Le Bernascon

Aix-les-Bains. Le Bernascon, le plus grand des palaces (350 chambres) que la transformation en résidence (1960) a sauvé, dans une certaine mesure. Première pierre en 1897, ouverture en 1900, architecte J. Pin ainé.

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Mardi 2 juin 2009, 16h30. Le grand escalier et l’ascenseur sont traités comme une seule entité.

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Mardi 2 juin 2009, 16h30. Le hall vu depuis les portes des terrasses.

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Mardi 2 juin 2009, 16h30. La première pierre, sous la galerie du rez-de-chaussée.

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Pose de la première pierre de l’hôtel Bernascon, le 24 mai 1897.
Photo Service Régional de l’Inventaire de Rhône-Alpes.

La coupe de temps retrouvée

jetee-sequoiaChris Marker, La Jetée, 1962, « Je viens de là ».

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Mercredi 20 mai 2007, 12h30, Jardin des plantes, Paris, 5e. On était resté sur une interrogation relancée par deux billets récents : celui sur la coupe d’un tronc à Corbières, dans le parc de l’ancien climatérium; celui consacré à Chris Marker dans le défilé du 1er mai. Alors, à la première occasion, une investigation devait être tentée. La traversée du Jardin des plantes, presque hebdomadaire depuis une douzaine d’années, n’avait pas donné l’occasion de pousser cette porte marquée PHANÉROGAMIE. À l’entrée de l’Herbier du Muséum national d’histoire naturelle, a été retrouvée aujourd’hui un peu avant midi la coupe de séquoia de plus de 2000 ans que l’on voyait autrefois dans le jardin (probablement en 1962, peut-être après), sous un abri, et que l’on avait vue aussi dans La Jetée de Chris Marker.

Il y a un projet de rénovation de l’Herbier national (bâtiment construit en 1935). Le hall est encombré et dans la pénombre. Pour les besoins de la photographie, les lampes ont été allumées par la personne qui est à l’accueil.

Une plaque sur le socle de la coupe dit : En souvenir de leur amitié de tout temps qu’ils désirent perpétuer, le peuple de Californie et la Légion américaine, section de Californie, offrent aux anciens combattants français de la Grande Guerre ce témoignage d’estime et de camaraderie. Septembre 1927.

Incursion dans l’Observatoire

Jeudi 14 mai 2009, entre 16h30 et 17h, on peut passer de l’IAP (voir le billet précédent) à l’Observatoire de Paris.

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Un cerisier qui supporte une balançoire et un trapèze.

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Le grand escalier.

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François Arago (1786-mort ici à l’Observatoire en 1853), d’après David d’Angers.

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Salle du conseil : « Coffee break » du workshop « Magnetism in Massive Stars ».

La traversée d’Étranginaz

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Samedi 9 mai 2009, 19h, route départementale 991, nommée ici Grande Route, entrée du hameau d’Étranginaz, Corbonod, Ain.

Plus d’une fois, la confrontation à un nom de village, de rivière, mot inscrit sur un panneau placé sur le lieu qu’il désigne, a fait naître un sentiment d’étrangeté, même et surtout si ce nom était depuis longtemps devenu « naturel » (voir le billet du 28 août 2002, « Blog d’avant le blog », sur « Le nom Mane »). La découverte d’Étranginaz pouvait échapper à cet effet puisque ce nom est doublement l’étrangeté même. Alors Étranginaz mérite une première enquête.

Site de la commune de Corbonod : « La commune de Corbonod comporte 13 hameaux : Charbonnière, Corbonod, Eilloux, Étranginaz, Fontaine, Gignez, La Trille, Mancin, Orbagnoux, Puthier, Rhémoz, Sylans et Volage. Située dans le Bugey à l’est du département de l’Ain (Arrondissement de Belley, canton de Seyssel), sur la rive droite du haut-Rhône, aux confins de trois départements (Ain, Savoie et Haute-Savoie), Corbonod est une commune rurale de moyenne montagne à vocation agricole et viticole, tournée vers les bassins du Genevois et de la Haute-Savoie. »
Une recherche sur Google donne, pour Étranginaz, 212 occurrences. Le mot Étranginaz renvoie exclusivement au village d’Étranginaz. Voilà donc l’exemple d’un mot (assemblage singulier de 10 lettres, pas un simple code non plus, un mot prononçable et rattaché à une langue compréhensible) qui a un référent unique dans la galaxie Internet.

