Architecture de classe

villa-pompierreLa vue depuis l’une des villas du projet immobilier (vue d’artiste), 2009.

Si l’on cherche sur Internet le Château de Brison Saint-Innocent (au bord du lac du Bourget, juste au nord d’Aix-les-Bains) — et c’est d’ailleurs la seule documentation historique un peu complète —, on trouve une publicité pour une opération immobilière :

« Prenez de la hauteur ! »; « Le propriétaire du Château de Saint-Innocent nous a fait confiance pour optimiser ce site exceptionnel tout en le respectant […] ».
http://www.immobilier-fc2.com/, contact : Mme L. Profit.

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Le terrain de l’opération se situe dans la partie gauche du vaste espace cultivé au dessous du château. (Photo : © Thierry Kergroac’h)

Le château appartient aujourd’hui encore à la famille Boucher de la Rupelle. Les grand-parents maternels de L., François Nantois (1874-1960) et son épouse Victorine Andreys (1881-1937) étaient, dans les premières années du XXe siècle, métayers du château de la Rupelle. Ils eurent sept filles et deux fils, tous nés dans la chambre dont on voit la fenêtre dans le pignon du corps de ferme.

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Dimanche 10 mai 2009, 11h45.

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Portrait de Claudine Nantois (1908-1998) à l’age de 10 ans, peint par Mlle de la Rupelle en 1918.
Huile sur carton, collection particulière, Paris.

Skyline et polaroïd

Plage de Saint-Innocent, Lac du Bourget, juillet 1983, Liliane et Étienne.

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Saint-Innocent, dimanche 10 mai 2009, vers 13h.

1. La skyline, signe le point de vue et fait signe, par sa permanence, de la fuite du temps.

2. Les polaroïds ont beaucoup de charme en général — et cette photo en particulier. Ils jaunissent et parfois s’effacent avec le temps. Cela relativise le pouvoir mémoratif de la photographie ; cela donne une forme à la nostalgie (nostos [retour], -algie [douleur]).

Vertige de l’individuation

Il faudrait probablement lire Francis Hallé de plus près pour comprendre ce qu’est l’âge d’une plante et jusqu’à quel point il y a des individus-plantes. Il parle de colonies. Mais ces colonies se dispersent avec les transports, avec les avions. Coupé à la fin d’une conférence à l’École des Beaux-Arts de Xian (Chine) et mis au fond de la poche, c’était un bout minuscule à deux feuilles de la crassula qui se trouvait près de la fenêtre de l’amphithéâtre. À Paris, il a donné une tige vigoureuse mais fragilisée par des feuilles « géantes ». Il faut dire qu’en dépit des recommandations, la « jeune » crassula a eu de bonnes doses d’engrais (voir « Dopage de crassulas » et aussi « Un hiver mortel »). Individuation : le terme est devenu à la mode à partir du retour des écrits philosophiques de Gilbert Simondon.

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Xian (Chine), École des Beaux-Arts, 19 avril 2006, midi.

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Paris, 11e, bouture de la crassula de Xian, le 5 mai 2009 à 18h. Plus loin, la crassula prélevée à Tokyo le 14 décembre 2007 (voir le billet du 15 janvier 2008).

Remarque : si la crassula de Xian à Paris est un clone de la crassula de Xian à Xian, on ne peut pas s’empêcher de constater à quel point leurs ports sont différents. Différence de climat, différence de régime, on l’a dit. Mais surtout de contexte culturel : la Chine, la France.

halleFrancis Hallé, Éloge de la plante, Seuil, 1999-2004. Page 116 : « Qu’est-ce qu’un individu ».

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Une photo officielle de la conférence.
Les fenêtres et la crassula se trouvent à gauche, hors de la photo.

« Le Joli Mai »* ou le droit de regard

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La photographie a été coupée pour satisfaire au « droit à l’image ». Les Converse grises sont suffisamment visibles.


La même photo, ajoutée le 29 juillet 2012. ©jlggb-paris-2009


Ajoutée après le 29 juillet 2012 : la vidéo prise dans les mêmes circonstances, à voir sur Vimeo.

