Noyés

Lundi 8 septembre, 11h40, route D 1532, venant de Pont en Royans, arrivant à Saint-Romans (Isère), cette noyeraie inondée. Le samedi précédant, allant vers le sud sur l’autoroute (sur l’autre rive de l’Isère), une pluie torrentielle, de la Savoie jusqu’à la Drôme.


Latitude : 45° 6’8.47″N, longitude : 5°18’40.75″E

La jalousie (Vie des objets. Ch.1)

Le constat a eu lieu en ouvrant le lave-vaisselle : la tasse anglaise s’est brisée cette nuit. La coïncidence ne peut pas être sans signification : c’est hier qu’était arrivée une tasse neuve en verre, destinée à la remplacer dans l’usage du petit-déjeuner. Observée de près, comme cela n’avait pas été le cas il est vrai depuis des années de fréquentation quotidienne, la faïence a des fissures, de très fines lignes verticales. Les inscriptions « Dishwasher Safe » et « Microwave Safe » entourent la marque Spode. Pourtant elle était trop brulante après trois minutes au micro-ondes pour porter le lait sortant du frigo à une tiédeur relative. Cette (ou ce) mug (grosse tasse cylindrique, avec anse, utilisée sans soucoupe dit Wikipedia) était en passe de n’être plus la favorite (retour de vacances, septembre). La fréquentation obsessionnelle des magasins Muji a fait son œuvre. Certains objets ne méritaient pas un regard et puis en voilà un qui est élu : une mug qui contient sans en avoir l’air un demi-litre, comme l’autre. Une forme transparence et rationnelle. Retour du moderne sans complexe après une vingtaine d’années de post-moderne teinté de rousseauisme.


Vient de Londres, magasin Blue China ? Années 90. Le dessin est sous la glaçure, ce qui est une grande qualité. Scène gravée avec en haut une frise chinoise (nuage, grenade, lotus, chrysanthème, etc.) et en bas une scène champêtre et les fausses ruines d’un jardin anglo-chinois. Made in England, Italian, Spode Design, C. 1816. (À voir : « The central scene is thought to be ruins near Rome. » et, maintenant, « Made in Asia, designed in England. »)

Spode Blue Italian 0.5 Ltr mug
Usual Price: £11.91


Achetée chez Muji (magasin des Ternes) le mardi 2 septembre 2008. Muji, pas de marque apparente, pas de designer, dit-on. C’est bien sûr une fable qui cache tout le contraire. Enquête à suivre.

Muji Mug en verre 500 ml
6.00 EUR

Épilogue provisoire, en date du 21 mai 2009 (voir Vie des objets, chapitre 4): il n’y aura pas de happy end

Design remarqué : auto art toy


Dimanche 27 juillet 2008, 18h, Champs Élysées (c’est aussi l’arrivée du Tour de France).

Un concept car devenu produit. Maintenant, la plupart des autos ont non seulement un visage mais une expression, mais là on vise le plus ou moins kawaï, quelque chose du Pikachu. Remarque : dans les magazines d’autos, on désigne souvent cette marque, aujourd’hui la 1ère au monde, par son petit nom : « toy ».

Note ajoutée le 1er janvier 2012 : le « Design expliqué » de la iQ dans une vidéo de 2008 — Entre temps (en août 2011, nous avons acheté une iQ d’occasion). La iQ est conçue dans le bureau de style Toyota de Nice (Sophia-Antipolis) et fabriquée au Japon (Takaoka, près de Nagoya).


Toyota iQ : son design expliqué (2008) par challenges-auto
Extraits du commentaire : « Vibrant Clarity ». Déséquilibre parfait des proportions, simple mais audacieuses, force et agilité… En puisant leur inspiration dans les équations comme celles de de Dini et Scherk, les designers ont sculpté des formes extérieures inédites d’une grande rigueur mathématique mais aux formes étonamment vivantes et libres… Ce terme « techno-organique »… regorge de paradoxes, par la synergie de valeurs émotionnelles et rationnelles… simple mais intrigant, il représente le design progressiste japonais.

Un coin de ciel bleu


Lundi 14 juillet 2008, 10h53, défilé militaire sur les Champs Élysées à Paris.

On parle de la Méditerranée, de la Paix et du grand beau temps sur Paris. Quelques secondes après les images de télévision qui les montrent, les avions passent au dessus de la place de la Nation. Continuité et distanciation, dans la bande son surtout. D’ici, on comprend mieux qu’il pourrait s’agir de la guerre.

