La Destinée réversible



Samedi 4 janvier 2025, 11h, Yoro, Gifu. Le parc de « La Destinée réversible » est une aventure architecturale sans équivalent, l’œuvre, dans les années quatre-vingt-dix, d’un duo d’artistes, le Japonais Shusaku Arakawa (1936-2010) et l’Américaine Madeline Gins (1941-2014). Montrés ici : « La Maison de la ressemblance critique », un labyrinthe dont le toit a pour forme une carte de la préfecture de Gifu ; « Le Champ elliptique », un paysage escarpé dont on ne mesure pas l’échelle mais que l’on peut franchir en perdant l’équilibre, de surprise en surprise.

La base d’une future maison


Samedi 4 janvier 2025, 9h, non loin de la gare d’Ogaki. On comprend ici un principe particulier des maisons au Japon, ne pas considérer le plancher comme socle mais l’ajouter au dessus sur une base qui contient les distributions. Le plancher est d’ailleurs une sorte de meuble sur lequel on monte après avoir quitté ses chaussures et sur lequel on glisse et où on peut s’assoir. On voit d’ailleurs que le béton s’arrête là, que tout le reste va venir d’élément à assembler, en métal, en bois, en céramique, en matière plastique, des espaces construits en usine.


Chantier le 28 janvier 2025.


Presque terminée, le 11 mars 2025.

Verdure au premier étage


Jeudi 2 janvier 2025, 12h, Excelsior Caffé (de la chaîne Doutor), Shijo Dori, non loin de l’avenue Karasuma, Kyoto. Au premier étage du café, voisin du grand magasin Hands, il y a une salle dont la baie vitrée qui donne sur la rue est quasiment close par un parement de lattes de bois — comme un séchoir à noix. Discrétion, calme, mais lumière artificielle. Une douche lumineuse plus intense est au centre de la grande table. Une plante (laquelle ? Epipremnum probable) est là pour exprimer la verdure vivifiante.

De la capitale du kaki

Mercredi 1er janvier 2025, 16h, Nagasawacho, Ogaki. On nous a dit, avec une pointe d’ironie car la ville n’a pas de curiosités remarquables, qu’Ogaki est la capitale du kaki. De grosses oranges, des yuzu jaunes boursouflés, attirent d’abord l’attention. Lorsqu’ils apparaissent, les plaqueminiers chargés seulement de gros fruits (pas orange, pas kaki, vermillon subtil) l’emportent. Ici devant une vieille et belle maison abandonnée. On en fait une carte de vœux bénéfique pour 2025.

Jour de l’an


Mercredi 1er janvier 2025, midi, résidence Rist, Ogaki. Le radis, nommé daikon 大根, « grosse racine », se mange en particulier l’hiver. Il va être cuit. Il a été acheté au très grand supermarché MaxValu du centre commercial Aeon Town, ouvert jour et nuit, à 9 minutes à pieds du logement.

Pousser une porte à Nagoya





Lundi 30 décembre 2024, 15h – 16h, quartier Sakae, Nagoya. On aperçoit des tables et une cuisine et on pousse la porte. Il y a vraiment au Japon deux sortes de restaurants, ceux qui sont très ouverts et ceux qui sont cachés. Les deux exemples sont là côte à côte. Ici, à peine plus de douze places, y compris au comptoir qui donne sur la cuisine où s’affairent deux jeunes hommes. À voir le grand bouquet de fleurs au centre du petit espace et la serveuse qui semble tout diriger, on comprend vite que c’est à la mode. Avec le menu puis le zakouski, on apprend la référence italienne. On va attendre longtemps un filet d’agneau et un risotto, mais, à voir les autres clients, c’est le style. En sortant, alors que le jour baisse, on découvre une grande façade aveugle peinte en gris sombre. Le nom, Up Town, et l’image de l’enseigne, vont nous faire entrer dans toute une histoire sur Internet : https://www.instagram.com/uptownyamabiko/

Une façade fleurie



Lundi 30 décembre 2024, 12h45, quartier Nishikimachi, Ogaki. L’esthétique active du micro jardin de fleurs de certaines maisons ne peut s’exercer que par leur inscription dans un espace plus large. L’exemple japonais peut nous inciter à une systématique du diptyque photographique de la chose dans son contexte.