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© Chris Marker. Deux des images prises (à la caméra vidéo) par C.M. et publiées en exclusivité le 6 mai 2009 par le site Poptronics. Voir sur Flickr : Sandor Krasna (et, par la suite sous le nom de Chris Marker : https://www.flickr.com/photos/poptronics/sets/72157617647293325/)

Paris, boulevard Saint-Michel, près des thermes de Cluny, vendredi 1er mai 2009, 17h20, défilé. C’est la première fois qu’on le voit ainsi en action, avec sa caméra bricolée. Pourtant, sa démarche, sa silhouette et son profil le désignent entre mille. Avoir été son chauffeur […] a laissé l’empreinte du code visuel qui permet de repérer un personnage réputé invisible. D’ailleurs, un homme encore jeune l’approche depuis le trottoir mais ne parvient pas à retenir son attention :

« Vous savez qui c’est ?
— J’étais sur Sans soleil ! ».

Il y a aussi des phrases retenues par cœur :

« Et lorsqu’il reconnut l’homme qui l’avait suivi…
il comprit
qu’on ne s’évadait pas du Temps. »
Chris Marker, La Jetée, 1962

marker_jetee2Voir aussi le billet « La Jetée » à Tokyo, décembre 2007.

« Mais d’abord la regarder — jusqu’à l’énigme, comme ces mots qu’on répète sans cesse et que soudain on ne reconnaît plus
— jusqu’à ce qu’entre toutes les choses incompréhensibles de ce monde, la plus incompréhensible soit qu’elle est là, en face de nous, comme un oiseau et comme un chiffre
— comme un signe. »
Chris Marker, « Description d’un combat », Commentaires, Seuil, 1961

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Détail d’un photogramme, relatif au texte ci-dessus, de Description d’un combat, 1960,
France-Israël, 56 mn, 16 mm couleur,
directeur de la photographie : Ghislain Cloquet.
© doku.arts, Amsterdam

marker_commentaires2Archives personnelles, 1963.

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* Le Joli Mai, long métrage de Chris Marker et Pierre Lhomme, 1963.
Ci-dessus : une photo du Joli Mai
en couverture du numéro 2 de la revue Artsept, avril-juin 1963,
éditée à Lyon, rédacteur en chef : Raymond Bellour.
Archives personnelles, 1963.

1944-2009, Culoz

En décembre 2008, quand le magazine Life (dont la parution avait cessé depuis 1972) a décidé de mettre en libre accès sur Internet l’essentiel de son fonds photographique, dix millions de clichés sur Google, on a pu découvrir un reportage de Carl Mydans, dont la photo ci-dessous. Gertrude Stein et Alice Toklas, avaient choisi, bien que juives et de nationalité américaine, de ne pas quitter la France pendant l’Occupation. D’abord réfugiées à Belley, dans l’Ain, elles durent s’installer à Culoz en 1942. Jusqu’à la Libération en septembre 1944. 65 ans après, il est intéressant de retrouver et de photographier le lieu de cette photographie. Il s’agit de la rue Henry Dunant, tout près du Clos Poncet, la grande maison où séjournèrent Gertrude Stein et Alice Toklas.

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Carl Mydans, Liberation of Gertrude Stein. Author Gertrude Stein (R) walking with Alice B. Toklas (L) and their dog. Septembre 1944, Culoz (Ain).

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Culoz, rue Henry Dunant, jeudi 23 avril 2009, 17h.

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Il est impressionnant de constater à quel point ce pan de mur est resté égal à lui-même.

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Sous un autre angle, on situe mieux le paysage. Les enfants n’ont ni sandalettes (on disait comme ça), ni galoches.

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Culoz, le Clos Poncet.

minuit_toklasAlice Toklas, Le Livre de cuisine, Minuit, Paris, 1981,
traduit de l’anglais par Claire Teeuwissen.

C’est l’occasion de lire ou de relire dans Le Livre de cuisine d’Alice Toklas, des passages ayant trait à ce moment.

p. 201, 202
Puis, nous les Américains, sommes entrés en guerre. Notre propriétaire, un officier de l’armée française, nous a demandé de lui rendre la maison et nous avons été obligées de déménager. Nous avions le cœur brisé à l’idée de devoir quitter Bilignin. Des amis nous ont trouvé une maison à Culoz et nous y avons emménagé le jour où les Allemands, occupant la zone sud, sont entrés dans Belley. À Culoz, nous allions être moins favorisées. Nous ne connaissions personne dans le village et la campagne environnante était moins riche. Il y aurait seulement davantage de bon vin blanc sec. La grande propriété n’avait pas de potager. Il faudrait recommencer à zéro. Il y avait deux domestiques dans la maison, dont une très bonne cuisinière, qui a tout de suite annoncé qu’elle ne pouvait pas cuisiner avec les maigres ingrédients que fournissaient les tickets de rationnement. Je lui ai dit que le marché noir les compléterait en grande partie, mais cela ne l’a pas encouragée. Elle était vieille, fatiguée et pessimiste. C’était donc moi qui faisais la plus grande partie de la cuisine, tandis qu’une excellente cuisinière restait assise à mes côtés, indifférente, inerte et trop découragée pour faire attention quand j’essayais de lui montrer comment préparer un Pain de veau rationné. […] Continuer la lecture de 1944-2009, Culoz

