Graffiti palpable



Vendredi 19 décembre 2008, 14h, métro Bir Hakeim, Paris, 15e. Les adjectifs et substantifs formés avec le suffixe –able (capable, praticable, jouable, etc.) sont intéressants et utiles. D’ailleurs, le Grand Robert dit :
-able
Élément, du lat. -abilis, qui s’ajoute aux bases des verbes transitifs en –er (chanter, chantable) et en –ir (variante –issable : périr, périssable) pour former des adjectifs avec la valeur passive de «qui peut être…», ou à une base nominale avec la valeur active de «qui donne», «enclin à» (ex. : charitable, pitoyable). > -ible. La formation de tels adjectifs est libre, notamment en combinaison avec le préfixe négatif in- (in-, im-, ir-).
Dans sa matière colorée, son support à la texture ultra sensible, dans la trace manuelle et kinestésique de son geste, le graffiti (in)palpable est concrètement une démonstration du palpable (ou de l’impalpable), compris comme haptique.

Prélèvement de crassula (2. Londres, Brunswick Centre)

Nouveau prélèvement (voir Tokyo, décembre 2007) d’une bouture de crassula, vendredi 17 octobre 2008, vers 23h; à Londres, Bloomsbury, sur la fenêtre d’un appartement du Brunswick Centre, un ensemble d’habitations et de commerces, icône d’un brutalisme architectural revenu en grâce (et adouci par la peinture beige).

Voir : « Retour sur le lieu » du 27 juin 2009.

Conçu à partir de 1959, construit en 1966-1971, il a été rénové entre 2002 et 2006 par son architecte, Patrick Hodgkinson (avec deux de ses anciens assistants, devenus patrons de Levitt Bernstein).

Brochure sur la rénovation du Brunswick Centre (pdf)

Pour le retour en Eurostar, la bouture a été placée dans une chaussure neuve (modèle « Beverley », la paire dans leur boite Footprints, achetée 70 Neal Street).


Plante somnambule


De passage à Beauvallon, le samedi 6 septembre 2008 à 14h14, après une pluie diluvienne.

École de Beauvallon, ca. 1950. Coll. privée.

Fallopia aubertii est le nom de la plante que l’on appelle couramment polygonum. Cette plante grimpante est, dit-on, originaire de Chine. Sur la façade côté cour de l’école communale de Beauvallon, dans la Drôme, elle montait jusqu’au toit (photo ci-dessus). C’était en 1950. La fille ainée des voisins, instituteurs, les M., était somnambule. Un jour, elle apparut les pieds et les mains blessés. Dans son sommeil, elle était descendue de sa chambre au premier étage le long des fils et des barres de fer du polygonum. La vision du polygonum, plante grimpante à demi sauvage et à fleurs blanches, évoque immanquablement l’image d’une jeune fille en chemise de nuit, les pieds bandés, qui a réalisé un exploit insensé depuis son rêve.


Rue Saint Bernard, Paris 11e,  crêche voisine de l’église Sainte-Marguerite, mercredi 3 septembre 2008, 21h30.