La Danse des heures – Der Stundentanz

bienne gare robert
Mercredi 29 octobre 2014, 18h30, gare de Bienne — ville éminemment bilingue. Vue déjà début septembre, la salle d’attente restaurée mérite vraiment qu’on s’y plonge. Bienne est une capitale de l’horlogerie mondiale (Rolex, Swatch), on s’y intéresse à la façon d’inscrire la durée. On y parle en ce moment sur tous les tons de la capacité à concurrencer l’Apple Watch. Philippe Robert (1881, comme Picasso — 1930), de la famille des peintres Robert (voir : http://www.collection-robert.ch/f/ds_1.php), dont on connaît Léopold (1794 – 1835) à la Chaux-de-Fonds, a peint ici en avril 1923, dans la petite salle d’attente — alors de première classe —, une série de quatre fresques : « La Ronde des heures », « Les Âges de l’homme, ses amours », « Les Saisons », « Le Temps-l’Eternité ». Parfaitement peintes aussi, des phrases :
« Joie ! La blanche virginité aux pieds de laquelle tant de couronnes ont été jetées, le midi de la certitude entraîne dans son orbite et transfigure même les heures les plus noires du destin contraire et de la mort. »
« Temps et éternité de la blanche cime, les minutes et leur tourbillon tombent dans le divin abîme de béatitude. »
« Tel un fleuve coulant à l’océan le jour et ses heures, l’année et ses saisons, la vie et ses âges nourrissent la féconde éternité. »

Abstraction concrète récente

yayoi ronds
morellet toile neon
rodney cylindres
tony oursler lcd
boyce shelves
mirza solar led
Vendredi 24 octobre, 17h30 — 20h30, FIAC, Grand Palais. Ayant en tête la question de l’abstraction concrète, je retiens ces œuvres récentes, d’artistes nés dans une période de 50 ans.
François Morellet (1926, Cholet), Carrément bricolé n°3, 2013, acrylique sur toile, angle de néon blanc et câble haute tension, galerie Kamel Mennour, Paris.
Yayoi Kusama (1929, Nagano, Japon), Dots Obsession, 2014, acrylique sur toile, galerie Victoria Miro, Londres.
Rodney Graham (1949, Abbotsford, Canada), Cylindro-polychromatic Abstraction Construction #5, 2014, gouache sur bois, Johnen Galerie, Berlin.
Tony Oursler (1957, New York), Untitled (3 heads), 2014, aluminium, acrylic, écran LCD, Lehmann Maupin, New York.
Martin Boyce (1967, Glasgow), Shelves, 2013, bois, métal, Johnen Galerie, Berlin.
Haroon Mirza (1977, Londres), Solar Powered LED Circuit Composition, 2014, panneau solaire, cadre, LED, bois, ruban, Lisson Gallery, Londres.

Chromosaturation

cruz diez rouge vert
cruz diez rouge bleu
Jeudi 23 octobre 2014, 15h30, galerie Gimpel & Müller, rue Guenegaud, Paris 6e. La chromosaturation est l’un des principes des œuvres de Carlos Cruz-Diez qui se veulent de pures expériences sensitives, dépourvues de significations. J’ai connu la version de décembre 1969 carrefour de l’Odéon. Je pense que c’est mon étudiante Elena qui est aujourd’hui en charge de ce type d’environnements lumineux. Voir : http://jlggb.net/blog2/?p=846
Site de Cruz-Diez : http://www.cruz-diez.com/fr/work/chromosaturation/

Dépôt 144

depot 144 cicr full
aix vue grosse totale
aix grosse point de vue large
roche du roi patinoire carte postale
Samedi 18 octobre 2014, 16h, Aix-les-Bains, 1353 boulevard Lepic. La photo du camp de prisonniers allemands d’Aix-les-Bains, créé au début de l’été 1945, est dans le livre Les Prisonniers de guerre allemands. France, 1944-1949 écrit par Fabien Théofilakis à partir de sa thèse (Éditions Fayard, avril 2014, 800 pages, 155 x 235, 32 €). Cette photo provient du CICR et a certainement été prise par un enquêteur de la Croix rouge de Genève. D’où a-t-elle été prise ? Par divers recoupements, on arrive à un point de vue qui donne, au-delà de la voie ferrée, sur des entrepôts de l’entreprise de construction Léon Grosse, et situé à l’extrémité du Chemin des plonges. Ce point de vue est, d’après la perspective, relativement haut. On peut penser qu’il s’agit du balcon qui est au bout de l’immeuble d’habitation, probablement construit pour des employés de la laverie et de l’hôtel Rivollier, Hôtel International, devant la gare. Le chemin fait un angle par rapport à la voie ferrée comme par rapport au boulevard Lepic qui lui est parallèle. C’est qu’il suit le cours de la petite rivière Tillet, aujourd’hui souterraine et en partie détournée en amont vers le lac par un canal creusé sous la colline de Tresserve. La carte postale montrant le château de la Roche du Roi, peu de temps après sa construction en 1900, permet de voir comment le Tillet passe sous la voie et comment elle alimente une patinoire puis des laveries. Le lieu du camp de prisonniers allemands a vraisemblablement été situé en fonction de cette possibilité d’écoulement. On lit dans le livre de Fabien Théofilakis que la présence de quelque 10 000 prisonniers fut une source de souillure du Petit Port qui provoqua inquiétude et protestations dans la Ville. 70 ans après, la photographie historique m’a conduit à tout un ensemble d’explorations sur le terrain et dans les cartes, de questions et de consultations de documents dont je ne peux pas rendre compte tellement se recoupent les histoires générales, locales et familiales.
À voir et écouter : Historiquement show 169, juin 2014.