
Vendredi 26 septembre 2014, 10h10, gare Cornavin, quai numéro 7, Genève.
1. L’aiguille des secondes tourne sans saccades. Lorsqu’elle arrive au repère « midi », elle marque un arrêt d’une petite seconde puis repart au moment où l’aiguille des minutes, qui attendait face au repère de la minute en cours, avance d’un intervalle. Cette trotteuse rouge, « métaphore de la ponctualité suisse » donne donc des indications légèrement fausses puisqu’elle doit faire un tour en un peu moins d’une minute et surtout, parce que l’espace d’un instant, l’horloge indique l’heure avec un retard d’une minute.
2. C’est le prix à payer pour que l’horloge mécanique, analogique, s’inscrive dans le numérique d’un horaire énoncé avec des chiffres. À vrai dire, la lecture est dans une continuité dynamique : ce qui est lu, c’est le passage d’une minute à l’autre à chaque tour accompli par l’aiguille des secondes. Et puis, sur la longueur du temps, l’heure est juste.
Voir : http://jlggb.net/blog/?p=483
Vue + voix = fiction


Dimanche 21 septembre 2014, 18h, Centre culturel suisse, rue des Francs Bourgeois, Paris 3e. Le bénéfice du doute est le titre de la suite de deux films du Collectif_fact (Annelore Schneider, née en Suisse en 1979, vit à Londres et Claude Piguet, né en 1977, vit à Genève). Hitchcock presents (2010) et The Fixer (2013) ont en commun de réunir des images et des textes qui ont des existences indépendantes pour les faire énigmatiquement signifier ensemble. Les vues filmées de la Maison blanche de Le Corbusier à La Chaux-de-Fonds sont avec la voix d’Hitchcock donnant l’intrigue de son film Psycho. Les photographies de l’intérieur du Barbican Centre (on y était il y a quelques jours, c’est troublant) sont avec la voix d’un « script doctor », homme chargé de corriger un scénario en éliminant des personnages ou des scènes, que l’on peut prendre pour un tueur en puissance. La salle présente deux éléments de décor, papier peint et lampe, qui viennent des lieux réels.
Décor de la ministre


Vendredi 19 septembre 2014, 17h30, ministère de la Culture, rue de Valois, Paris 1er. Dans le bureau de la ministre : éléments d’époque Louis XVI, bureau et sièges en sycomore et cuir par Matali Crasset, bibliothèque en hêtre et acier par Ronan et Erwan Bouroullec. Le lampadaire au premier plan est de la série Tolomeo de Artemide par Michele De Lucchi, voir : http://jlggb.net/blog3/?p=457
Coin de rue lisible

Samedi 13 septembre 2014, 13h, angle de la Bürgerstraße et de la Blumenstraße, Karlsruhe. Une vision s’impose : un tel espace s’appréhende intégralement par la lecture. On compte au moins 14 inscriptions : menus, enseignes, plaques, tags, etc. Mais les objets aussi : installation pour travaux, lampes, boîtes électriques, meubles, etc. Et encore les signes culturels et patrimoniaux : couleurs, architecture, pavés, etc.
Les 25 ans du ZKM à Karlsruhe


Vendredi 12 septembre 2014, 20h, Zentrum für Kunst und Medientechnologie, Karlsruhe. Pas mal de gens avec 25 ans de plus. Le centre fut créé en 1989 par la ville de Karlsruhe et le land Baden-Württemberg. J’y suis allé à ce moment-là au titre d’un contact pour la délégation aux arts plastiques du ministère de la Culture. Puis pour les expositions MultiMediale conçues par Jeffrey Shaw, puis souvent en 1993 comme « résident » produisant l’installation vidéo interactive Flora petrinsularis et en 1994 pour la création de la collection de CD-Rom Artintact avec Jeffrey Shaw et Astrid Sommer, puis pour l’ouverture du ZKM proprement dit, immense bâtiment transformé d’une ancienne usine d’armement, en 1997. Puis pour participer avec l’installation La Morale sensitive à la grande exposition collective Future Cinema en 2002 et encore d’autres fois pour voir des expositions conçues par Peter Weibel.
Site : http://www.zkm.de
Binarisme trivial
Tungsten Light

Lundi 8 septembre 2014, 13h, Kingsland Road, Shoreditch, Londres. Le café Translate Bar, vaste, décontracté, jeune, avec à cette heure des consommateurs penchés sur leur MacBook Air, se signale sur la rue, très animée — un bus toutes les cinq secondes —, par une série d’ampoules incandescentes au tungstène (pas trop interdites ici, donc), colorées en rouge par un vernis, comme celles de Nicholas, vues il y a quelques jours à Paris.
The Jasper Morrison Shop




Lundi 8 septembre 2014, 11h, 24b Kingsland Road, Londres. Du côté de Old Street et de Shoreditch High Street, marqué seulement par une porte laquée noire dans une suite de vitrines improbable — sauf qu’à le fréquenter le quartier est branché — le studio de un petit magasin, rattaché au studio de travail, où tout est absolument choisi : « The London shop contains products from around the world many of which have been designed anonymously but have about them a subtle quality which make them better everyday performers. » C’est la ligne affirmée pour l’exposition et le livre Super Normal, 2006, avec Naoto Fukasawa qui lui aussi a mis en place le développement commercial nommé Found Muji. On a donc, à côté de la tasse en porcelaine pour Alessi Platebowlcup à 4,50 £, du plateau Rotary Tray pour Vitra à 39 £, signés JM, des stylos-feutres Pentel, un mètre ruban Stanley ou un tire-bouchon à 14 £, « anonymes ». Se reflète dans la porte le globe en verre soufflé Glo-Bal pour Flos de ø 450 mm à 350 £. On admire la façon dont un arbre léger — qui a quelque chose de l’ailante — est retenu dans un angle de la cour par une sangle noire.
Site : http://www.jaspermorrisonshop.com. Voir Super Normal : http://jlggb.net/blog/?p=433.
