Brutalism and Gardening

hayward gallery shard
hayward gallery sunflower
Dimanche 7 septembre 2014, 16h, South Bank, Hayward Gallery, Londres. La galerie a été construite en 1968, comme un début de conclusion au brutalisme (du français béton brut) inauguré dans les années 50 en Grande-Bretagne. Vers 2000, cette architecture est revenue en grâce et le quartier que l’on avait vu désert et hostile a connu renaissance et affluence avec l’ouverture des bords de la Tamise. Aujourd’hui, c’est un cran de réforme en plus, ambigu : le béton est habité par des herbes sauvages et les terrasses sont des jardins potagers.

Fournier Street

london fournier
Samedi 6 septembre 2014, 14h, rue Fournier, Londres. Depuis la Brick Lane en direction de l’Old Spitalfields Market puis de la Liverpool Street Station et encore le Barbican Center, une juxtaposition de couleurs remarquée. La vue Street View est plus parlante :
https://www.google.fr/maps/@51.5192614,-0.0738459,3a,90y,309.53h,89.39t/data=!3m4!1e1!3m2!1sTm3I6gPjIaQP-nCvOBjQZg!2e0
Retour dans dix ans, avec plus de connaissances : https://jlggb.net/blog9/2024/08/29/fournier-street/

Sils Maria Luxor 2.0

sils assayas louxor micro
sils assayas louxor video
Mercredi 20 août 2014, 20h, cinéma Le Luxor, Barbès-Rochechouart, Paris. Sortie du film Sils Maria, en présence du réalisateur, Olivier Assayas. Observés d’en haut, la plupart des spectateurs ont eu leur smartphone à la main et l’ont consulté. Le film aussi évolue par écrans mobiles en réseaux, Google, Skype, Youtube, etc. Avant d’aller voir le film, j’ai cherché dans Wikipédia : les stars 2.0 ont, Chloë Grace Moretz 17 ans et Kristen Stewart 24 ans. La star classique Juliette Binoche 50 ans, Olivier Assayas bientôt 60. Le « serpent du col de Maloja », qui donne dans le film la pièce Maloja Snake, je le situe sous Google Maps, comme le grand hôtel de luxe Waldhaus (où une bouture de crassula fut prélevée le 23 juillet 2009 : http://jlggb.net/blog/?p=4567). Les nuages, ils étaient déjà sur jlggbblog numéro 1 : http://jlggb.net/blog/?p=4485, avec l’idée réglementaire de l’éternel retour. Le Louxor, ouvert en 1921 a connu l’affluence et le déclin, avant de finir en boîte de nuit puis d’être restauré avec un grand souci d’authenticité et rouvert en 2013 (http://www.cinemalouxor.fr/histoire-du-louxor/). Les sièges sont à l’ancienne, inconfortables. Au parterre, il faut renverser la tête pour voir l’écran. Au premier balcon, il faut éviter le premier rang car le garde-corps barre la vue, et on ne voit pas la « scène » qui doit donc être projetée en vidéo directe. La projection en haute définition numérique se heurte à une tentative de cinéma maintenu dans son passé.  Si on entend cloud  comme dans cloud computing, le titre anglais Clouds of Sils Maria confronte un lieu hautement marqué dans le passé avec la virtualisation des situations. Sils Maria est un très bon film, il montre ce qui change avec le temps — le vieillissement — comme un phénomène météorologique que l’on peut accepter.

Cadrage

arles chantier planche 2014
Vendredi 15 août 2014, 15h30, Arles. La fondation Luma, de la milliardaire suisse Maja Hoffmann, a repris le site de 10 hectares des ateliers SNCF. Le chantier du bâtiment de Frank Gehry, qui certainement tirera la photo vers l’art contemporain, vient de commencer. Il est inscrit dans une clôture en contreplaqué : effet de cadrage.

Le goût

rutault maison rouge
Mardi 13 août, 15h30, Maison rouge, Paris 4e. Alors que, pour l’exposition Le Mur, les 1200 œuvres de 460 artistes de la collection d’Antoine de Galbert, propriétaire de la Maison rouge, ont été accrochées de façon aléatoire, grâce à un algorithme croisant leurs formats et leurs numéros d’inventaires, la toile jaune, du même jaune que le mur, de Claude Rutault (1941) est en diptyque avec la toile d’Eugène Leroy (1910-2000) puisqu’elle a été produite pour ça. Par elle on pourrait échapper au « goût » de la collection, si ce n’est que cette mise en question en a besoin.

Belle molasse

molasse mur chevignieu
Mardi 5 août 2014, 17h, Chevigneu, Chautagne, nord-ouest du département de la Savoie, en marge de la vallée du Rhône. Le mur de la maison assemble des blocs de calcaire blanc et de molasse gris-vert, qui proviennent de la région immédiate. On se souvient avoir lu, dans une ancienne carrière de Chautagne, que la molasse avait servi à l’édification de la cathédrale Notre-Dame de Lausanne. Voir : http://jlggb.net/blog4/?p=1662

Ailante vs Sophora

ailante voltaire
tronc ailante voltaire
sophora voltaire
tronc sophora voltaire
Jeudi 31 juillet 2014, 11h30, boulevard Voltaire, tout près de la place de la Nation. Parce que nous l’avons à l’esprit depuis Bâle au mois de juin, l’ailante nous saute aux yeux à deux pas de chez nous. Avec un doute : cette fin du boulevard Voltaire, comme le haut du faubourg Saint-Antoine, comme l’avenue Philippe Auguste, est plantée de sophoras. Des arbres qui se ressemblent, avec leurs feuilles composées pennées. Pourtant la différence s’impose : si les fleurs de l’ailante passent inaperçu, ses fruits en grappes de samares jaunes le « fleurissent » l’été. Les sophoras fleuriront bien plus tard, avec des pétales qui envahiront les trottoirs puis des fruits en gousses. La différence d’écorce est conforme à ce que disent les fiches botaniques : lisse et fissuré. On dit que le sophora, comme l’ailante, a été rapporté de Chine — bien que l’un et l’autre soient nommés « du Japon » — par le père Jésuite Pierre Nicolas Le Chéron d’Incarville en 1747 et 1751. Mais le premier est fidèle à sa mission d’alignement avec un exotisme convenu, quand l’autre se révèle débridé avec le panache de se poser en chef de file.