Photographie

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Mercredi 16 novembre 2011, 14h30, Paris 6e. Sur ma route d’aujourd’hui vers l’école, je passe (une fois encore) devant ce numéro 2bis. Et je me demande si j’ai rêvé. C’était probablement en 1966 ou 1967. J’étais conduit par mon ami Michel S., qui lui même accompagnait André A., un poète membre du Groupe de recherches musicales de la radio (RTF), proche des surréalistes. Peut-être y avait-il aussi Michael G., qui habitait rue Bréa (de l’autre côté du Luxembourg). Je re(vois) l’espace profond de l’atelier, son encombrement, et une silhouette qui était Man Ray. Mais je ne me souviens pas d’une quelconque conversation.
Voir : http://invisuphoto.com/11,1172.html

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Phily, 1933. Photo collection « les filles de Phily ».
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Samedi 12 novembre 2011, 14h, Aix-les-Bains, à l’angle de l’avenue du Golf et du chemin des Burnets. L’indice est la barrière en ciment armé. Puis l’immeuble confirme la vue. L’hôtel a été transformé et agrandi en maison de retraite. La chaussée a été surélevée, la barrière est en partie enterrée. Mais c’est bien elle. Sur la photographie, la tante de L., Phily. Alors âgée de 17 ans, elle faisait caddie au golf. Elle a aujourd’hui 95 ans.

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Lundi 12 septembre 2011, 13h20, Panthéon, Paris. Deuxième apparition en deux jours. Une manifestation de la « cabale » qui persécutait Rousseau ? Mais, pour une fois, sa statue est remarquée. Pendant le temps de mes photos, c’est au moins une dizaine de passants qui ont saisi la même image. Voir « Supplément au monument », 23 janvier 2008 : http://jlggb.net/blog/?p=167

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Dimanche 21 août 2011, 23h50. En août 1980, l’université de Vincennes (Paris VIII) fut détruite sur décision Mme Alice Saunier-Seité, ministre des universités. Les bâtiments étaient considérés comme provisoires depuis leur construction en 1968 par GEEP industrie dans le bois de Vincennes. Les diapositives Kodachrome que j’ai prises à ce moment là sont restées dans leur boîte plus de 40 ans. Je les scanne aujourd’hui et il me semble intéressant d’en publier une douzaine. On voit notamment, sur les trois dernières photos, le bâtiment D où se trouvait la philosophie et un garage à vélos que nous avions transformé en atelier de sculpture.
Voir « Long retour » : http://jlggb.net/blog2/?p=2884 et « Comment s’écrit l’histoire » : http://jlggb.net/blog2/?p=931.
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Photos ©JLggB 1980.

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Mercredi 17 août 2011, 23h, Nice-Savoie. Mon grand-père Auguste B. est photographié ici à l’âge de 25 ans, en 1905. Je ne connais pas de photo de lui plus jeune. En 1907, il épousera Julie L. qu’il rencontre alors qu’il travaille comme tailleur de pierres à la restauration du château de Grignan, dans la Drôme (La marquise de Sévigné), dont les parents de Julie sont employés au gardiennage et à l’entretien.

Si vous leur trouvez une ressemblance, alors vous allez dans le sens de mon hypothèse : la photo « collodion ancestral » publiée il y a quelques jours (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=6822) peut être celle de son père, Jean-Louis B., né en 1839 à Cliousclat, Drôme.

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Il est jeune et de milieu très modeste. Il reste à identifier, si c’est possible. C’est la seule photographie de ce type dans nos archives familiales. Son procédé la date des années 1860. (Voir le 17 août : http://jlggb.net/blog2/?p=6945)
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Dimanche 7 août 2011, 23h 30. Le collodion photosensible sur plaque de verre donne un exemplaire unique, une photographie négative qui, sous un certain angle et sur fond noir, apparaît en positif. Ce type de « collodion positif » est aussi nommé « ambrotype ». Il se différencie du daguerréotype par son support de verre et non de métal. L’objet était enchâssé dans un cadre de verre et de carton qui le protégeait. Ce cadre a été cassé et cette image unique est passée entre des mains ignorantes de sa fragilité, qui l’ont « nettoyée », lui donnant en revanche un aspect ravagé qui vient à l’appui de son romantisme.

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J’inaugure ici la publication de photographies tirées à partir de mes propres négatifs. Avec ce scoop, Jean-Luc Godard lors d’un débat public du Festival d’Avignon au Verger d’Urbain V, le 5 août 1967, deux jours après la première du film La Chinoise, dans la cour d’honneur du Palais des papes. On voit qu’il y a un monde fou. Juste derrière Godard, on aperçoit Antoine Bourseiller, qui était lié à la production de La Chinoise et aussi impliqué dans le Festival d’Avignon. (Peut-être faut-il encore vérifier les dates). Les autres photos sont prises au même endroit, mais le matin, lors d’une conférence de presse. On y voit Marie-Jésus Diaz — photographe, Juliet Berto, Michel Séméniako — acteurs dans le film. Le dernier portrait de Juliet Berto avait déjà été numérisé d’après un tirage et publié dans « 20 ans » : http://jlggb.net/blog2/?p=1020. Il est est ici dans son cadrage conforme aux négatifs, comme les autres photographies. Un détail de la photo de Godard pendant la conférence de presse a été publié en couverture de la revue du Ciné-Club de Clermont-Ferrand, en 1967 ou 1968. ©Photos JLggB 1967.
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Appareil utilisé : Asahi Pentax Spotmatic.
Film : Ilford HPS.

