janvier 2015

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neige berlin prenzlauerberg 2015
Samedi 31 janvier 2015, 12h30, square à Prenzlauer Berg, Berlin. Effet magnétique de la neige qui souligne la lisibilité de la ville.

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berlin linienstrasse 2015
Samedi 31 janvier 2015, 11h45, rue Linienstraße, Berlin. L’agencement chaotique attire l’attention. Il est à l’origine de la plupart des notations.

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Care of

berlin care of
Vendredi 30 janvier 2015, 15h, fondation C/O, Amerika Haus, Hardenbergstraße, Berlin. Blow Up. Antonioni’s Classic Film and Photography, une intéressante exposition dans un bâtiment très bien restauré — des années 50, un lieu qui a eu une histoire mouvementée, jusqu’à ce qu’il soit repris par la Ville de Berlin et qu’il accueille ce centre culturel —, avec une bonne cafétéria sur la rue (Site : http://www.co-berlin.org). Je note que la façon de planter la fourchette dans le gâteau semble nationale (mais plus discrètement qu’à Hambourg : http://jlggb.net/blog4/?p=1144)

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transmediale 8 hours 2015
Vendredi 30 janvier 2015, 19h30, Haus der Kulturen der Welt, Berlin. Dans l’exposition de Transmediale 2015, Punchcard Economy est une proposition de l’artiste britannique Sam Meech : « L’économie de la carte perforée » se traduit dans une bannière à la machine à tricoter, inspirée de celle de 1817, « 8 Hour Day ».

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berlin alexanderstrasse 2015
Jeudi 29 janvier 2015, 16h, Alexanderstrasse, Berlin. Espaces à l’écart des monuments et bâtiments phares, des immeubles d’habitation qui datent probablement du temps de la RDA, mais repeints, peut-être en référence à l’architecte moderniste et social, propagandiste de la couleur, Bruno Taut (1880-1938).

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neues museum couple egypte 2015
Jeudi 29 janvier 2015, 11h, Neues Museum, Berlin. Figure assise de Amenophis-user et de sa femme Tentwadj, vers 1425 avant J.-C., Theben/Karnak (?), quartzite. Non loin du buste de Néfertiti, dont l’authenticité est désormais mise en cause, un couple empreint de vérité. Déjà en février 2010 : http://jlggb.net/blog2/?p=1169

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koons popeye pm 2015
Mardi 27 janvier 2015, 22h, centre Pompidou. En prime à la remise des prix Lagardère, l’exposition rétrospective de Jeff Koons. Méfiance à l’égard d’un cynisme sans bornes. Mais constat d’un inattendu effet de bornes et aussi d’un attractif effet de miroir, d’un troublant renversement du mauvais goût. Ce Popeye (2009-2011, acier inoxydable au poli miroir et vernis coloré transparent, édité à 3 exemplaires, galerie Gagosian) reproduit un jouet en matière plastique. Un exemplaire a été acheté 28 millions de dollars par un entrepreneur américain de casinos pour son hôtel de Las Vegas. Ces objets d’art parfaitement fabriqués, très chers, monuments de la marchandisation de l’art, s’ouvrent les musées et provoquent des records d’affluence.

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barthes BB
roland barthes tiphaine samoyault
Samedi 24 janvier 2015, 17h, Paris, 6e. Il y a une semaine, Tiphaine m’a dédicacé son livre, qui fait événement, Roland Barthes, biographie au Seuil, 720 pages, 15 x 24 cm. Elle écrit « qui a connu » car je lui ai dit qu’en 1966 ou 1967, logeant au 11 rue Servandoni chez Annie P. et Boris P., — amis de mon ami Hervé B. —, j’avais croisé R.B. sous le porche. Il habitait au dernier étage de l’escalier B. Après 1975, lisant Roland Barthes par Roland Barthes, je fus retenu définitivement par ce passage, pages 168 et 169 :

Le shifter comme utopie

Il reçoit une carte lointaine d’un ami : « Lundi, Je rentre demain. Jean-Louis. »
Tel Jourdain et sa prose fameuse (scène au demeurant assez poujadiste), il s’émerveille de découvrir dans un énoncé aussi simple la trace des opérateurs doubles, analysés par Jakobson. Car si Jean-Louis sait parfaitement qui il est et quel jour il écrit, son message, parvenu jusqu’à moi, est tout à fait incertain : quel lundi ? quel Jean-Louis ?  comment le saurais-je, moi qui, de mon point de vue, dois instantanément choisir entre plusieurs Jean-Louis et plusieurs lundis ? Quoique codé, pour ne parler que du plus connu de ces opérateurs, le shifter apparaît comme le plus retors — fourni par la langue elle-même — de rompre la communication : je parle (voyez ma maîtrise du code) mais je m’enveloppe dans la brume d’une situation énonciatrice qui vous est inconnue; je ménage dans mon discours des fuites d’interlocution (ne serait-ce pas, finalement, toujours ce qui se passe lorsque nous utilisons le shifter par excellence, le pronom « je » ?). De là, il imagine les shifters (appelons ainsi, par extension, tous les opérateurs d’incertitude formés à même la langue : je, ici, maintenant, demain, lundi, Jean-Louis) comme autant de subversions sociales, concédées par la langue, mais combattues par la société, à laquelle ces fuites de subjectivité font peur et qu’elle colmate toujours en imposant de réduire la duplicité de l’opérateur (lundi, Jean-Louis), par le repère « objectif » d’une date (lundi 12 mars) ou d’un patronyme (Jean-Louis B.). Imagine-t-on la liberté et si l’on peut dire la fluidité amoureuse d’une collectivité qui ne parlerait que par prénoms et par shifters, chacun ne disant jamais que je, demain, là-bas, sans référer à quoi que ce soit de légal, et où le flou de la différence (seule manière d’en respecter la subtilité, la répercussion infinie) serait la valeur la plus précieuse de la langue ?

Roland Barthes par Roland Barthes, Seuil, Paris, 1975

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