


Mercredi 6 août 2014, 13h, Genève. De l’immeuble Clarté de Le Corbusier et Pierre Jeanneret (1931 — 1932), rue Adrien Lachenal, deux peintres en bâtiment nous ouvrent la porte. L’escalier transparent se présente à nous, avec ses marches de verre et sa structure d’acier — comme tout le bâtiment —, un luminaire en forme de tige métallique suspendue à une roulette qui permet de la rapprocher des paliers pour en changer les ampoules. Voir : http://jlggb.net/blog/?p=6260
Catégorie : Histoire
Béton armé translucide

Lundi 4 août 2014, 12h30, Aix-les-Bains. En compagnie d’Alain, architecte, s’engage une série de visites architecturales. L’établissement thermal d’Aix-les-Bains, dans sa version de 1933 dite Pétriaux, du nom de l’architecte, comporte une belle coupole en mosaïque de verre. On peut trouver qu’elle a été conçue et construite par la maison Pierre Dindeleux à Paris, inventrice d’un « béton armé translucide », qui a à son actif une coupole comparable mais semble-t-il plus grande encore à l’hôtel de ville de Vincennes (1935, voir : http://jlggb.net/blog4/?p=1720) et surtout la Maison de verre du docteur Jean Dalsace par Pierre Chareau, rue Saint Guillaume, Paris 7e (1931).

Publicité extraite de la revue Le Béton Armé, Paris, décembre 1929.
Médical, décoratif, racinien

Lundi 14 juillet 2014, 17h30, rue Racine, Paris 6e. Dans l’intervalle entre la vieille et belle façade marquée École Royale Spéciale de Dessin — l’ancêtre de notre École nationale supérieure des arts décoratifs, créée en 1765 —, et l’arrière de l’École de médecine — et du réfectoire des Cordeliers —, un arbre jaillit vers le ciel. C’est un « monte-aux-cieux », un ailante. La description courante de cet arbre, « espèce introduite au 18e siècle, naturalisée en France, envahissante », dit : « feuille pubescente et glanduleuse »; « odeur désagréable »; « xérophile à mésohygrophile (capables de survivre à une sécheresse) »; « profite des catastrophes naturelles en forêt (tempêtes, insectes défoliateurs, etc.) pour proliférer »; « capacité invasive dans des trouées ne bénéficiant que d’un faible éclairement »; « croissance exceptionnellement rapide »; « propriétés allélopathiques »; « la médecine chinoise utilise l’écorce, les fruits ou les racines pour le traitement de différentes affections (maladies nerveuses, dysenterie…) »; « les feuilles ont été utilisées pour la production de soie à partir des cocons d’une larve de papillon parasite, le bombyx de l’ailante samia cynthia »; « donne un miel au goût musqué »; « l’écorce et les feuilles pouvant provoquer des irritations allergiques, il est préférable que les manipulations de l’ailante glanduleux se fassent avec des gants »; « tous les débris végétaux d’ailante devront être brûlés et non compostés et encore moins laissés simplement en l’état, de façon à ne pas favoriser la dissémination des graines ou la reproduction végétative à partir de fragments de racines »; « l’ailante possède d’innombrables facultés biologiques lui permettant d’interférer sur la croissance et la survie d’autres espèces »; etc.
Exemple d’un document : http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/47/32/67/PDF/NO2009-PUB00028261.pdf
Voir : « Immigré », http://jlggb.net/blog4/?p=1403
Demain s’invente ici

Vendredi 13 juin 2014, 13h, rue Saint-Martin, Paris, 3e. Nicolas-Jacques Conté (1755 — 1805), qui inventera le crayon, est appelé en 1794 par la Convention à participer à la création du Conservatoire des arts et métiers, destiné à développer et à faire connaître l’ensemble des machines et des outils nouvellement inventés dans tous les domaines. C’est toujours un beau musée. Avec le slogan « Demain s’invente ici », la manifestation Futur en Seine s’y tient — comme à la Gaîté lyrique voisine. On se demande pourquoi la foule des inventions numériques, des sociétés et associations qui s’occupent de les diffuser et de les enseigner, n’ont droit aujourd’hui qu’à des tentes blanches et surchauffées.
35 mai 2014