Hétérotopie sur variateur

Dans l’exposition Geodesign de Turin, Carlotta de Bevilacqua, designer pour Memphis, Artemide (responsable du marketting), etc., actuellement propriétaire et directrice de Danese à Milan (et aussi universitaire), signe, sous le label Artemide, un système d’éclairage des cellules de prisons. Le projet « Turin World Design Capital » a donné accès, pour ce projet, à la prison Le Valette à Turin (Casa Circondariale Le Vallette).

« Le propos était d’atténuer la sensation d’enfermement en créant la suggestion d’un espace différent utilisant la lumière, tandis qu’un système de régulation de la température de couleur simulant le rythme circadien offrait la perception d’un cycle naturel. » (Catalogue Geodesign, Turin, 2008, p. 40)

Turin, samedi 21 juin 2008, 21h19.

Michel Foucault, Utopies et hétérotopies, INA

La citation de Michel Foucault sur l’hétérotopie, si elle a l’apparence d’une pertinence théorique, est de l’ordre de la justification. Au delà de la qualification des espaces, elle évoque sans le dire ce que Foucault a fait (Groupe d’information sur les prisons — GIP, 1970) et dit (Surveiller et punir, 1975).

Si une telle alliance peut être le gage d’une souhaitable cohérence artistique, technologique et politique, on peut s’interroger sur l’effet de déguisement d’un projet qui convoque aussi bien sociologie, anthropologie, psychologie et biologie, recherche en design, technologie industrielle et marketing.

En attendant, « My White Light » figure au catalogue des luminaires Artemide : Metacolor – My White Light, 2320,00 € TTC.

On peut aussi rappeler l’installation de James Turrell, Perceptual Cell, 1991, où il s’agit aussi d’une cellule, mais dédiée à la pure perception lumineuse et chromatique.

TEXTES DE ARTEMIDE Continuer la lecture de Hétérotopie sur variateur

Il neige, encore

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La sculpture de Mars Vallett (1869-1957), Il neige (ci-dessus, par temps gris, le 1er juin 2008 et déjà dans « La nuit du musée »), se trouvait autrefois au carrefour de la rue de Genève et de la rue du Casino à Aix-les-Bains, telle qu’on la voit dans la peinture de Charles Cuzin (1907-1975) qui est chez Paule et Jean-Pierre P., à Paris. Vendredi 6 juin 2008, vers 13h, un rendez-vous improvisé dans leur appartement du 6e étage.

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Charles Cuzin, (Neige à Aix les bains), date ?, collection particulière.

Cette vue se retrouve sur une carte postale présente sur le site des Archives départementales de la Savoie.

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Bili, chat bengal.

La nuit du musée

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Mars Vallett, Il neige, (date ?). Voir aussi l’ancien site de cette sculpture.
Note : Ce sculpteur de Chambéry, qui fut aussi conservateur des Charmettes, est l’auteur du monument à Rousseau de Chambéry, J.-J.R. en promeneur, 1910, mais aussi de la statue de Lamartine à Châtillon, de celle de la Reine Victoria à Aix-les-bains.

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Mars Vallett (1869-1957)
(Domaine public)

Samedi 17 mai 2008, le Musée Faure d’Aix-les-bains est ouvert jusqu’à 22h30 pour la Nuit des musées. Au deuxième étage, la salle Rodin, avec beaucoup de petite sculptures, toutes intéressantes. Comme au Musée Rodin : érotisation de l’ensemble du système relationnel.

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Auguste Rodin, Le Baiser du fantôme à la jeune fille, 1885, marbre.

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Auguste Rodin, Le Désespoir, plâtre, 1885.

Il y a aussi un exemplaire en plâtre de la version du Désespoir qui figure (3 fois) dans La Porte de l’enfer.

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Auguste Rodin, Le Désespoir, bronze, 1890. Musée Rodin, Paris.
©Insecula

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Auguste Rodin, Le Désespoir (de La Porte de l’Enfer), bronze, 1890. Musée Rodin, Paris.
©base joconde

Coïncidence (vu tel quel)

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La une du journal Libération du jeudi 27 mars 2008, avec une photographie de Sébastien Calvet montrant Christine Lagarde (ministre de l’Économie, des finances et de l’emploi) et François Fillon (Premier ministre) et la couverture du livre Le Japon (Hazan), avec une estampe de Tôshûsai Sharaku  (artiste japonais, actif en 1794-1795) montrant les acteurs de kabuki Ichikawa Tomiemon (à droite) et Sanogawa Ichimatsu III (à gauche) dans les rôles de Kanisaka Tôma et de la prostituée Onayo (1794, xylographie polychrome, 37.9 x 25.0 cm). Voir aussi : Clarence Buckingham Collection, 1934.210