La vie des vitrines

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Le chemisier Adam, rue du Casino à Aix-les-Bains, était resté tel quel depuis 50 ans et c’était un lieu d’hommage à Roland Barthes. Mais ses jours étaient comptés. Depuis mars 2009, c’est la fin. Lundi 30 mars 2009, 15h26.

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Un peu plus loin, rue Claude de Seyssel, la transformation d’un magasin en bureau a sauvé provisoirement la vitrine — très pure — d’un magasin de mode. Pour mettre un magasin à la retraite, lui effacer son enseigne. Lundi 30 mars 2009, 15h14.

Décor intéressant (Hôtel)

Il y a dans la rue Bichat (Paris, Xe), dans son extrémité haute, presque à l’angle de la rue du faubourg du Temple, un long immeuble (22 fenêtres) de deux étages seulement, probablement (et heureusement) voué à une destruction prochaine. Le traitement de la façade, les textures, les couleurs, l’enseigne en contreplaqué découpé, en font une manière de décor de cinéma. Qui plus est, typiquement parisien populaire. Les lettres, proches du Vendôme, un caractère encore très présent dans les enseignes, pourraient dater les choses des années cinquante, mais il n’est pas dit que ce ne soit pas plus récent — le côté décor, précisément.

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Lundi 9 mars 2009, 15h28.

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Le caractère Vendôme, un grand classique de la typographie française
Dessin : François Ganeau, 1951–1953. Fondeur : Olive.

Voir :  Un autre hôtel en Vendôme

La vie du faubourg (publi-reportage)

C’était une adresse dans un catalogue. On a cru que le projet était abandonné. Puis, miracolo, la pancarte sur un petit pan de façade en chantier, aperçue depuis le bus n°86. On a vu un escalier roulant occupant le passage — ça doit s’étendre dans le fond, dans les étages. Et puis ce soir, de retour, dans le 86, de la Sorbonne « université sauvée » : il y a de la lumière ! C’est ouvert depuis ce matin, 4 mars à 10h. La Muji-Life se déploie sur trois niveaux, dans un espace situé derrière l’immeuble sur rue, avec verrières et décors rococo (un ancien cabaret ?), vestige restauré de l’age d’or du faubourg du meuble.



Mercredi 4 mars 2009, 17h50, 91 faubourg Saint-Antoine, Paris 11e, Magasin Muji.


Street View de Google Maps fournit cette photo, probablement du printemps 2008, avec le caliquot : A céder cause retraite, 620 m2 environ, show-room et ateliers, Janrys meubles. Et aussi la disparition du café La Varlope : tout un programme.

Le regard de la Charité



Dimanche 8 février 2009, 16h. Temple Sainte-Marie de la Visitation, rue Saint Antoine, construit selon les dessins de François Mansart en 1632, façade récemment restaurée. Deux sculptures sur les rampants du fronton figurent la Religion et la Charité. Si, marchant sur la rue à un mètre du trottoir, on lève les yeux, on rencontre le regard de la Charité.

L’anti dérive ?

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Brochure d’information de la Allgemeiner Deutscher Gewerkschaftsbund (Confédération allemande des syndicats), Berlin, 1926.

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Mardi 27 janvier 2009, 14h30, Berlin. À l’angle de la Wallstraße et de l’Inselstraße, le bâtiment bien conservé de la Allgemeiner Deutscher Gewerkschaftsbund conçu en 1922-1923 par Max Taut (1884-1967). Il s’agit de traverser la ville pour voir des constructions historiques du XXe siècle. Et cependant, l’itinéraire sera intéressant tout autant par ses à-côtés. Comme par exemple :
La sation de métro Kottbusser Tor, avec ses plaques émaillées noires et ses carreaux gris-roses brillants. La typographie est très proche du Futura (Paul Renner, 1928). La ligne 8 du métro de Berlin, construite autour de 1900, conserve une architecture remarquable.
Voir : http://www.fotoalbum-berlin.de/OEPNV/U-Bahn/Linie_U8/

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Un ensemble de logements modernes à l’architecture intéressante, Skalitzer Straße, métro Kottbusser Tor (le quartier, c’est « Kotti »). De l’autre côté de la place, c’est encore un gigantesque complexe de logements sociaux des années 1970, que l’on a appelé Nouveau Centre de Kreuzberg (NKZ) et qui est devenu quartier « à problèmes », « la nouvelle scène de la drogue du sud de Berlin ». La rénovation par la peinture fait partie des tentatives pour sauver ce quartier qui abrite quelque 200 000 immigrés turcs.