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Latitude : 45°58’53.19″N; longitude : 5°48’18.93″E.
Semblablement, la recherche sur Google Earth du nom Étranginaz seul, sans autre indication, pointe sans équivoque vers Étranginaz sur la mappemonde. Il faut admettre, mais ce serait à vérifier, que Google Earth « sait » où se trouve la machine sur laquelle la recherche s’effectue. Étranginaz ferait donc concurrence au Pays du Milieu tout entier et au Milieu-du-Monde de La Sarraz (Voir Le Milieu du monde, film d’Alain Tanner, 1974), mais là il s’agit du partage des eaux, c’est un village situé entre le lac Léman et le lac de Neuchâtel .

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Vue oblique sur Google Earth, 9 mai 2009 : le Bugey, le Rhône, la ville de Seyssel (partagée entre l’Ain et la Haute-Savoie). Au loin, au nord : Étranginaz.

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Étranginaz repéré sur Google Maps.

Le chalet Charcot et son annexe

Notice de la base Architecture-Mérimée du ministère de la Culture :

Chalet Charcot et son annexe, 29 rue Georges 1er de Grèce, Aix-les-Bains. Hôtel édifié en 1882 d’après les plans d’Antoine Gouy, architecte genevois, basés sur la représentation d’un chalet de type suisse. Les travaux ont été exécutés en trois mois. Un bâtiment de style italien, annexe au chalet, destiné à abriter une salle à manger d’été et un cabinet de travail, est édifié en 1896 par Léon Grosse à partir des plans établis par Jean Chevalley. Les décors intérieurs proviennent d’Italie. Le Commandant Charcot et sa famille y résident. © Monuments historiques, 1992

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Mardi 21 avril 2009, 18h, 18h30.

Panoramic

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Sur les hauteurs de l’est d’Aix-les-Bains, le très grand immeuble Panoramic, construit comme hôtel en 1929 sur les plans de l’architecte parisien Léon Bouille, a été vendu en appartements avant même son achèvement en 1931 (Voir la fiche du Patrimoine d’Aix-les-Bains). Dimanche 19 avril 2009, 16h15.

aix-panoramic-1953Le site d’Aix-les-Bains vu depuis l’une des terrasses du Panoramic,
carte postale [dr], 1953.

Un temps sans épaisseur

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Samedi 11 avril 2009, 15h15. Dans le parc de l’ancien Climatérium de Corbières à Pugny-Chatenod, Savoie (voir le billet Climatérium), un très grand conifère (lequel ?) a été scié. Il faudrait le regarder de très près, ce doit être possible de compter les cercles de ses années. Les arbres sont des monuments — monumentum, ce qui fait se souvenir, ce qui garde la mémoire. Du monument dressé au monument comme diagramme du temps, on peut finalement préférer ce dernier, pour sa planéité, pour sa lisibilité. Et pour l’allusion à la coupe de séquoia que l’on voyait sous un abri du Jardin des plantes, avec ses petites plaques de cuivre gravées de dates et d’événements. C’est cette coupe de la base d’un séquoia, conservée au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, qui apparaît dans La Jetée :

[flv width= »500″ height= »315″]http://jlggb.net/blog/wp-flv/sequoia.flv[/flv]

« Ils marchent. Ils s’arrêtent devant une coupe de séquoia couverte de dates historiques.
Elle prononce un nom étranger qu’il ne comprend pas. *
Comme en rêve, il lui montre un point hors de l’arbre.
Il s’entend dire : « Je viens de là… » »
* Hitchcock ?
Chris Marker, La Jetée, 1962

Hitchcock ? C’est la question qu’inscrit l’auteur, dans la version livre de La Jetée. Car l’allusion circule. Elle vient à Marker de Vertigo (1958). Il en en reprendra encore la figure dans Sans Soleil et dans Immemory (1998).

