De la bibliothèque : Brecht, Monsieur K.

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Mardi 15 juillet 2014, 19h. Parce qu’Anne, qui termine sa thèse sur l’observation et la surveillance dans l’art contemporain, me demande de vérifier la traduction d’un fragment de Brecht, Histoires de Monsieur Keuner, je sors Histoires d’almanach, traduction de Maurice Regnault, L’Arche, édition de 1973, page 148 :

Histoires de Monsieur Keuner
Quand Monsieur K. aimait quelqu’un
« Que faites-vous, demanda-t-on à Monsieur K., quand vous aimez quelqu’un ? »
« Je fais de lui un portrait, dit Monsieur K., et je prends soin qu’il lui ressemble. »
« Qui ? Le portrait ? »
« Non, dit Monsieur K., l’homme. »

Geschichten vom Herrn Keuner
Wenn Herr K. einen Menschen liebte.
« Was tun Sie, wurde Herr K. gefragt, wenn Sie einen Menschen lieben ? »
« Ich mache einen Entwurf von ihm, sagte Herr K., und sorge, daß er ihm ähnlich wird. »
« Wer ? Der Entwurf ? »
« Nein, sagte Herr K., der Mensch. »

Médical, décoratif, racinien

ailante racine
Lundi 14 juillet 2014, 17h30, rue Racine, Paris 6e. Dans l’intervalle entre la vieille et belle façade marquée École Royale Spéciale de Dessin — l’ancêtre de notre École nationale supérieure des arts décoratifs, créée en 1765 —, et l’arrière de l’École de médecine — et du réfectoire des Cordeliers —, un arbre jaillit vers le ciel. C’est un « monte-aux-cieux », un ailante. La description courante de cet arbre, « espèce introduite au 18e siècle, naturalisée en France, envahissante », dit : « feuille pubescente et glanduleuse »; « odeur désagréable »; « xérophile à mésohygrophile (capables de survivre à une sécheresse) »; « profite des catastrophes naturelles en forêt (tempêtes, insectes défoliateurs, etc.) pour proliférer »; « capacité invasive dans des trouées ne bénéficiant que d’un faible éclairement »; « croissance exceptionnellement rapide »; « propriétés allélopathiques »; « la médecine chinoise utilise l’écorce, les fruits ou les racines pour le traitement de différentes affections (maladies nerveuses, dysenterie…) »; « les feuilles ont été utilisées pour la production de soie à partir des cocons d’une larve de papillon parasite, le bombyx de l’ailante samia cynthia »; « donne un miel au goût musqué »; « l’écorce et les feuilles pouvant provoquer des irritations allergiques, il est préférable que les manipulations de l’ailante glanduleux se fassent avec des gants »; « tous les débris végétaux d’ailante devront être brûlés et non compostés et encore moins laissés simplement en l’état, de façon à ne pas favoriser la dissémination des graines ou la reproduction végétative à partir de fragments de racines »; « l’ailante possède d’innombrables facultés biologiques lui permettant d’interférer sur la croissance et la survie d’autres espèces »; etc.
Exemple d’un document : http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/47/32/67/PDF/NO2009-PUB00028261.pdf
Voir : « Immigré », http://jlggb.net/blog4/?p=1403

Pavillon au soleil

pays bas hublot
pays bas verre
Samedi 12 juillet 2014, 14h — 16h, Versailles. Solar Decathlon met en compétition dix équipes d’étudiants concevant des maisons qui utilisent seulement l’énergie solaire. L’équipe de Delft transforme un pavillon des années 60 : des cylindres en métal descendent la lumière du toit vers les pièces, une véranda capte et stocke la chaleur, etc. http://www.pretaloger.nl

Tatiana Trouvé

TT the guardian
TT i tempi doppi
TT prepared space
Mercredi 9 juillet 2014, 17h — 18h, Genève, Mamco. Tatiana Trouvé (1968, Cosenza, Italie, vit à Paris), The Guardian (chaise du gardien, tige en cuivre qui garde la place du gardien, deux sachets en bronze, un sachet en plastique avec peinture, œuvres contenues dans le mur); I Tempi doppi, lampe allumée reliée à une lampe éteinte; Prepared Space, fentes découpant le sol et les murs, cales en bois et en métal. Voir : Un gardien 2022

Jardin

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Dimanche 6 juillet, 10h45, Aix-les-Bains. Au bord du lac, au-delà du Grand Port, le Jardin vagabond, sur l’idée du Jardin en Mouvement de Gilles Clément : « Le Jardin en Mouvement préconise de conserver les espèces ayant décidé du choix de leur emplacement. » Sous la surveillance de la Dent du chat, des orties s’alignent. On attend la visite du maître.

Le paysage lit ma carte

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Samedi 5 juillet 2014, 13h35, TGV Paris — Aix-les-Bains, Chambéry. La perle bleue indique où se trouvent le smartphone et celui qui l’a sur lui. C’est le paysage qui lit ma carte. Maintenant que les GPS — et les autres facteurs de géolocalisation — sont dans des appareils branchés sur les réseaux, la « carte », c’est-à-dire l’immense base de données qui est comme le mille feuilles virtuel de la planète, accumule les informations qui lui proviennent de partout. Par exemple, qui je suis, qu’est-ce que je lis et envoie, où je suis passé et quand depuis des années, combien j’ai fait de pas dans la journée, quel est mon rythme cardiaque, etc. Là, sur des rails, la carte n’a pas grand-chose à apprendre de la géométrie du terrain. Mais si je pars dans la campagne, dans la forêt, mon trajet va s’ajouter à tous les autres pour fabriquer le « moulage » du paysage.