
Samedi 28 février 2015, 12h30, rue de Bretagne, Paris, 3e. En attendant chez le coiffeur.
Catégorie : Notation
Merci

Jeudi 12 février 2015, 14h, restaurant Samawat, Waffengasse, Bienne. Pour 7 francs, une part de gâteau au chocolat, maison. La question du pourquoi, à raison de plusieurs centaines par seconde, dans le monde, ce qui va être mangé est mis en images partagées, a été déjà abordée. Voir : http://jlggb.net/blog3/?p=6379. Mais il reste, n’est-ce pas, une dimension anthropologique. Les gâteaux ont une singularité, une manière d’être servis. Par exemple, la façon dont la fourchette est placée par rapport au gâteau. Voir : http://jlggb.net/blog4/?p=2608. Ici la ville est bien construite, bien située, agréable. Bel espace haut de plafond, clair, sobre, aux couleurs légères, tenu par un couple d’Indiens plaisants, avec deux jolies fillettes. Ville bilingue. Le service est accompagné de mots allemands et il se conclut, comme à Berne ou à Bâle, par « merci » (mot de la langue française). Remarque : la fourchette n’est-elle pas agressive ?
Vert Münster

Mercredi 11 février 2015, 13h, cathédrale de Berne. Détail de la texture et de la couleur de la molasse. Voir : http://jlggb.net/blog4/?p=1649. Couleur suisse, selon moi. Voir le vert Mamco : http://jlggb.net/blog4/?p=2206
De la bibliothèque : Roland Barthes par Roland Barthes

Dimanche 8 février 2015, 23h50, 93bis. Roland Barthes par Roland Barthes, éditions du Seuil, exemplaire personnel, édition originale de 1975. Page 187, un « dessin-graffiti » légendé « La graphie pour rien… ». Page 189, une « signature-graffiti » légendée « … ou le signifiant sans signifié. » La couverture présente, pour l’une des premières fois, un de ses dessins, aux crayons de couleurs. Sur à peu près 700, 385 dessins de Barthes sont à la Bibliothèque nationale depuis 2010. Voir : BnF. Graphie pour rien, graphisme illisible, exaltation du pur signifiant dit Tiphaine Samoyault. « Une écriture n’a pas besoin d’être « lisible » pour être pleinement une écriture. » écrit R.B. dans « Variations sur l’écriture » (Œuvres complètes IV, p.284). Il dit qu’il dessine en amateur, généralement le dimanche, au réveil. Nous avons eu, en avril 1999 à Kyoto, dans la maison de thé historique Omotesenke, l’honneur de voir, pour notre cérémonie, dans le tokonoma, la petite alcôve où est toujours accrochée une calligraphie, le dessin que Roland Barthes donna lors de sa visite. Car c’est bien le Japon qui devait l’inciter à dessiner de la sorte. Il en parle dans l’autre livre-album fétiche qu’est L’Empire des signes, Skira, 1970, y compris à travers le haïku : « Tout en étant intelligible, le haïku ne veut rien dire » (p.89).
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Retour au samedi 24 janvier 2015, 17h, 11 rue Servandoni, Paris, 6e, où habitait Roland Barthes. Voir : http://jlggb.net/blog4/?p=2571. Sur le bas du portail, un dessin gravé dans la peinture noire. Le réseau de griffures se prête sans équivoque à la reproduction car il est lui-même une trace, une empreinte. On est aujourd’hui revenu — à l’excès selon moi — de l’assimilation exclusive, des années 80, de la photographie à l’indice. Pourtant, Barthes le dit dans La chambre claire, « la Photographie est plate, dans tous les sens du mot. » (p.164). Voir : http://jlggb.net/blog2/?p=4485. Alors, le paradoxe apparent, c’est que le « dessin » du portail est largement lisible et qu’il nous raconte toute une histoire de vélos, de valises, de semelles qui ont tracé leurs passages.