Photo © Patrick Zachmann/Magnum, Tiananmen, mai 1989.
Mercredi 4 juin 2014, 23h59. En mars avril 1989, je me suis rendu à Pékin avec Jean-Paul Goude que je conseillais pour le repérage d’artistes — acrobates, pratiquants des arts martiaux, acteurs de l’opéra de Pékin, musiciens populaires, danseurs de hip-hop, etc. — qui devaient participer au défilé des 200 ans de la Révolution française, le soir du 14 juillet 1989, sur les Champs Élysées et la place de la Concorde. Il y avait à Pékin une ambiance intéressante. Parmi nos diverses rencontres, nous avons été reçus par un vice-ministre des affaires étrangères qui avait un trait remarquable au moins : il portait des baskets. Il faut dire que nous avions une lettre de mission signée par François Mitterrand, ce qui ouvrait bien des portes. Après les manifestations de la place Tiananmen et leur répression sanglante le 4 juin 1989, tout fut annulé. La Chine était présente en tête du défilé du 14 juillet, mais représentée par des Chinois de Paris. Un ami de l’École des beaux-arts de Pékin était venu à Paris pour l’exposition Les Magiciens de la Terre au Centre Pompidou dont il avait assuré une part du choix des artistes : Fei Dawei. Il resta en France et il y vit aujourd’hui encore. Des artistes, Ma Desheng, Ling Fei et d’autres, furent, dans une certaine mesure, aidés à rester en France. Patrick Zachmann fit un premier séjour en Chine en 1982 avec mon aide. Il travaillait à une série de photographies sur la diaspora chinoise, Paris et Pékin. Il fut l’un des photographes de la place Tiananmen en mai 1989 : http://www.magnumphotos.com/C.aspx?VP3=SearchResult&STID=2S5RYDIRZ96X . Il entra à Magnum en 1990. Aujourd’hui, quand on parle aux jeunes Chinois — et on en connaît beaucoup parmi les étudiants en art —, ils ignorent ce qui s’est passé il y a 25 ans.
Vanderer über dem Nebelmeer


Mardi 20 mai 2014, 13h. Hambourg, Kunsthalle. Caspar David Friedrich, 1774-1840, Vanderer über dem Nebelmeer, vers 1817. Une manière de le lire est le désir de photographie qui émerge dans la période préromantique (Roland Recht, La lettre de Humboldt : du jardin paysager au daguerréotype, Paris, Christian Bourgois, 1989). Il y a aussi le third person shooter des jeux vidéo.
Le monde des vivants

Vendredi 28 mars 2014, 14h30 — 17h30, cimetière du Père Lachaise, salle de la Coupole du crématorium. Jean-Luc Einaudi est mort à 62 ans. Il a été un éducateur très engagé, attaché aux jeunes en difficultés dans le cadre du ministère de la Justice, mais aussi comme historien. Ses enquêtes, ses livres (La bataille de Paris, Le Seuil, 1991, réédité en 2001), son action, ont eu un rôle décisif pour faire connaître et reconnaître la répression sanglante des manifestations d’Algériens de la région parisienne le 17 octobre 1961. En 1998, Maurice Papon, désigné comme ordonnateur du massacre, lui intenta un procès en diffamation mais fut débouté par la justice. Je me souviens lui avoir parlé des photos d’octobre 1961 par Élie Kagan — que j’avais connues par mon ami de lycée et photographe Gérard-Aimé — et du film Octobre à Paris de Jacques Panijel — que je vis malgré son interdiction dès sa sortie en 1962 ou 1963.