Constructions métalliques

La sémiologie telle qu’elle s’exerce dans les Mythologies de Barthes (1957) a pu avoir un effet bloquant pour les graphistes. Du chanteur Gérard Souzay, Barthes dit :

« … ayant, par exemple, à chanter une « tristesse affreuse », il ne se contente ni du simple contenu sémantique de ces mots, ni de la ligne musicale qui les soutient : il lui faut encore dramatiser la phonétique de l’affreux, suspendre puis faire exploser la double fricative, déchaîner le malheur dans l’épaisseur même des lettres; nul ne peut ignorer qu’il s’agit là d’affres particulièrement terribles. Malheureusement, ce pléonasme d’intentions étouffe et le mot et la musique, et principalement leur jonction, qui est l’objet même de l’art vocal. »

Pour échapper à l’analogie, à la surcharge d’intentions, à la redondance, il faut éviter d’écrire en maigre la maigreur, en gras la grosseur, en caractères élégants l’élégance, etc. La chose se pose différemment si la typographie découle performativement de l’écriture ou de la lecture : une graphie énergique du mot énerqique, une version floue de la phrase « je vois flou » sont intéressantes.

maigre

choc

blur

Avec CONSTRUCTIONS METALLIQUES, le problème se renverse complètement : ces mots sont véritablement des constructions métalliques.

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Aix-les-Bains, route royale, mardi 14 avril 2009, 19h.

Un mot peut en cacher un autre

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Aix-les-Bains, passage à niveau de l’avenue de Tresserve, mardi 14 avril 2009, 19h57. L’avenue de Tresserve possède plusieurs magasins d’alimentation cacher.

Aix-les-Bains, ville thermale, s’est développée autour de 1900 grâce aux liaisons ferroviaires. À Aix-les-Bains, on pouvait être cheminot et employé d’hôtel. Le chemin de fer garde une grande présence. Il y a plusieurs passages à niveau dans la ville même. À cause de l’école talmudique fondée après 1945, il y a à Aix-les-Bains une importante communauté juive orthodoxe, environ un millier de personnes. La Pâque juive est cette année du 9 au 16 avril.

Occupation (20. J’arrive enfin)

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Vendredi 10 avril 2009, 13h15, TGV.

À la fin du mois de septembre 1731, Jean-Jacques Rousseau revient de Lyon vers Chambéry en passant par Les Échelles et la cascade de Couz :
Plus près de Chamberi j’eus un spectacle semblable en sens contraire. Le chemin passe au pied de la plus belle cascade que je vis de mes jours. La montagne est tellement escarpée que l’eau se détache net et tombe en arcade assez loin pour qu’on puisse passer entre la cascade et la roche, quelquefois sans être mouillé. Mais si l’on ne prend bien ses mesures on y est aisément trompé, comme je le fus : car à cause de l’extréme hauteur l’eau se divise et tombe en poussiére, et lorsqu’on approche un peu trop de ce nuage, sans s’appercevoir d’abord qu’on se mouille, à l’instant on est tout trempé.
J’arrive enfin, je la revois. Elle n’étoit pas seule.
Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, Œuvres complètes La Pléiade, t.I, p. 173

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Moments de Jean-Jacques Rousseau, Gallimard, 2000.

Arrivant par le TGV à Chambéry, depuis Pont-de-Beauvoisin, il faut être attentif si l’on veut apercevoir la spectaculaire cascade de Couz. Elle surplombe la voie et apparaît dans une trouée des arbres. Filmée à plusieurs reprises et finalement le 12 juillet 1999 pour la séquence qui est dans le cd-rom Moments, elle est devenue un point de repère temporel. Cette fois, le filmage depuis le train a été lancé plus de dix minutes avant, avec un long passage dans un tunnel. Mais le train a ralenti et s’est arrêté exactement, pour la caméra, devant la cascade.

