Tronc de cône de 9°

choko alessi
choko brut
Vendredi 21 novembre 2014, 23h. Trouvée il y a quelques jours, cette tasse — ou coupe, on ne sait pas trop comment la nommer, plutôt ce gobelet — en grès, gris mat à l’extérieur, glaçure blanche à l’intérieur. Elle fait partie d’un ensemble nommé « Tonale », signé David Chipperfield — le grand architecte britannique — chez Alessi, explicitement référencé au peintre Giorgio Morandi, pour sa quotidienneté et ses couleurs pâles. Le gobelet est désigné comme « inspiré des céramiques vernaculaires originaires de Corée, du Japon et de Chine. » J’y vois une identité de forme avec le soba choko qui m’intéresse au plus haut point, le gobelet à nouilles de sarrasin. Confrontation faite, ce sont exactement les mêmes dimensions : hauteur = 70, diamètre supérieur = 84, diamètre inférieur = 62. Le calcul trigonométrique donne un angle de 8,93°. On peut l’arrondir à 9°. Voilà bien la clé du destin du soba choko, d’abord méprisé puis formidablement prisé pour sa rusticité, sa géométrie minimaliste. Le volume d’un tronc de cône est : V = πh/3 (r² + rR + R²). Sa forme tient dans les proportions de trois longueurs. La résultante qu’est l’angle de l’évasement marque le sentiment que l’on a en présence d’un gobelet.
Voir :
http://jlggb.net/blog3/?p=6978
http://jlggb.net/blog3/?p=6967

Transparence

simon services
vitrine saint sabin 2014
Samedi 8 novembre 2014, 17h, rue Saint-Sabin, Paris 11e. La profusion de choses identifiables — 2 bouteilles, 14 tableaux ou œuvres, 10 bouquets ou plantes, 6 chaussures, 14 pots ou vases, 9 boîtes ou paquets, 6 cintres, 8 étagères — ne permet pas de connaître la nature de cette boutique. Le texte de l’affichette sur la vitrine ne dit pas non plus de quel service il s’agit.

Vue + voix = fiction

fact corbusier lavabos
fact barbican porte
Dimanche 21 septembre 2014, 18h, Centre culturel suisse, rue des Francs Bourgeois, Paris 3e. Le bénéfice du doute est le titre de la suite de deux films du Collectif_fact (Annelore Schneider, née en Suisse en 1979, vit à Londres et Claude Piguet, né en 1977, vit à Genève). Hitchcock presents (2010) et The Fixer (2013) ont en commun de réunir des images et des textes qui ont des existences indépendantes pour les faire énigmatiquement signifier ensemble. Les vues filmées de la Maison blanche de Le Corbusier à La Chaux-de-Fonds sont avec la voix d’Hitchcock donnant l’intrigue de son film Psycho. Les photographies de l’intérieur du Barbican Centre (on y était il y a quelques jours, c’est troublant) sont avec la voix d’un « script doctor », homme chargé de corriger un scénario en éliminant des personnages ou des scènes, que l’on peut prendre pour un tueur en puissance. La salle présente deux éléments de décor, papier peint et lampe, qui viennent des lieux réels.