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Alfred Hitchcock, Vertigo (1958).

[images extraites de : http://www.hitchcockwiki.com/wiki/1000_Frames_of_Vertigo_(1958)]

Pour dresser cette carte du temps, il a fallu scier et abattre la colonne monumentale, verticale, spatiale, de l’arbre. La carte d’un temps n’a pas besoin, comme celle d’un espace, de mimer l’horizontalité d’un sol. Après le basculement du tronc, elle peut s’affronter comme un tableau noir. Elle est sans épaisseur ou, plus exactement, son épaisseur est faite de répétitions qui sont autant de moments synchrones et distincts. Une remarque encore : les profondes cassures du tronc, comme les vagues de sa périphérie, n’affectent en rien la chronologie, immuablement concentrique. Elles disent cependant des présents différents et les sorts contraires que connaissent les souvenirs.

Note 1. Sur le sciage des troncs, voir la technique observée à Xian (Chine) en avril 2006.

Note 2. La coupe de séquoia du Jardin des plantes est retrouvée, voir le billet du 20 mai 2009.

Climatérium

carte-corbieresCarte postale [dr] :
« Aix le 28 avril 04. […] L’établissement où je vais aller d’ici quelques jours. »

À 700 mètres, au dessus d’Aix-les-Bains et sous le Mont Revard, près de Pugny-Chatenod, sur le site des Corbières qui semble bénéficier d’une température douce et d’une bonne exposition au soleil, le docteur Jean Monard associé à l’entrepreneur Léon Grosse firent en 1893 le projet d’un centre de villégiature et de cure. Un bâtiment fut construit mais le projet s’arrêta en 1911. L’hôtel, ou « climatérium », devint en 1917 un établissement pour orphelines de guerre géré par une congrégation religieuse. Agrandi (partie gauche sur la photo), il restera un orphelinat jusqu’en 1970. Il y a quelques années nous est revenu le témoignage affligeant de l’une des anciennes pensionnaires. Aujourd’hui propriété d’une autre congrégation monastique, le bâtiment semble à l’abandon.

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Les Corbières, Pugny, Savoie, samedi 11 avril 2009, 15h.

La terre des sœurs T.


À Chindrieux, les sœurs T. possèdent une terre d’environ 2000 m2, chemin de Chantemerle. Elle est constituée de deux parcelles en terrasses qui furent plantées de vignes. La partie haute est un petit bois avec des frênes, des hêtres, des érables, des buis. La partie basse est envahie de ronces et d’arbustes mais elle a été défrichée il n’y a pas très longtemps. Il est donc facile de prélever un peu de terre pour les pots qui vont être installés dans les loggias de la rue Isaline. C’est ce qui est fait, pour le symbole autant que pour l’utilité, dimanche 1er mars 2009 vers 14h. Le ciel est gris, mais le printemps s’annonce. Le transplantoir est neuf, de la marque historique (années cinquante) Wolf.

« Outil léger et basique.
Angle d’attaque optimal. »

Archéologie


Dimanche 15 février 2009, après-midi. Chez Alain et Cathy B. à Villiers Saint-Frédéric, juste sous la maison, se trouvent des silex taillés en quantité. C’était probablement un atelier de fabrication, à quelle époque au juste ? Une très grosse pierre a été sortie au moment de la construction du sous-sol de la maison. Elle est comme un établi, ou un étal de boucher, ou une table de sacrifices, un autel rituel. Voir la surface plane légèrement creuse, le canal et le bassin, les nombreuses marques de lames.


Dans la maison, au sous-sol, une horloge de cent ans (?) qui vient de la maison R., garagiste à Pierrelatte, Drôme. Remarquer la qualité du dessin des chiffres, romains et « arabes », noirs et rouges.