[flv width= »200″ height= »170″]http://jlggb.net/blog/wp-flv/couz.flv[/flv]

Une minute de la vidéo prise depuis le train. 10.04.2009, 12h15.

Coïncidence supplémentaire, dans les Confessions, la phrase qui suit la cascade est celle qui inspire le sous-titre de ce blog : « J’arrive enfin, je la revois. Elle n’étoit pas seule. » Elle avait aussi était mise en exergue du texte d’introduction à L’Image n’est pas seule (exposition inaugurale de la bibliothèque universitaire de Paris 8 en 1998).

Le démon de l’analogie

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La chemise blanche est une œuvre de Rodney Graham, artiste canadien, avec Ann Demeulemeester, styliste belge : White Shirt (for Mallarmé) Spring 1993, 1992. Elle renferme un poème en prose de Mallarmé, Le démon de l’analogie, traduit en anglais et imprimé sur une feuille de papier à aquarelle.

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L’installation, projection vidéo en diptyque est une œuvre de Harun Farocki, cinéaste et artiste allemand : Immersion, 2009. Elle restitue une série d’entretiens psycho-thérapeutiques menés par d’anciens soldats de la guerre en Irak plongés dans des jeux en réalités virtuelle reprenant les circonstances de leurs traumatismes.

Les deux artistes sont exposés simultanément dans les salles de la Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris, ce qui suscite une certaine perplexité chez les visiteurs. Vernissage, lundi 6 avril 2009, 20h.

Citation : « La sienne [sa bête noire], c’est l’analogie. […] elle constitue le « naturel » en source de vérité […]. Lorsque je résiste à l’analogie, c’est en fait à l’imaginaire que je résiste : à savoir : la coalescence du signe, la similitude du signifiant et du signifié, l’homéomorphisme des images, le Miroir, le leurre captivant. Toutes les explications scientifiques qui ont recours à l’analogie — et elles sont légion — participent du leurre, elles forment l’imaginaire de la Science. » « Le démon de l’analogie », Roland Barthes par Roland Barthes, Seuil, 1975, pp. 48-49.

À partir d’une devanture, vers le Web sémantique

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Le mot « devanture » collecte, sur Google images, 48 500 liens  vers des photographies (consultation limitée à 1 000) et cela donne des planches intéressantes (si la vitrine a quelque chose à exposer, la devanture s’expose et possède donc une certaine photogénie). On avait dit que le Web était comme la rue. Peut-être une raison de plus pour ouvrir une rubrique « La vie des vitrines ». Les home pages sont des devantures autant que des vitrines. La toute petite devanture du Studio Henry avait été remarquée depuis 40 ans. Et on y a assisté à la disparition des portraits qui en faisaient un lieu de conservation de cet art « bourgeois ».

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Google. Recherche d’images pour « devanture », 4 avril 2009.

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Francis Chouquet, Amaury Balmer et Xavier Borderie, WordPress,
Pearson, janvier 2009, 360 p.

Vendredi 3 avril 2009, vers 13h, sur le chemin du retour de la librairie Eyrolles (achat d’un livre technique sur WordPress, 31,35 euros ttc, déduction faite d’une remise de 5%), l’idée vient de réaliser ce qui était en projet depuis longtemps, photographier cette devanture remarquable pour sa qualité graphique, sa visibilité et sa modernité, pour la typographie en relief de son enseigne très haute et étroite, pour l’Isorel jaune perforé des vitrines et les parements en lames d’aluminium doré.

Pour publier la photo ainsi très simplement faite, un détour par Google Maps et Street View permet de vérifier l’adresse : 4 boulevard Henri IV, Paris 4e.

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Boulevard Henri IV, quai Henri IV. Images Street View, 4 avril 2009.

