
Mercredi 23 novembre 2011, 19h20, École nationale supérieure des arts décoratifs, rue d’Ulm, Paris 5e. Amphithéâtre Rodin, Observatoire des nouveaux médias, conférence-performance de Jordan Crandall de l’Université de Californie à San Diego.
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Samedi 12 novembre 2011, 14h, Aix-les-Bains, à l’angle de l’avenue du Golf et du chemin des Burnets. L’indice est la barrière en ciment armé. Puis l’immeuble confirme la vue. L’hôtel a été transformé et agrandi en maison de retraite. La chaussée a été surélevée, la barrière est en partie enterrée. Mais c’est bien elle. Sur la photographie, la tante de L., Phily. Alors âgée de 17 ans, elle faisait caddie au golf. Elle a aujourd’hui 95 ans.

Samedi 12 novembre 2011, 13h14, Aix-les-Bains, le golf. Sur la photo ancienne (ci-dessous), trois jeunes caddies avec, au centre, la tante de L., Phily, à l’age de 16 ans, en 1932.
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Au Golf Club d’Aix-les-Bains en 1932. Photo collection « les filles de Phily. Voir : http://lantb.net/uebersicht/?p=515

Mercredi 2 novembre 2011, 14h, Taipei. Le Taipei Fine Arts Museum expose : « Ai Weiwei absent » (on ne peut pas photographier les œuvres). Ma visite a lieu au moment où l’on apprend que Ai Weiwei (艾未未) se voit réclamer 1,7 millions d’euros par l’administration chinoise, au moment où l’on peut lire sur ses premières réactions sur son Twitter : « Tous les ministères de cette Nation, les hommes et les femmes qui en font partie, n’éprouvent aucune honte à devenir les outils de la persécution du pouvoir politique; »

@aiww
Voir « Où est Ai Weiwei ? », 18 juin 2011 : http://jlggb.net/blog2/?p=5921
Voir l’interview du Temps : « L’échec de Pékin… », 9 novembre 2011, ici, en pdf.
Mercredi 17 août 2011, 23h, Nice-Savoie. Mon grand-père Auguste B. est photographié ici à l’âge de 25 ans, en 1905. Je ne connais pas de photo de lui plus jeune. En 1907, il épousera Julie L. qu’il rencontre alors qu’il travaille comme tailleur de pierres à la restauration du château de Grignan, dans la Drôme (La marquise de Sévigné), dont les parents de Julie sont employés au gardiennage et à l’entretien.
Si vous leur trouvez une ressemblance, alors vous allez dans le sens de mon hypothèse : la photo « collodion ancestral » publiée il y a quelques jours (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=6822) peut être celle de son père, Jean-Louis B., né en 1839 à Cliousclat, Drôme.
Il est jeune et de milieu très modeste. Il reste à identifier, si c’est possible. C’est la seule photographie de ce type dans nos archives familiales. Son procédé la date des années 1860. (Voir le 17 août : http://jlggb.net/blog2/?p=6945)
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Dimanche 7 août 2011, 23h 30. Le collodion photosensible sur plaque de verre donne un exemplaire unique, une photographie négative qui, sous un certain angle et sur fond noir, apparaît en positif. Ce type de « collodion positif » est aussi nommé « ambrotype ». Il se différencie du daguerréotype par son support de verre et non de métal. L’objet était enchâssé dans un cadre de verre et de carton qui le protégeait. Ce cadre a été cassé et cette image unique est passée entre des mains ignorantes de sa fragilité, qui l’ont « nettoyée », lui donnant en revanche un aspect ravagé qui vient à l’appui de son romantisme.

