


Samedi 24 octobre 2009, Pékin. À 14h30, stèle brisée, par les gardes rouges ? du temple taoiste Dongyue. À 12h, un bâtiment à l’extérieur de l’enceinte actuelle du temple Dongyue, un bâtiment du marché de l’électronique. Vendredi 30 octobre 2009, 18h30, un stand du Bainaohui-Buy Now. On serait tenté de parler de télescopage entre deux mondes, mais ce n’est qu’une apparence. Le marché électronique de Bainaohui, Chaoyangmenwai Dajie, se trouve en bordure du grand temple taoiste Dongyue. Son nom peut se traduire littéralement : « 100-cerveau-santé », mais c’est d’abord, phonétiquement : « Buy Now ».
Mois : octobre 2009
Escalier en sursis

Vendredi 23 octobre 2009, 14h45, Friendship Store, Jianguomenwai Dajie, Pékin. La façade du bâtiment a été refaite dans les années 80, mais l’escalier est d’origine : 1973 (on note le décalage stylistique : la modernité chinoise des années 70 — manifestation du sortir de la Révolution culturelle — ressemble aux années 50 européennes). Dans le quartier diplomatique, à l’est du grand axe est-ouest de l’avenue Chang’An, le Youyishangdian ou Friendship Store, ou Magasin d’amitié, de Pékin a été longtemps une institution du régime destinée à satisfaire des touristes forcément amis et une communauté d’expatriés, auxquels il fallait ajouter des Chinois eux aussi en possession de devises étrangères, ou certificats de devises, les fameux FEC, en manque de produits appartenant à leur standard de vie, souvent importés : magazines, épicerie fine, cosmétiques. Des tissus de qualité étaient là pour commander aux tailleurs tel vêtement répliqué à l’identique. Tout cela n’a plus de sens : s’il y a encore beaucoup de vendeuses, il n’y a plus aucun client. Il est étonnant qu’on puisse encore emprunter cet escalier qui ne conduit qu’à des souvenirs, ceux des anciens visiteurs qui en avaient fait un passage rituel, ceux des quelques touristes d’aujourd’hui orientés par des guides périmés, en quête des valeurs sures que seraient les pulls en cachemire et les vases en cloisonné.
Le bâtiment du Youyishangdian à l’époque de son ouverture en 1973. [dr]
Certaines constructions d’après 1950 sont aujourd’hui classées à Pékin, y compris les résidences diplomatiques proches du Youyishangdian qui, quant à lui, semble promis à la destruction, l’emplacement étant désormais l’un des plus chers du monde.
Le centre du monde
Occupation (23. L’argent)


Vendredi 23 octobre 2009, 12h40, agence de la rue de Chaoyangmen de la China Everbright Bank, Pékin. Innovation dans le dispositif « occupé » : l’appareil est posé sur la banque. Cours du yuan : 1 € = 9.890665 ¥. À l’époque, venir en Chine faisait oublier l’usage de l’argent. Aujourd’hui, tout commence par l’argent.
Chantiers


Vendredi 23 octobre 2009, 0h40 et 10h40, Pékin. À minuit passé, bruit énorme d’une sonnette à pilotis rue Dongsi, centre-est de Pékin, pour un très grand immeuble de plus, cette rue était et reste jusqu’à présent connue pour la variété de ses petits magasins. Dans les hutongs, ruelles bordées de maisons sans étages refermées sur des cours, voisins, c’est pourtant très vite le silence. Le matin encore, dans le hutong Dengcao, quelques cris et quelques sonnettes. C’est toute une zone de vieux quartiers, un carré de quelque 800 mètres de côté, entre les deux rues nord-sud Dongdan et Chaoyangmen, qui semble échapper à la destruction et qui connaît — sans les moyens des immenses et innombrables chantiers — des travaux d’assainissement et de réhabilitation.
PS.
Mardi 27 octobre 2009, minuit. Au sud, les hutongs s’arrêtent pour laisser place à une récente et monumentale avenue, Jingbao, bordée d’immeubles, hôtels et bureaux gigantesques et prétentieux. On peut y acheter des Rolls-Royce, des Maserati, des Lamborghini, etc. Quelle est la vérité de l’attachement topographique à un lieu qui connaît de tels bouleversements ? À quoi sert de savoir qu’il y avait là les petites maisons délabrées et les jardins tranquilles de nos amis lettrés — à la manière RPC : Wang Qi et son fils Wang Zhong, graveur, leader et provocateur, Ting Ping et sa jolie cousine ?

Mercredi 28 octobre 2009, vers 20h, Pékin. À l’angle de la Dongdan Nan Dajie et de l’avenue Jingbao : une résidence colossale et kitsch.
(Beautés) Tang (618-907)




Mercredi 21 octobre 2009, 16h et après, Musée provincial du Shaanxi, Xi’an.
— Récipient pour l’eau aux glaçures jaunes de la Tombe de Yang Jianchen à Xianyang.
— Plat de celadon, Dynastie Tang, crypte du temple Famen, circonscription de Fufeng.
— Assiette en verre bleu, Dynastie Tang, crypte du temple Famen, circonscription de Fufeng.
— Animaux du zodiaque en poterie peinte (5 d’une série de 12), Dynastie Tang, trouvés dans la banlieue de Xi’an.
Globalisation et identité



Mardi 20 octobre 2009, 16h, Beaux-Arts de Xi’an. Symposium international de « présidents » d’écoles d’art sur « l’enseignement des arts à l’époque de la globalisation ». Supplément à la langue de bois attendue : des propos sur l’identité — qu’il faut préserver dans les échanges, mais pas trop, etc. Ça se confirme une fois de plus, la notion d’identité est une impasse. Mur des signatures des participants au 60e anniversaire. Préposée aux jus d’orange, thé ou café. Un précepte qui aurait pu être rappelé au symposium sur « l’enseignement des arts à l’époque de la globalisation » : Mettre de « jolies choses » dans l’art, ce n’est pas obligatoire, mais ça aide.
Litanies


Mardi 20 octobre 2009, 10h, stade de l’Académie des Beaux-Arts de Xi’an. Arrivée à la cérémonie : les discours du 60e anniversaire de l’Académie des Beaux-Arts de Xi’an n’ont été que de longues litanies de ses invités, de ses anciens professeurs et protecteurs. Mais c’est peut-être à ranger dans l’art chinois de la « mulu » (le catalogue, la liste). Le soleil brillait et il y a eu un lâcher de pigeons. Départ de la cérémonie, 12h : le professeur Ye Xin, parti vers la France en 1986.
Cinéma

Jeudi 15 octobre 2009, 17h, Cinéma Bio, rue Saint-Joseph, Carouge, Suisse. Ce qui est bien avec les cinémas : il y a un intérieur, mais aussi un extérieur, et c’est écrit dessus. Le cinéma a été construit en 1928, Paul Perrin architecte. Depuis 2004, le bâtiment est inscrit à l’Inventaire du patrimoine architectural genevois. Il a été restauré en 2007.
Ruedi Baur

Lundi 12 septembre, librairie La Hune, Paris, 6e. Présentation du dernier livre de Ruedi Baur, graphiste, designer. Ruedi Baur, Intégral, Anticiper, Questionner, Traduire, Distinguer, Irriter, Orienter, Inscrire, 500 pages, 1600 images, Lars Müller Publishers. Ruedi Baur dédicace son livre.
Site de Ruedi Baur : http://www.ruedi-baur.eu/