Ensuite, la seule référence du Web semble se trouver dans cet article d’un blog (le mot vieux est souligné par nous) :

Îlot. Si Paris est une ville fascinante, elle peut être aussi une ville vaniteuse, perdue dans une fuite en avant épuisante, dont la meilleure illustration reste la circulation à la fébrilité douteuse. J’y cherche toujours des ilots de paix, des endroits où le flux du temps se calme, où le cœur de la ville ralentit, abandonnant sa tachycardie démente. J’en ai trouvé un, magique. C’était tout à l’heure, j’étais à l’affut d’un photographe prêt à me tirer le portrait pour mon passeport, négligeant les photomatons accueillants comme des vespasiennes de gare. J’ai trouvé le « studio henry », perdu sur une grande avenue. Une petite devanture toute désuète, rien en vitrine, juste en très grand, en lettres de bois, sur un fond de planches, façon années ’50-’60, « studio henry ». Là, un très vieux monsieur casquetté, habillé comme dans Jean Gabin ou Noël-Noël dans les Vieux de la vieille, concentré sur une vieille télévision, seul, ne réagissant même pas quand j’ai poussé la vieille porte. Des photos d’identité ? Oui, oui, c’est possible… Engoncé dans ses vieux gilets et dans son accent auvergnat, il m’a emmené dans l’arrière-boutique, sombre, sale, le platras tombant… Là, tout au fond, de vieux projecteurs fatigués égratignaient de faisceaux blafards un vieux prie-Dieu poussiéreux — pour les photos de première communion ? —, un vieux cube sur lequel je dus m’asseoir pendant qu’il me tirait le portrait à l’ancienne, la casquette toujours bien vissée, comme il le devait le faire depuis des décennies, avec un vieux Polaroid mathusalémique. « C’est comme Pagnol, ici », me dit-il, tout fier, « y a pas de grand décor », et j’acquiesçai. Je me pris à lui parler en retrouvant l’accent de ma Hesbaye natale et on a discuté d’histoire, de Moyen Age. Période merveilleuse: il devait y avoir alors une nature plus belle que jamais, des animaux partout, or, voyez-vous, me confiait-il, « je suis chasseur, et j’aurais aimé vivre au Moyen Âge ». Je n’avais jamais songé à cela, le Moyen Âge comme paradis des chasseurs. Pourquoi pas ? Il a bien le droit, Henry, de rêver de ce Moyen Âge-là! Je suis parti de là tout heureux, comme si j’avais pris dix jours de vacances loin du tumulte, tout léger, je suis sorti, avec mes photographies, bien réussies. Je lui ai promis de revenir.
http://www.medievizmes.net/document444.php

Ce blog est celui de Paul B. chercheur médiéviste (CNRS, Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, section de diplomatique), spécialiste du traitement électronique des manuscrits et des archives. Un lien se présente vers un autre blog : http://www.lespetitescases.net/ celui de Gautier P, consultant en matière de Web sémantique ou Web3 — « un web ‘pénétrant’ qui comprend le sens des mots, les met en relation par des liens intelligents ». On va trouver aussi sa compagne, Emmanuelle B., conservateur au département de la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France, et son propre blog : http://www.figoblog.org/. On pourra se documenter, par exemple, sur la « négociation de contenu » et on aura l’image de leur enfant, etc.

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Graphe de l’Open Data Movement
. Représentation des ensembles de données qui ont été publiés et liés par le projet à ce jour, soit plus de 4,5 milliards de triplets RDF (Resource Description Framework) liés par 180 millions de liens RDF (Mars 2009).

bebeblog

Du relationnel au sémantique, de proche en proche, de la devanture sans photographies du photographe du boulevard Henri IV, on se retrouve là : http://liberfloridus.cines.fr/textes/cines.html. « Cette base recense les manuscrits enluminés issus des fonds des bibliothèques Mazarine et Sainte-Geneviève. Elle représente près de 1 600 manuscrits et 31 000 images, toutes consultables par feuilletage. »

c022896
Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 0072. Bible glosée, 13e s. ; début : 1 200 ; fin : 1 224 ; Sainte-Barbe-en-Auge, prieuré ; codex; parchemin ; 245 ff. ; 358 x 240 ; © IRHT – BU – SDBD.

Post scriptum
Les lettres de l’enseigne STUDIO HENRY peuvent-elles se trouver sous forme de police ? Le iPhone dispose depuis peu de l’application WhatTheFont. La photo (redressée, recadrée, traitée envoyée par e-mail sur le téléphone) est soumise à analyse et confrontée à la base de données de MyFonts. Résultat le plus approchant : Tall Skinny Condensed de Outside the Line, designer : Rae Kaiser, 1999. Grand, maigre et étroit, ces trois caractéristiques sont rarement rassemblées. L’enseigne, aussi haute que la vitrine, avait besoin de ce radicalisme.

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L’enseigne originale et sa version typographique approximative.

 

Note d’avril 2012
Le Studio Henry a fermé il y a quelques mois et une lettre de l’enseigne a été arrachée.