Vendredi 5 août 2011, 20h45, sur ma table, sous la lampe Luxo, devant l’écran Apple 27 pouces. Luxun, écrivain révolutionnaire (1881-1936) est de ceux que la culture chinoise contemporaine a intérêt à conserver. La statuette, datée de 1972, achetée à Canton en 1974 par L. (pour être exposée au Musée d’art moderne de la Ville de Paris : Images du peuple chinois, 20 mars — 27 avril 1975) est une porcelaine Shiwan (专著, célèbre depuis la dynastie des Qing, 1644-1911, spécialisée dans la représentation de personnages), fabriquée à Foshan, près de Guangzhou (Canton). Son style est à rattacher au « réalisme » laudateur de ces années-là, qui est sans conteste éloigné du personnage réel, plutôt libertaire. Dans le stockage, pourtant attentif, la main droite a été cassée, mais elle vient ici d’être recollée sans que ce soit visible. La cigarette, un fin rouleau de papier, est conforme à l’original. Il convient de la restituer et non de la supprimer comme cela a été fait en 1996 sur une célèbre photo de l’auteur de La Condition humaine, Malraux (Gisèle Freund, 1935) — point commun : le Shanghai de la fin des années vingt.
Note 1 : On trouve le nom de Liu Zemian (刘泽棉, 1937 – ) comme auteur de cette statuette conservée au Victoria & Albert Museum à Londres (China, room 44, case 30, Museum no. FE.66-1984). Ses biographies font apparaître une certaine connivence avec les autorités. Mais c’est le sort qu’ont connu les artistes et artisans de sa génération. Il faut préciser que sa spécialité est désormais l’iconographie bouddhiste.
Note 2 : Yu Hua, écrivain chinois traduit et publié chez Actes Sud (il est l’auteur de Brothers), consacre l’un de ses dix mots de La Chine en dix mots, 2010 (traduit par Angel Pino et Isabelle Rabut, inédit en Chine), à Luxun. Voici deux extraits de ce chapitre :
Le « Lu Xun » de l’époque n’était plus l’écrivain hautement controversé qu’il avait été de son vivant. La tempête d’attaques qu’il avait essuyée autrefois s’était éloignée et comme un ciel lavé après la pluie le « Lu Xun » d’alors brillait de tous ses feux. Ce n’était plus un écrivain, c’était un mot, un mot qui représentait la vérité éternelle et la révolution éternelle. (p.135)
C’est probablement ce qui a été sa chance, mais aussi son malheur. Sous la Révolution culturelle, « Lu Xun » a cessé d’être un nom d’écrivain pour devenir un terme politique à la mode, et dès lors ses œuvres pénétrantes et pleines d’esprit ont été elles aussi noyées sous les lectures dogmatiques. (p. 146)
Couverture : Zhang Xiaogang, Amnesia and Memory n°1, 2007.
Voir : http://jlggb.net/blog2/?p=4355 et http://jlggb.net/blog/?p=5939.

Lundi 4 juillet 2011, 16h20. Yokohama, Université des arts, département du film et des nouveaux médias. Hanako M. avait été ma traductrice ici-même pour des journées de workshop en avril 2008. Elle est aujourd’hui professionnellement interprète tout en continuant des recherches en arts. Son français est non seulement très cultivé, mais marqué par des accents légèrement aristocratiques qui lui viennent d’une enfance bruxelloise.



En 2001, j’avais acheté, dans l’un des plus beaux magasins de céramiques du quartier de Kiyomizu, une tasse à soba de belle qualité. En porcelaine blanche et bleue, ornée de filets verticaux peints à la main, elle portait une signature où je reconnaissais le mot Chine. Ce samedi 2 juillet, vers 11h, je retrouve cet endroit et repère tout de suite quelques tasses portant la même marque. La directrice de la galerie m’explique que Kasho Morioka (森岡嘉祥), maître potier, troisième du nom (né en 1937), est mort il y a quelques années, mais qu’il reste des porcelaines produites dans l’atelier qu’il avait ouvert en 1995 à Jingdezhen, en Chine. Il avait eu le projet de se rapprocher encore de la tradition de la porcelaine blanche et bleue. Jingdezhen, province de Jiangsu, est en effet la capitale historique — on parle de plus de 1700 ans — de la porcelaine en Chine. Ici apparaît Mme Hana Morioka, qui me parle en français. C’est l’une des filles de Kasho Morioka, elle a vécu en France, à Nimes en particulier, pour étudier la bijouterie (elle avait étudié la céramique à Kyoto). Le hasard a donc fait que la tasse qui m’avait plu il y a dix ans relie la Chine et la France et qu’elle soit d’un maître largement connu dans le monde. Maintenant, j’en ai une deuxième, que je trouve très bien aussi.
Kasho Morioka devant son four en août 2005 (photo © André Defossez : voir ici).


Mardi 28 juin 2011, 17h-19h, « party » dans l’atelier des étudiants en media design de l’Université des arts Saga, Kyoto. Chacun porte ou bien des oreilles de lapin,ou bien des oreilles de chat. Cette jeune fille est arrivée tard, elle n’est pas encore tout à fait dans la fête mais elle a eu droit à un voile de mariée.






