 

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Vendredi 1er juillet 2011, 12h-13h, Osaka, The National Museum of Art. Grande rétrospective (400 photographies) de Daido Moriyama (Né ici à Osaka en 1938, voir son site officiel : http://www.moriyamadaido.com/english/#), très grand photographe. On ne peut pas photographier dans le musée. Le iPhone est sollicité pour agir clandestinement et ça donne ça : une gardienne imperturbable dans un coin de chaque salle; cette vue malgré tout, dans une vitrine, de l’appareil fétiche, le Ricoh GR Digital. Les gens au courant — dont je fais partie — ont ce Ricoh (Voir : http://www.ricoh.com/r_dc/fr/gr/gr_digital3/). Des vidéos le montrent au travail, il court littéralement à droite et à gauche l’appareil à la main, porté parfois à l’œil. On découvre des photographies en couleurs, de grand format, récentes. Mais ce sont les livres qui sont les plus intéressants. On en parlera par ailleurs.
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Le flyer de l’exposition : Daido Moriyama, On The Road, Osaka, The National Museum of Art, 28 juin-19 septembre 2011.

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Vendredi 17 juin 2011. Le billet précédent me fait ressortir une photographie qui a été utilisée sur le carton d’invitation de mon exposition de septembre 1990 au Musée de L’Élysée à Lausanne. « Vestiges et installations » consistait en un ensemble de photographies carrées — prises avec un Rolleiflex —, en couleurs ou en noir et blanc, tirées dans le format 40×40 cm, faites à Pékin au cours du mois de septembre 1985, parallèlement à la série des 1000 diapositives du vidéodisque Pékin pour mémoire. Elles se rattachent à la sous-partie de ces trajets photographiques motivée par le pittoresque d’« installations spontanées », mais se réfèrent aussi aux photographies anciennes de Pékin que l’on pouvait connaître par des livres. Cette couverture blanche au soleil se situait au sud du quartier Dongdan, non loin de la gare centrale.

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Mardi 14 juin 2011, 21h. C’est ainsi, qu’en s’arrêtant, le TGV cadre et compose une image : Bourg en Bresse.

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Mercredi 19 mai 2011, 19h30-21h, impasse de la Défense (Avenue de Clichy), Paris 18e. Pré-vernissage au BAL de l’exposition Tokyo-e, trois photographes japonais, Yukichi Watabe, Yutaka Takanashi, Keizo Kitajima. De ce denier, une série étonnante de portraits (exécutés probablement sans cadrage visuel, « caméra à la hanche »), qui font écho pour moi aux meilleures photographies de Walker Evans, mais certainement plus violentes. Des « zombies » tels qu’un Japonais marqué par l’après-guerre peut les avoir repérés — au delà de toute recherche d’identité, et donc aux antipodes d’un August Sander — dans le Berlin des années 80.
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Keizo Kitajima (?? ??), Septembre 1983 Berlin Est; Mars 1984 Budapest; Septembre 1983 Berlin. Photos reproduites dans l’exposition et légèrement recadrées. (dr)

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Dimanche 15 mai 2011, 19h30, à l’angle de l’Avenue Gambetta et de la Rue des Tourelles, Paris 20e, près de la porte des Lilas et de la piscine des Tourelles ou Stade Nautique Georges Vallerey. En passant, on vérifie que l’on peut photographier librement « La Piscine » — Direction générale de la sécurité extérieure, DGSE, Centre administratif des Tourelles —, ses antennes et ses caméras de surveillance. Mais ce qui se trame dans le champ, entre BMW à l’arrêt avec warnings, Mini Cooper, Renault Scenic, scooter et téléphone portable, reste parfaitement opaque, comme il se doit, car la photographie a ses limites — et c’est bien pourquoi on peut photographier librement.

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Mardi 19 avril 2011, vers 15h. Ligne TGV vers le Sud-Est, traversée de la Saône-et-Loire (au sud du Creusot). Une sélection parmi les « photogrammes » du film qui défile dans la « caméra-visionneuse ». Malgré la « très grande vitesse », il n’est pas difficile d’introduire dans la prise de vues un « indice de paysage ». D’autant qu’on peut constater que le tracé de la ligne, comme la reconfiguration du terrain autour des voies de circulation, y contribuent déjà. Au point qu’il est difficile d’y échapper pour obtenir un paysage banal, sinon chaotique (on fera ça la prochaine fois).

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Lundi 28 mars 2011, 11h40, ligne de chemin de fer TGV à la hauteur du hameau de La Roche, à Sologny. En direction de Paris, dans le TGV parti à 10h04 d’Aix-les-Bains, mais ayant pris une dizaine de minutes de retard après Chambéry, se vérifie l’heure du passage en ce point enregistré le vendredi 25 comme étant celui du croisement avec le TGV parti de Paris à 9h50 (voir : « Arithmétique du croisement » http://jlggb.net/blog2/?p=4615). Sauf que, cherchant à ne pas manquer la photo, j’oublie de regarder de l’autre côté. Compte tenu du retard, le croisement ne peut pas avoir eu lieu car les lignes se rejoignent peu avant, vers Mâcon. Photo intéressante finalement. Ça se vérifie le plus souvent, Il faut avoir ce type de contraintes pour obtenir des photos « réussies ».

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Page 155. Roland Barthes, La Chambre claire, Seuil, 1980. Édition originale. Collection JLggB.
Jeudi 17 mars 2011, 16h19. C’est le « C’est elle ! C’est bien elle » du billet précédent qui nous fait retourner au livre de Roland Barthes. Ce n’est pas LE livre sur la photographie (qui éclaire cependant la photographie); c’est un roman sur la mort de la mère.
Le livre a jauni. Son pelliculage se détache. Il n’a jamais été beau, décevant pour un livre de cette importance. Mal imprimé, mal façonné : l’édition à la française.

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