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Non loin de là, une vitrine du marchand de couleurs (et de pinceaux) pour artistes Farben Kacza, Oranienstraße 172-173, Berlin-Kreuzberg.

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Vu sur Internet, février 2009 (Ne pas fermer les yeux !!! Drogues hors de Kottbusser Tor !).
Photo DDP Berliner Morgenpost

Vue : bureaux très tôt le matin

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Lundi 26 janvier 2009, 8h, Berlin. Latitude : 52.524088257. Longitude : 13.384226818. Vue depuis le dernier étage d’un hôtel bâti en courbe dans un espace étroit, tout près du grand bunker de la Reinhardtstrasse, à l’angle de la Schumannstrasse. Les bureaux ont commencé à s’éclairer avant 7h. En bas à gauche on voit un enfant accompagné à l’école en suivant un chemin public qui traverse une zone de bâtiments anciens appartenant à la Charité, hôpital universitaire de l’université Humboldt.

Micro-événement



Vendredi 26 décembre 2008, samedi 27, soir, matin, Hôtel HI, Nice. Il a été conçu par Matali Crasset. On lit sur un dépliant [no comment] : « Chaque concept repose sur une organisation particulière de l’espace à vivre et à expérimenter. Il ne s’agit donc pas de thématiques décoratives mais plutôt de typologies qui donnent des alternatives aux espaces habituellement très codifiés. La chambre devient une structure pour accueillir de micro-événements en relation avec le concept de l’espace. »

Perché è lì…



Mercredi 24 décembre 2008, 12h — 14h, musée GAM [Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea], Turin. Exposition Enzo Mari, L’arte del design. Enzo Mari, Modulo 856, construction en bois laminé de blanc, miroir, 1967. De cette pièce, critique à l’égard des grandes expositions collectives où les visiteurs n’ont pas la possibilité de juger, Enzo Mari dit : « il visitatore scopre inaspettamente la propria immagine, attonita, riflessa da uno specchio. L’idea è che possa domandarsi perché è lì… » [Le visiteur, étonné, découvre de façon inattendue sa propre image reflétée dans un miroir. L’idée est qu’il puisse se demander pourquoi il est là…]. Catalogue Enzo Mari, L’arte del design, Federico Motta Editore, Milan, 2008, p. 145. En 2021, la grande monographie d’Enzo Mari à la Triennale de Milan montrera de nouveau ce dispositif : http://jlggb.net/blog7/3727-2/

Davide Boriani, Chiggio, Gianni Colombo, Gabriele de Vecchi, Enzo Mari, Manfredo Massironi,
Percorso a passaggi programmati
, 1968,
théâtre mobile de la maison de la culture de Grenoble,
exposition Cinétisme-Spectacle-Environnement.

Le travail sur l’exposition de Grenoble en 1968 fut l’occasion d’une rencontre avec Enzo Mari et d’autres artistes italiens réunis pour cette œuvre collective. Le commissaire de l’exposition, Frank Popper, écrit dans son ouvrage Art, Action et Participation (Klincksieck, 1980, réédition en 2008) : « Quand Modulo 856 fut installé pour la première fois dans la rue à l’occasion de la sixième biennale de San Marino, le spectateur n’était pas seulement confronté à cet objet mais à un questionnaire sur la nature de l’objet, sur sa signification et sur son appréciation. » [traduction à partir de l’édition anglaise]. Voir aussi l’article de Birgit Lohmann, Designboom.

Enzo Mari
© designboom