle. (Le goût pour la spirale vient pour une part de là.)
Mercredi 17 août 2011, 23h, Nice-Savoie. Mon grand-père Auguste B. est photographié ici à l’âge de 25 ans, en 1905. Je ne connais pas de photo de lui plus jeune. En 1907, il épousera Julie L. qu’il rencontre alors qu’il travaille comme tailleur de pierres à la restauration du château de Grignan, dans la Drôme (La marquise de Sévigné), dont les parents de Julie sont employés au gardiennage et à l’entretien.
Si vous leur trouvez une ressemblance, alors vous allez dans le sens de mon hypothèse : la photo « collodion ancestral » publiée il y a quelques jours (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=6822) peut être celle de son père, Jean-Louis B., né en 1839 à Cliousclat, Drôme.


Mardi 16 août 2011, 20h, Nice-Savoie, Aix-les-Bains. La vie des crassulas inscrit nos saisons. Déclarée « belle plante », lors de son rempotage le 20 juin 2010 (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=2462), cette crassula issue de Santa Barbara (voir : http://jlggb.net/blog/?p=6953) a été retrouvée hier soir littéralement déracinée. Ce n’est pas parce qu’elle a doublé de volume depuis l’hiver dernier, c’est que ses racines ont été attaquées par un bonne dizaine de « vers blancs » (magnifiques ou affreux, comme on veut — mais notre éducation laïque nous a laissé une certaine sympathie pour la métamorphose des coléoptères). L’autre grande crassula du Nice-Savoie était une modeste plante à petites feuilles achetée chez le fleuriste en bas de la rue, La Tulipe rose, en juillet 2008. Sortie peut-être un peu trop tôt ce printemps il avait fallu en tailler toutes les extrémités. Elle s’en porte d’autant mieux. On n’a jamais eu une aussi belle crassula.

Lundi 15 août 2011, vers 15h, autoroute A39, en direction du sud, un arrêt sur l’« aire de repos » de La Vallière (dans le département de Saône et Loire, à Savigny-en-Revermont, entre Louhans et Lons-le-Saunier) pour photographier le ciel, ou plutôt les nuages, qui donnent à voir, dans leur perspective, la profondeur du paysage et donc de son ciel. Demain il fera beau, ces nuages venus de l’Atlantique en bandes parallèles se seront dissipés. C’était aujourd’hui.

Dimanche 14 août 2011, 22h. En dépit de tous les ordinateurs, il me semble que, pour retenir ce qu’il y a à faire, il faut des fiches manuscrites à garder devant soi, retenues si possible par un presse-papiers (certes, 100 grammes, c’est un peu léger). Enzo Mari, dont on connaît la méfiance sinon l’aversion pour le numérique, fait l’éloge du presse-papiers à travers sa propre collection et dans le texte qu’il publie dans le catalogue The Intellectual Work : Sixty Paperweights, Milan, avril 2010.
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Enzo Mari, The Intellectual Work : Sixty Paperweights, curated by Barbara Casavecchia, Kaleidoscope, Milan, 2010.

Samedi 13 août 2011, 18h, à l’angle du Faubourg Saint-Antoine (N° 285) et de la rue Gonnet, Paris 11e. On a vu le caractère Vendôme employé pour les enseignes d’hôtels et de coiffeurs. Classique des années 50, il se maintient quand il s’agit de connoter un sérieux quasi littéraire — la boucherie mérite ça —, associé à une certaine tradition de qualité française. Un bel exemple, donc, et en rouge vif.
Restitution typographique en Vendôme medium :

Vendredi 12 août 2011, 22h50. En Chine, en août 1981, explorant, avec plusieurs collègues, le nord de la province du Shaanxi, le Shanbei (陕北), pour y collecter des objets des arts populaires (papiers découpés, jouets de tissu brodé et de terre), je me suis rendu à Ansai et à Luochuan. Je ne me souviens plus exactement où, je fis l’acquisition, au bord d’une route, de cette petite (7 x 5 x 3 cm) figurine de terre — non cuite — peinte de noir : un tigre que l’on veut faire porter bonheur aux garçons nouveaux-nés. C’était donc il y a trente ans. La queue a été recollée, mais une oreille cassée a disparu depuis longtemps.

Jeudi 11 août 2011, 17h45. À l’endroit où la rue du Sentier tombe dans le Boulevard Poissonnière, un restaurant chinois qui insiste sur le rapide. Si les caractères chinois déteignent sur le mot restaurant, le mot rapide doit conserver un caractère occidental : d’où le Cooper Black, comme d’habitude associé à une certaine vivacité bon marché, qui révèle ici une proximité avec l’Extrême-Orient entrant en résonance avec son aspect art nouveau. Une enquête sur les fabricants d’enseignes chinois de Paris serait intéressante, mais peut-être interminable.



